‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 704 sur 851 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

La même action de grâces dans les Grecs , qxie dans saint Augustin. Passages de saint Clinjsostome.

L'Eglise grecque , comme la latine , a rendu à Dieu ces pieuses actions de grâces pour tout le bien que faisaient les hommes. « Rendons grâces à » Dieu, dit saint Chrysostome^, non-seulement pour » notre vertu , mais encore pour la verlu des autres : » rendons-lui grâces pour la confiance que les au- » très ont en lui; et ne dites pas, pourquoi le re- » mercier de cette bonne action qui n'est pas » mienne? Vous lui devez rendre grâces de ces » bons sentiments d'un de vos membres. » C'est donc une œuvre de Dieu que nos frères fassent bien; nous devons lui en rendre grâces comme d'un bienfait qui vienl de lui, et compter parmi ses ouvrages ce que nous faisons, puisque c'est lui qui le fait en nous. Le même saint Chrysostome parle ainsi en un autre endroit : « Je sais, dit-iP, un saint » homme qui priait de cette sorte ; Seigneur, nous » vous rendons grâces pour les biens que nous » avons reçus de vous, sans que nous l'ayons mé- » rilé, depuis le commencement de notre vie, jus- » qu'à présent : oui. Seigneur, pour ceux que nous » savons, et pour ceux que nous ne savons pas; » pour tous ceux qu'on nous a faits par œuvres ou » i)ar paroles, volontairement et involontairement; » pour les afllictions, pour les rafraîchissements «qui nous sont venus; pour l'enfer'*, pour le » royaume des cieux. Remarquez comment il rend » grâces de tout le bien que les hommes lui ont » fait, ou par œuvres, ou par paroles, volontaire- » ment ou involontairement, » en comptant cette bonne volonté des autres, quoique sortie bien ceriainement de leur libre arbitre, comme un don de Dieu qui les meut. Il montre donc que Dieu fait en nous-mêmes le libre mouvement de nos cœurs; el

1. De prœd. SS., c. xix. — 2. Ilom. ii. in ii. "d Cor. — .3. Ilota. X. ad Colons., n. 3.

4. Le mot grec que J'illustre autour rend pour celui (Venfer n'est pas susceptible, comme le mot latin infernua, de différentes int<!rprélation3 , et si;,'nifie précisément le lieu où souffrent les damnes. Ainsi, l'on doit dire que le saint homme, qui rendait grâces à Dieu pour l'enfur cl pour le royaume des deux , se proposait uniquement de glorifier la justice et la miséricorde de Dieu. On ne pourrait concevoir sans cette explication, ce que signillen ces actions de grâces rendues pour Venfer. (Edil. de Paris.)

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