‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 571 sur 851 · GO · texte numérisé non relu

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novateur parfait, et dans le fond de son système et dans les preuves dont il le soutient , sans que l'Eglise s'en soit aperçue, sans que d'autres que ses ennemis, que toute l'Eglise a condamnés, l'en aient repris. Après douze cents ans entiers, M. Simon le vient dénoncer, on ne sait à qui : il vient réveiller l'Eglise , qui s'est laissée endormir aux belles paroles de ce Père, et qui a déclaré en termes formels qu'elle n'a rien trouvé à reprendre dans sa doctrine; par conséquent rien de nouveau, rien à quoi elle ne fût accoutumée : autrement elle se serait soulevée, au lieu de réprimer ceux qui se soulevaient.

L'auteur n'a pu s'empêcher de sentir ici le mauvais pas où il s'engageait; mais son erreur est de croire qu'il peut imposer au monde par des termes vagues. « Je déclare néanmoins, » dit-il', « que ce » n'a point été pour opposer toute l'antiquité à saint » Augustin, que j'ai recueilli dans cet ouvrage les » explications des Pères grecs. » Mais pourquoi Jonc? Est-ce pour montrer qu'ils sont d'accord? Ce serait le dessein d'un vrai catholique, qui chercherait à concilier les Pères, et non pas à les commettre. Mais visiblement ce n'est pas celui de M. Simon, chez qui l'on ne trouve à toutes les pages que les anciens d'un côté, et saint Augustin de Tautre; mais voici toute sa finesse. « Comme il y a toujours eu » des disputes là-dessus, et qu'il y en a encore pré- » sentement, j'ai cru que je ne pouvais mieux faire » que de rapporter fidèlement ce que j'ai lu sur les » passages du Nouveau Testament dans les anciens » commentateurs, y II voudrait donc faire accroire que c'est seulement sur les matières légères et indiiï'érentes qu'il oppose les anciens à saint Augustin. Nous verrons bientôt le contraire; mais en attendant, sans aller plus loin, il se déclare en continuant de cette sorte : Vincent de Lérins (à ce seul nom on s'attend d'abord à voir condamner quelque erreur : écoutons donc à qui l'on oppose ce savant auteur et les règles de la tradition) ; « Vincent de » Lérins dit que lorsqu'il s'agit d'établir la vérité » d'un dogme, l'Ecriture seule ne suffit pas, qu'il » y faut joindre la Tradition de l'Eglise catholique; » c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, l'au- » torité des écrivains ecclésiastiques. » Le principe est bien posé; mais voyons enfin contre qui on dresse cette machine. C'est premièrement contre l'hérésie en général : « considérant , » poursuit notre auteur, « les anciennes hérésies, il rejette ceux » qui forgent de nouveaux sens, et qui ne suivent » point pour leur règle les interprétations reçues » dans l'Eglise depuis les apôtres. » Mais ce qui se dit contre l'hérésie en général, s'applique dans le moment à saint Augustin : sur ce pied-Là, conclut l'auteur aussitôt après, on préférera le commun des anciens docteurs aux opinions particulières de saint Augustin; enfin donc, après de vaines défaites, M. Simon se déclare sa partie : c'est à lui que tout aboutit : c'est contre lui que l'on procède régulièrement : c'est lui qui n'a pas suici les interprétations reçues dans l'Eglise depuis les apôtres. Il ne reste plus qu'à l'appeler hérétique : on n'ose lâcher le mot; mais la chose n'est point laissée en doute, et l'application du principe est inévitable.

M. Simon croyant esquiver, s'embarrasse davantage. « Les quatre premiers siècles, » poursuit-iP,

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