I. De grat. Chritt.. «p. x, n H. — 2. Idem, cap. xtv, n
zime, plutôt que celui de la province de Carthage, tenu en la même ville en 416, sous le pape saint Innocent, ou celui de Milève, de la province de Numidie, dans le même temps, ainsi que Baroniuset les autres l'avaient pensé : il n'y a qu'à considérer premièrement que le concile de Carthage, de 416, dans sa lettre ou relation à saint Innocent, ne parle en aucune sorte de ces huit chapitres , ou canons , ou anathématismes, qu'il n'aurait pas manqué de spécifier, si, comme on suppose, il en avait demandé la confirmation. Au contraire, ce concile de 416, dans sa lettre à ce saint Pape et à la fin de la même lettre, réduit sa décision à ces deux points : « Quiconque enseigne que la nature humaine est suffisante à elle-même pour surmonter les péchés, et s'oppose en cette sorte à la grâce qui est déclarée par la prière des saints; et quiconque nie que les enfants soient délivrés de la perdition et reçoivent le salut éternel par le baptême; qu'il soit anathème. » Voilà donc les deux seuls anathématismes du concile de Carthage, de 416, elles huit dont il s'agit doivent être d'un autre concile.
La même chose paraît du concile de Milève, où l'on suppose que ces huit chapitres furent faits ou répétés. Car dans la relation de ce concile au même pape Innocent, il n'y est fait non plus que dans celle de Carthage, aucune mention de ces huit chapitres, mais seulement des deux mêmes points du concile de Carthage de 416 : « Qu'il ne faut point prier Dieu pour en obtenir le secours , afin d'opérer la justice, et que le baptême n'est pas nécessaire aux petits enfants pour avoir la vie éternelle. »
On voit par là que ces deux conciles d'Afrique , tenus dans le même temps et avec un manifeste concert ne connaissaient pas les huit anathématismes , mais seulement les deux qu'on vient de voir dans leurs lettres à saint Innocent.
Il ne servirait de rien de répondre que c'est peutêtre que ces Pères réduisaient leurs huit chapitres à ces deux points capitaux qui les renfermaient. Car cela n'aurait pas dû les empêcher de parler de ces huit chapitres, s'ils les avaient faits : et d'ailleurs il est certain qu'outre la matière du péché originel et de la grâce qui est traitée dans les cinq premiers, il y en. avait trois autres, le sixième, le septième et le huitième, où l'on parlait de l'imperfection de la justice en des termes qui ne se rapportent nullement aux deux chapitres des conciles de 416 de Carthage et de Milève, et dont aussi il n'est fait nulle mention ni directe ni indirecte dans les lettres de ces deux conciles.
Telle est donc la première preuve qui a empêché les savants auteurs que j'ai nommés d'attribuer aux conciles de 416 les huit anathématismes contre les pélagiens ; mais, en second lieu, la même chose paraît en ce que le pape Innocent , dans ses réponses à ces deux conciles ne dit non plus aucun mot de ces huit chapitres ; il ne dit rien sur les trois derniers, qui regardent l'imperfection de la justice en cette vie, se réduisant à confirmer les deux points qu'on vient de voir; et il ne parle que des relations de ces deux conciles, sans qu'il y ait dans ses lettres aucun vestige des huit chapitres, qu'on suppose y avoir été dresses séparément.
En troisième lieu, on a encore sur cette môme