CHAPITRE XVIII
Itéporue aux réflexion* de M. Simon mr Tliéodorel, Pholius et Ut autre» Grecs, et premièrement sur Théodoret.
Après avoir satisfait aux difficultés de la Tradition
I. Oral. XI., j.. 643. — 2. Auff., Conl. Ju'l., lib. v, cap. x\,p. «51. — 3. Matlh., XXVI. 2»; Cent. .lui., ihiil. — 4. Tom ij — ft. Tom. III.
qui précédent le temps de Pelage, il faut ajouter un mol sur celles qui viennent depuis, et que noire auteur a tirées principalement de Théodorel et de Pholius.
Pour ce qui est de Théodoret, dont il fait tant valoir l'aulorilé, voici le passage qu'il en produit : La mort, dit-il', a passé dans^tous les hommes, parce qu'ils ont tous péché (£<p' o), parce que); car personne n'est soumis à la mort à cause du péché du premier père, mais pour son propre péché. Il y a deux observations à faij'c sur ce passage; la première sur ce terme sep' w qu'il faut rendre constamment ici et selon le senlimcnl de Théodoret, par QUATENUs , parce que : la seconde sur ces paroles : Personne ne meurt pour le péché du premier père, mais j)our son propre péché, par lesquelles, s'il n'entend pas que ce péché du premier père qui nous était étranger quand il le commit, devient propre à chacun de nous, quand il le contracte, il s'ensuivra de sa doctrine que les enfants ne devaient point mourir. Il faut donc, ou lui donner un bon sens, ou avouer qu'il s'est exprimé d'une manière trèsabsurde en toute opinion. Voilà comment on peut excuser le fond de sa doctrine; mais pour le reste, comme constamment il est le premier des orthodoxes qui ait donné lieu de changer Vin quo en quatenus , il est d'abord fâcheux pour lui qu'il ait suivi en cela une explication dont Pelage l'hérésiarque a été rauteur..Je ne veux pas dire pour cela qu'il ait été pélagien. C'est assez qu'il ait été peu attentif, aussi bien que quelques autres Grecs, à l'hérésie pélagienne, comme ]\I. Simon le remarque lui-même, pour conclure que ce n'est pas de lui qu'il faut apprendre les moyens de la combattre. On sait d'ailleurs combien il est attaché à Théodore de Mopsuestc , qui a écrit contre saint Augustin, qui s'est déclaré le défenseur de Pelage, qui en a suivi les faux préjugés sur le péché originel, et s'est comme mis, après lui, à la tète de ce parti réprouvé, en protégeant Julien. Ajoutons que l'étroit commerce qu'eut Théodoret à Ephèse, dans le faux concile d'Orient, avec les évêques pélagiens intéressés comme lui dans la cause de Nestorius, aura fait peut-être , que trop favorable aux personnes des hérétiques, il aura pris, non pas le fond, mais quelque teinture de leurs interprétations, avec d'autant plus de facilité, (lu'cUes étaient du génie de Théodore un de ses maîtres. Que les partisans de Théodoret ne se formalisent point de celle pensée. J'estime autant que qui que ce soit, le jugement et le savoir de ce Père; mais il ne faut pas se passionner pour les auteurs. Il n'est pas plus impossible que ce savant homme , sans être pélagien , ait pris (|uelque chose des intcrprélalions pélagiennes, que sans être neslorien , il ail retenu tant de locutions de Nestorius ou plutôt de Théodore, d'où Nestorius puisait les siennes. De là vient, dans les écrits de Théodoret, la peine qu'il fait paraître à confesser pleinement qu'un Dieu soit né, qu'un Dieu soit mort, et les autres propositions de cette nature d'une incontestable vérité, dont je rapporterais les exemples, si la chose n'était constante. Après tout, il est bien certain qu'il est un des Grecs dont le langage est le plus obscur, non-seulement sur le péché originel, mais encore sur toute la matière de