CHAPITRE XXIII
l/ar(jumenl de la prière fortifié par l'action de grâces.
Et en eiïet, cette preuve de l'efficace du secours divin parait encore plus forte , si l'on joint l'action de grâces, qui est une des principales parties de la prière, avec les demandes qu'on y fait. Voici comment sainl Augustin a formé en divers endroits cet argument. On ne demande pas à Dieu un simple pouvoir de bien faire, mais i'eiïct et l'acte même, el on csl si persuadé qu'il ne se fait rien de bien sans ce secours, qu'on se croit obligé, quand le bien s'est fait, d'en rendre grâces à Dieu. Je le prouve par ce passage de sainl Paul aux Ephésiens'' : « Entendant parler de votre foi et de l'amour que » vous avez pour tous les suints, je ne cesse de » rendre grâces pour vous, me souvenant de vous » dans mes prières; » cl à ceux de Thessalonique : « Nous ne cessons de rendre grâces à Dieu de ce
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» qu'ayant reçu de nous sa parole, vous l'avez re- » çuc , non comme la parole des hommes, mais » comme celle de Dieu , ainsi qu'elle est en effet. » S'il ne s'est rien fait de particulier dans ceux qui ont cru , pourquoi en offrir à Dieu des actions de grâces particulières? « Ce serait là, » dit sainl Augustin*, « une flallerie ou une dérision plutôt » qu'une action de grâces : adulatio vel irrisio poh tius quam gratiarum actio. Il n'y a rien de plus » vain, » poursuit ce Père, « que de rendre grâces » à Dieu de ce qu'il n'a point fait. Mais parce que » ce n'est pas sans raison que saint Paul a rendu » grâces à Dieu, de ce que ceux de Thessalonique » avaient reçu l'Evangile, comme la parole, non » des hommes, mais de Dieu, il est sans doute que » Dieu a fait cet ouvrage. C'est lui donc qui a em- « péché que les Thessaloniciens n'aient reçu l'E- » vangile comme une parole humaine, et qui leur )> a inspiré (par celte grâce qui fléchit les cœurs) » la volonté de le recevoir comme la parole de » Dieu. »