EpUl. Conc. Carth. et Mtlev. —i. Luc . xxii. :ti
DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES
raoiro, BcaliV rccordationi^ papx Zoiimi, lorsqu'on écrivant aux évèques de tout l'univers il parle ainsi : « Nous , par un instinct divin , ou , si l'on veut , par une impulsion de Dieu (car il faut rapporter tout le bien à son auteur d'oi^i il naît) , nous avons renvoyé toute cette affaire au jugement de nos frères et de nos co-évêques. » Parole, continue saint Célestin ou saint Prosper de son aveu, toute rayonnante de la lumière d'une très-pure vérité. Laquelle aussi fut reçue par les Pères d'.\frique avec une si grande vénération , qu'ils répondirent à ce Pape en ces termes : Ce que vous avez mis dans votre lettre à toutes les provinces : « Nous avons renvoyé l'affaire à nos co-évêques par l'instinct , l'impulsion ou l'inspiration particulière de Dieu, » nous l'avons regardé comme une parole par laquelle comme par le glaive de la vérité, nous avons tranché en un mot la difficulté que nous font ceux qui élèvent le libre arbitre contre la grâce. Car qu'y a-t-il que vous ayez fait davantage par votre liberté que de vous renvoyer cette affaire? Et toutefois vous avez vu sagement et fidèlement , vous avez dit véritablement et avec une pleine confiance, que vous l'aviez fait par l'instinct de Dieu, à cause sans doute que la volonté est préparée par le Seigneur, et qu'afin que ses fidèles fassent quelque chose de bien , lui-même touche les cœurs de ses enfants par ses inspirations paternelles ' , » et le reste de même esprit et de même force; c'était donc l'esprit de ce Pape, l'esprit des Pères d'Afrique qui relèvent ces paroles , l'esprit de saint Célestin , un autre Pape , et de saint Prosper, un grand saint, qui les rapportent, et en un mot l'esprit de toute l'Eglise, que le bien qu'on faisait le plus par son libre arbitre , était l'effet d'un instinct, d'une inspiration particulière de Dieu ; en sorte qu'on reconnaisse que tout vient de lui et qu'on lui en rende grâce , comme avait fait ce docte Pape.
Il ne faut donc pas s'étonner, si ce concile a défini si précisément que la grâce , non-seulement nous fait connaître, mais encore aimer et faire ce qu'il faut; et tout cela, comme on voit, pour donner lieu à la prière qui nous fait dire : « Seigneur, donnez-moi de faire le bien que vous m'aviez fait connaître ; » et à l'action de grâces qui nous fait dire : <( 0 Seigneur, si j'ai fait quelque bien , je vous rends grâce du divin instinct par lequel vous m'avez persuadé de le pratiquer en effet. » C'est ce que marquent évidemment les paroles du concile ; c'est le sens où elles sont déterminées par les interprétations de saint Augustin; c'est ce que l'Eglise voulait imprimer dans le cœur de tous les fidèles, comme la source de la prière chrétienne cl comme le fondement de Thumililé et de la reconnaissance des fidèles.
Le même esprit de la grâce et de la prière chrétienne nous a déjà paru amplement dans les Capitules de saint Célestin*, lorsque nous y avons remarqué que l'Eglise, qui demandait l'effet, supposait la grâce qui le donne , et je n'ai pas besoin de répéter ce qui a été exposé dans les livres précédents.
Mais il ne faut pas omettre ces paroles où, après avoir établi " que les mérites des fidèles sont dos