Coinni., lom. Il, hic, p. S\. —2. In hune loc, fol
INSTUL'OTIONS SUR LA VERSION DU NOUVEAU TESTAMENT
tin ilu moiulo il la roincl ainsi ramassée cl composée de tous SOS membres qui sont les élus, pour èlre à jamais le peuple saint , et la cité rachetée où Dieu sera iilorilié; mais toujours en .lôsus-Christ et par Jésus-Christ. C'est ainsi qu'il rend ù son père ceux que son père lui avait donnés; ce qui fera la Ha de toutes choses . non par une pompe humaine el une espèce de cérémonie, mais par la consommalion de l'œuvre de Dieu dans ses saints. Il ne s'agit pas ici d'expli<iuer à fond cette belle théologie, mais de faire honte , s'il se peut, à noire auteur, d'avoir préféré les idées des sociniens à ces excellentes vérilés. Il a même en quelque sorte enchéri sur eux, puisqu'aucun autre que lui n'a osé dire que Jésus- Chrisl rendrait à son père sa qualité de Messie : il n*a pas voulu se souvenir que Messie veut dire Oint cl Chriiit: que c'est par la divinité qui habite en Jésus-Christ corporellemenl qu'il est Christ et Oint : CD sorle que s'il cesse d'être Christ , il cesse aussi d'èlre Dieu : et pour venir à la royauté, Slichtingius lui dira', que cette tradition dxi royaume de Jésus- Christ à son père démontre qu'il n'est pas ce seul et rrai Dieu, puisque s'il l'était, il ne rendrait pas son rèijne à aucun autre. Il fallait donc entendre autrement ce passage de saint Paul , à moins de vouloir introduire dans l'Eglise le socinianisme tout pur, présenté de la main d'un prêtre au peuple lidèle.
20. Autre passage de saint Paul, traduit et expliqué par l'auteur selon l'esprit des sociniens. — Il le favorise encore dans la traduction de ce passage aux Philippiens, ii. 6 : Non rapinam arbitratus est esse se œqualem Deo; oh il a mis dans le lexie : Il ne s'est point attribué impérieusement d'être égal à Dieu : au lieu de traduire selon le Grec el la Vulgale : Il n'a pas cru que ce fût une usurpation. Pourquoi rayer du texte celte expression si forte, que ce n'est pas une usurpation, qui démontre si pleinement que l'égalité avec Dieu est le propre bien de Jésus-Christ , el qu'il a droit de se l'attribuer; pour mettre à la place cette locution ambigu»* : Il ne s'est pas attribué impérieusement ; ou comme l'auteur le traduit encore dans sa note : Il n'a pm fait trophée d'être égal à Dieu. Ce serait à dire, il ne s'en esl point fait honneur, il ne s'en est point vanté; el c'est aussi comme l'explifiuo Grolius : Il n'a pas tante , ni montré par ostentation , cette puisKance : Non vindicatit, non jaclatit istam potextatem.
Poussé par le même esprit, Crellius avait pris en bonne pari celle remanjuc de Piscator (calviniste), que saint Paul doit être entendu d'une ostentation comme d'un butin qu'on aurait enlevé. Les socinien.s cl leurs amis aiment ces sens détournés, où il semble qu'un apùlrc n'ose expliquer direclenienl le droit naturel de son maître sur son égalité avec Dieu. D'ailleurs on ne loue pas un Dieu véritable (le n'être point impérieux, et de ne pas ' ■ ■ "'té atec un air d'ostentation : c'est
i ) Dieu par emprunt ou par représcn-
talion, el tel que le» sociniens fonl Jésus-Christ.
A' , comme le dessein de saint Paul était
t]c. Il . . lier il riiumililé par l'exenqde de Jésus- Chri.sl, qui s'csl abaissé lui-même jusqu'à se faire homme el à «ubir le supplice de la croix; il n'y