‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 70 sur 851 · Pr-'if., P- 'î'- — 2. Idem, p. l'hilip · texte numérisé non relu

Pr-'if., P- 'î'- — 2. Idem, p. l'hilip

i7. — 3. Prim. in lipist. fid

PREMIERE INSTRUCTION

» celui à qui l'on est inférieur, et que Jésus-Christ » quoique égal à Dieu, a retiré l'action de sa toute- » puissance, afin de s'humilier et de paraître faible « et sans résistance : » par où il explique le mot , exinanimt , il s'est aiiéanti lui-même.

Primase de son côté ne dit aussi autre chose , sinon que Jésus-Chrisl a caché par humilité ce qu'il était, exinanivit semetipsum, « nous donnant l'exem- » pie de ne nous pas glorifier; et qu'au reste il n'a » pas ravi ni usurpé ce qu'il possédait naturelle- » ment, c'est-à-dire, l'égalité avec son père. »

Il paraît donc , en sixième lieu , que ces deux auteurs ont exactement gardé la signification des mots, et que par le mot rapinam , ils ont entendu avec tous les autres, chose ravie avec violence et usurpation. On voit maintenant si ces paroles approchent de celles-ci : Jésus-Christ ne s'est pas vanté impérieusement ; et si notre traducteur a eu raison de s'attacher à cette expression , jusqu'à exclure du texte le sens véritable.

22. Le traducteur fournit de justes reproches contre Jean Gaigneij. — C'est d'ailleurs un fragile appui que l'aulorité de Gaigney, seul et destitué comme on voit de toute tradition , et même de ceux des anciens qu'il avait appelés en témoignage. Si j'avais à proposer des reproches contre ce commentateur du côté de la doctrine , je ne les irais pas chercher bien loin, et le traducteur m'en fournit assez dans ses Critiques^. Nous y apprenons que les auteurs de Gaigney étaient Pighius et Catharin : on les connaît ; et le cardinal Bellarmin , qui s'est vu souvent obligé à les combattre , comme fauteurs des pélagiens en certains points , et en d'autres des calvinistes , ne leur laisse aucune autorité dans l'Ecole. Le même critique avoue aussi que sur ce passage de saint Paul, Rom., v, 12 : In quo omnes peccaterunt : en qui (en A.dam) tous les hommes ont péché; Gaigney favorise expressément la traduction quatenus, dont s'appuyaient les pélagiens contre celle de la Vulgate , malgré la traduction de tout l'Occident, et les décisions expresses de toute l'E glise catholique. Voilà, selon notre auteur, où nous jetteraient les sentiments de Gaigney si on en faisait une loi. Je laisse ces justes reproches, et sans vouloir quereller ce commentateur d'ailleurs habile, je m'appuie sur un fondement plus solide, et j'allègue pour tout reproche contre lui la singularité et la nouveauté de son sentiment.

23. Maxime fondamentale contre les singularités. — Il n'y a rien de plus pernicieuse conséquence que de prescrire par les sentiments des particuliers, même catholiques, contre la Tradition universelle et contre la règle du concile, qui donne pour loi aux interprètes le consentement des saints Pères.

Ainsi notre traducteur devait savoir, que de n'avoir qu'un ou deux auteurs, quelque capables qu'ils soient , c'est n'en avoir point. Gaigney bien constamment était orthodoxe sur la divinité de Jésus- Christ ; mais il n'arrive que trop souvent aux meilleurs auteurs de donner dans de certaines singularités , dont les novateurs tirent avantage; et si l'on ne prend dans les catholiques ce qu'il y a d'unanime et de conforme à la Tradition, lorsqu'on les allègue, on ne fait rien pour les erreurs et les nou-

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