‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 69 sur 851 · I. Tom. Il Comm. in. l. tfi Cor. hlr-, p · texte numérisé non relu

I. Tom. Il Comm. in. l. tfi Cor. hlr-, p

avait rien de plus naturel, ni de plus suivi ou de plus propre au sujet, que de nous montrer le Sauveur, qui pouvant sans usurpation et de pleia»droit se porter pour Dieu , s'était dépouillé lui-même d'une manière si surprenante : exinanivit semetipsum. La version de la Vulgate n'était point douteuse : on ne pouvait mieux rendre iiyr\c oltq , que par arbitratus est ; ni apiraY[ji.ov, que par rapinam; ni IxEvwae, que par exinanivit; ni mieux traduire tous ces mots dans notre langue, que par croire usurpation, et s'anéantir. Au contraire, pour introduire l'ostentation ou l'air impérieux, il fallait donner aux mots une signification qu'ils n'eurent jamais. On ne peut donc s'étonner assez que le traducteur ait amené dans le texte son impérieusement, qui n'est ni du latin, ni du grec, ni d'aucune utilité pour l'intelligence du sens; et qu'il ait relégué si loin le terme qui exclut l'usurpation , qui est à la fois de la Vulgate, de l'original, de la tradition, de la convenance, et des choses et des personnes qu'il ne lui laisse pas môme sa place dans la note. Il est donc plus clair que le jour, qu'il a voulu supprimer, en faveur des sociniens, un terme clair, essentiel , décisif , par une affection dont il n'y a que ce seul exemple parmi les traducteurs.

21. L'auteur appelle à son secours Jean Gaigney et quelques ayiciens : examen des deux passages que Gaigney produit. — Pour en venir à la note où l'auteur cite Jean Gaigney et quelques anciens, premièrement il oublie sa règle de bien prendre garde à ne pas mettre le commentaire dans la version*, pour ne point faire parler l'homme à la place du Saint-Esprit.

Secondement, il est vrai que j'ai trouvé dans la note de Gaigney sur cet endroit de saint Paul , que par cette locution : Non rapinam arbitratus est, cet apôtre a voulu dire que Jésus-Christ « ne s'était » pas impérieusement vanté devant les hommes d'être égal à Dieu : Non id imperiose venditavit. »

Troisièmement, il est visible que Gaigney n'avait pas l'autorité de composer un nouveau glossaire, ni de changer la signification des mots : outre que cette louange de n'être pas vain et impérieux esl indigne , et d'être reçue par Jésus-Christ , et de lui être donnée par l'Apôtre, dont aussi le texte n'a pas le moindre rapport à cette explication.

Il n'y avait donc qu'à rejeter nettement l'explication inou'ie de Jean Gaigney sur le titre seul de sa singularité; d'autant plus, en quatrième lieu, que le même commentateur en rapporte une autre , qui suppose que l'égalité avec Dieu était « un bien » propre et connaturel à Jésus-Christ, qui ne l'a ni » usurpé, ni ravi avec violence : violenter^. » Notre traducteur a dissimulé celte explication; et par une aiïectation trop manifeste, il n'a voulu voir dans son auteur que ce qui pouvait appuyer Crellius el Grotius.

Cinquièmement, pour la première explication, Gaigney allègue comme approchant de son sentiment, accedunt, Primase', elle commentaire sous le nom de saint Ambroise, qu'on sait être de Pelage l'hérésianiue. Mais je trouve seulement dans ce dernier, que Jésus-Cbrist « a eu droit de se faire » égal à Dieu, que l'usurpation est de s'égaler à

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