‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 660 sur 851 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Saint Grégoire de yazianze et saint Grégoire de .Yi/.mc.

On en peut dire autant de saint Grégoire de Nazianze , où nous avons vu si clairement le péché d'Adam dans les enfants, et pour cela mémo, la nécessité de leur donner le baptême , par conséquent, lorsqu'il semble les ranger au nombre de ceux qui n'ont fait ni bien, ni mal, il faut visiblement l'entendre de ceux qui n'en ont point fait par euxmêmes, qui sont comme il les appelle àTrovvipoi', sans malice, qui est aussi ce qu'on trouve dit des petits enfants à toutes les pages de l'Ecriture , sans qu'on songe à le tirer à conséquence contre le péché originel.

Par la suite du même principe, il met, non-seulement les petits enfants, mais encore les adultes, qui auront manqué, non par mépris, de recevoir le baptême , dans un état mitoyen entre la gloire et les punitions; non qu'il veuille dire que ce ne soit pas une punition de demeurer exclus du paradis avec Adam, et d'être bannis du royaume de Dieu; mais à cause que leur damnation, la plus légère de toutes^, n'est rien en comparaison de l'horrible châtiment des autres, qui ont un propre péché, une propre malice; ce qui, loin d'être contraire à la doctrine du péché originel , dans le fond ne parait pas même éloigné de saint Augustin; puisque ce Père n'ose assurer que le supplice des petits enfants les mette dans un tel état, que comme aux grands criminels, selon la parole de Jésus-Christ', il leur soit meilleur de n'être pas.

Pour saint Grégoire de Nysse, on en pourrait être en peine, par rapport à quelques endroits, s'il ne s'était expliqué en d'autres aussi clairement qu'on a vu. Cependant il est véritable que dans quelquesuns de ses discours, comme dans celui où il combat ceux qui différaient leur baptême'*, et dans celui qu'il a fait sur le sujet des enfants qui meurent avant l'usage de la raison-'; encore que le péché originel put servir dans ces disputes, d'un grand dénouement; comme il on sert en effet dans le même temps à saint Grégoire de Nazianze , celui-ci ne s'en sert point, si ce n'est peut-être fort confusément dans le premier de ces deux discours : tant il est vrai que les hommes ne sont réveillés fortement sur certaines choses , que par le bruit qu'on en fait, lorsque les questions s'émeuvent, et que loin que tout vienne dans l'esprit lorsqu'on traite quelque matière, souvent ce qu'on dit le moins, c'est ce qu'il y a, pour ainsi parler, de plus trivial, qu'on suppose pour cette raison le plus connu.

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