CHAPITRE X
Que les prières marquées par saint Prosper, se trouvent encore aujourd'hui réunies dans les oraisons du Vendredi saint; et que saint Augustin, d'où saint Prosper a pris cet argument, les a bien connues.
Cette preuve de la grâce qui fléchit les cœurs, subsi:;te toujours dans l'Eglise, comme on le peut voir dans les prières qu'elle adresse conlinuellcmenl à Dieu; et sans avoir besoin de les recueillir de plusieurs endroits, nous trouvons celles dont parle saint Prosper ramassées dans l'office du Vendredi saint, où l'on demande à Dieu la conversion actuelle et effective des infidèles, des hérétiques, des pécheurs , non-seulement dans le fond , mais encore dans le même ordre, du même style, cl avec les mêmes expressions que ce saint homme a remarfiuées; et saint Augustin, dont il a pris cet argument, y ajoute une circonstance : c'est qu'alin de mieux marquer l'effet de la grâce, et y rendre le peuple plus altenlif , la prière était précédée d'une " exhortation que le prêtre faisait à l'autel à tout le » peuple, afin qu'il jiriât pour les incrédules, que » Dieu lesconvcrlil à la foi; pour les catéchumènes, i> qu'il leur inspirât le désir de recevoir le baptême, " el pour les lidèlcs, qu'ils persévérassent par sa » grâce, dans le bien qu'ils avaient commencé '; »