‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 570 sur 851 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

M. Simon entreprend directement de faire le procès à saint Augustin sur la matière de la grâce : son dessein déclaré dès sa préface.

Il ne faudra plus mainlenanlque lire, pour ainsi parler, à l'ouverture du livre, l'histoire critique de M. Simon, pour y trouver les marques sensibles d'une doctrine réprouvée. Nous avons déjà remarqué en abrégé pour une autre fin, mais il faut maintenant le voir à fond, qu'il se déclare dès sa préface , oîi après avoir parlé des gnostiques et avoir mis leur erreur à nier le libre arbitre, il assure', « que c'est par rapport aux fausses idées de » ces hérétiques, que les premiers Pères ont parlé » tout autrement que saint Augustin des matières » de la grâce, du libre arbitre, de la prédestination » el de la réprobation. » Voilà donc le fondement de M. Simon , que pour combattre les fausses idées de ceux qui niaienl le libre arbitre, il en fallait parler tout autrement que saint Augustin , qui demeure par conséquent ennemi comme eux du libre arbitre, el fauteur des hérétiques qui le niaienl. C'est en général le plan de l'auteur: et pour le rendre plus vraisemblable, il ajoute .• « que cet évoque, » c'est saint Augustin, « s'élanl opposé aux nouveautés de » Pelage, qui au contraire des "gnostiques donnait » tout au libre arbitre de l'homme, el rien à la grâce, » a été l'auteur d'un nouveau système. » C'est un système en matière de religion el de doctrine : c'est un système pour l'opposer aux nouveautés de Pelage. Si ce syslcmc est nouveau, saint Augustin a opposé nouveauté à nouveauté; par conséquent excès à excès, et d'autres excès et d'autres nouveautés aux excès el aux nouveautés de Pelage. Saint Augustin a le môme tort que cet hérésiarque : il fallait faire un tiers parti entre eux deux, cl non pas prendre le parti de saint Augustin, comme a fait saint Célestin el toute l'Eglise.

Si la doctrine de saint Augustin est nouvelle sur la matière où il a reçu tant d'approbation, c'est une suite que ces preuves le soient. Aussi M. Simon pousse-l-il les choses jusfjue-là. « Saint Augustin, » dit-il, « s'est éloigné des anciens commentateurs, » ayant inventé des explications dont on n'avait » point entendu parler auparavant. » Voilà donc un

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