‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 72 sur 851 · SUR LA PRÉIACE DE LA NOUVELLE VERSION. IT PASSAGE · texte numérisé non relu

SUR LA PRÉIACE DE LA NOUVELLE VERSION. IT PASSAGE

1 . Explication de Maldonat, approuvée par le traducteur sur S. Luc, I, 35. — Le traducteur propose comme bonne^ l'explication de Maldonat, sur ces paroles de l'ange à la sainte Vierge : « Le Saint- » Esprit viendra en vous , et la vertu du Très-Haut » vous couvrira de son ombre; et c'est pourquoi ce » qui naîtra saint en vous sera nommé Fils de » Dieu. » (Luc, i, 35).

L'abrégé qu'il donne de la doctrine de Maldonat est, « que quand môme Jésus-Christ n'aurait point » été Dieu, il serait appelé Saint, et même Fils de » Dieu en ce lieu-ci , parce qu'il a été conçu du » Saint-Esprit, » et comme on voit indépendammenl de sa nature divine.

REMARQUE

2. Réflexion sur l'aveu de Maldonat; que son explication est nouvelle, et qu'il en est le premier et le seul auteur. — Je reconnais les paroles de Maldonat aussi bien que la conséquence qu'on en tire; mais il y fallait ajouter de bonne foi, qu'après avoir rapporté le sentiment contraire au sien , Maldonat avoue que le sentiment qu'il ne suit pas, est celui de tous les auteurs qu'il a lus : alii omnes quos legerim. Ainsi il se reconnaît le premier et le seul auteur de son interprétation, ce qui lui donne l'exclusion parmi les catholiques, selon la règle du concile, qui oblige d'interpréter l'Ecriture selon la Tradition et le consentement des saints Pères.

3. Dangereuses conséquences de cette explication. — De celle interprétation de Maldonat, il suit de deux choses l'une : ou que le titre de Fils de Dieu ne prouve en aucun endroit la divinité de Jésus- Christ; ou que ce lieu où elle n'est pas, doit être expliqué en un sens différent de tous les autres : ce qui est un inconvénient trop essentiel pour être omis.

En effet, on peut demander à l'auteur de la nouvelle version, si celle parole de l'ange en saint Luc, I, 32, il sera appelé le Fils du Très-Haut, marque mieux la divinité de Jésus-Christ, que celle-ci du môme ange, trois versets après : il sera appelé Fils de Dieu; on n'y voit point de diiïérence. Si donc Jésus-Christ dans le dernier est Fils de Dieu dans un sens impropre, on en dira autant de l'autre; et voilà d'abord deux passages fondamentaux où le titre de Fils do Dieu ne prouvera pas qu'il soit Dieu, ni de même nature que son père.

Que si dans ces deux passages où l'ange envoyé à la sainte Vierge pour lui expliquer, entre autres choses, de quel père Jésus-Christ serait le (ils, il n'en est fils qu'improprement, sans l'être comme le sont tous les autres fils vérilablcs, de môme nature que leurs pères; que [)ourra-t-on conclure de tous les autres passages? et ne sera-ce pas un dénoùment aux sociniens pour en éluder la force?

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