CHAPITRE XX
Témoignages de l'Orient rapportés par saint Augustin; celui de saint Jérôme et celui de saint hxnée pouvaient valoir pour les deux Eglises, aussi bien que celui de saint llilaire et de suint Ambroise, à cause de leur célébi'ité.
Sur ce fondement, nous avons vu qu'il ne pouvait y avoir aucune difiiculté pour l'Orient; et néanmoins saint Augustin en produisait les deux lumières-', saint Grégoire de Nazianze et saint Rasile, pour en venir à saint Chrysoslome; mais après avoir fait voir auparavant que la foi de l'Orient était invinciblement et plus que suffisamment établie par les deux premiers.
Saint Augustin place en ce lieu l'autorité de saint Jérôme ^ qui était comme le lien de l'Orient et de l'Occident, « à cause, » dit-il, « qu'étant célèbre » par la connaissance , non-seulement de la langue » latine, mais encore de la langue grecque, et » même de l'hébraïque, il avait passé de l'Eglise » occidentale dans l'orientale pour y mourir à un ') âge décrépit dans les lieux saints et dans l'élude
1. Cont. Jul., l. i, c. III, n. 10. — i. De 7iupt. et conc, I. i. cap. uli. cont. Jul., l. ii, c. ix, n. 32. — 3. Cont. Jul., l. i. c. iv, n. 13. — 4. la.iH, r. v, )i. ir>, li5. — 5. Ibid.,c. vu, n. 34.
» perpétuelle des livres sacrés. » Il ajoutait, « qu'il » avait lu tous ou presque tous les auteurs ecclé- » siasliques, » afin qu'on remarquât ce que pensait un homme qui, ayant tout lu, ramassait, pour ainsi dire, en lui seul, le témoignage de tous les autres et celui de la tradition universelle.
C'est pourquoi il citait souvent ce saint prêtre, et toujours avec le titre d'/iomme très-samnt, qui avait lu, tant d'auteurs ecclésiastiques , tant d'exposileurs de l'Ecriture, tant de célèbres docteurs qui avaient traité toutes les questions de la religion chrétienne* , pour appuyer par son témoignage, le consentement des anciens avec les nouveaux, et celui de toutes les langues.
Pour confirmer l'unanimité de l'Orient et de l'Occident, il montrait que les Pères de l'Occident qu'il produisait, comme saint Hilaire et saint Ambroise, étaient connus de toute la terre. « Voici, » dil-iP, « une autorité qui vous peut encore plus émouvoir. » Qui ne connaît ce très-vigoureux et très-zélé dé- ') fenseur de la foi catholique contre les hérétiques, » le vénérable Hilaire, évèque des Gaules? » L'Orient certainement le connaissait bien, puisqu'il y avait été relégué pour la foi, et qu'il s'y était rendu très-célèbre. C'est pourquoi saint Augustin ajoute : « Osez accuser un homme d'une si grande répula- » tion parmi les évèques catholiques ^; » et pour ce qui est de saint Ambroise : « C'est un homme, » disait-il •*, « renommé par sa foi, par son courage, » par ses travaux, par ses périls, par ses œuvres et » par sa doctrine dans tout l'empire romain; » c'était dire dans l'Eglise grecque autant que dans la latine. Il pouvait encore nommer comme un lien de l'Orient et de l'Occident, saint Irénée, qui, venu de l'Orient, nous avait apporté ce qu'il y avait appris aux pieds de saint Polycarpe, dont il était le disciple; d'autant plus que ce saint martyr, je veux dire saint Irénée, étant, comme on sait, parmi les anciens, le plus grand prédicateur de la TraJilion, on ne pouvait pas le soupçonner d'avoir voulu innover, ou enseigner autre chose que ce qu'il avait reçu presque des mains des apôtres.