‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 839 sur 851 · Cone, Col., e. v, n. 14, cap. viti. — 2. Capit. \\-\ï · texte numérisé non relu

Cone, Col., e. v, n. 14, cap. viti. — 2. Capit. \\-\ï

dons de Dieu , » on en donne cette belle preuve : « Dieu fait en nous que nous voulions et que nous fassions ce qu'il veut , et il ne permet pas que ce qu'il nous a donné pour l'exercer, et non pas pour le négliger, demeure inutile ^ » Ce qui montre l'opération du Saint-Esprit pour rendre ses dons efficaces , et sert à vérifier ce qui venait d'être dit , c( que la grâce prévient tous nos mérites , puisque c'est par elle qu'il se fait en nous que nous voulions commencer et faire quelque bien. »

Plus cette vérité a été obscurcie par les ennemis de la grâce et de la doctrine de saint Augustin, plus l'Eglise a travaillé à la rendre claire. C'est pourquoi le Saint-Siège, qui avait eu soin d'en recueillir les témoignages des écrits de ce grand docteur, les envoya à saint Césaire et au concile d'Orange pour réprimer Fausle et les nouveaux semi-pélagiens : la grâce qui donne l'effet reluit dans tous les chapitres de ce saint et docte concile ^ Les Papes avaient choisi ce qu'il y avait de plus fort et de plus précis dans les livres de saint Augustin pour les exprimer, par exemple au chapitre XX, ce passage qui est tiré du Livre à Boniface : « Dieu fait beaucoup de bien dans l'homme que l'homme ne fait pas ; mais l'homme n'en fait aucun que Dieu ne lui fasse faire; » ou, pour traduire de mot à mot, «-que Dieu ne fasse que l'homme le fasse ^)) ; et comme il est rapporté toujours au même sens dans le concile d'Orange : « que Dieu ne donne que l'homme les fasse : » Multa Deus facit in homine, qux non facit homo, quae non Deus faciat ut faciat homo.

Le moyen de le faire faire à l'homme est encore marqué dans ce saint concile, et c'est, dit-il, « l'illumination et l'inspiration du Saint-Esprit qui donne à l'homme la suavité à consentir et à croire*; » ce qui est non-seulement de saint Augustin, mais encore l'âme, pour ainsi parler, de tous ses écrits. De là se tirent ces conséquences : « que c'est un don de Dieu d'aimer Dieu; que c'est lui qui nous donne d'aimer, parce que c'est lui qui , sans être aimé , nous a aimés '' ; que c'est un don de Dieu, et de bien penser, et de nous détourner de l'injustice , parce que toutes les fois que nous faisons bien. Dieu opère en nous et avec nous que nous opérions*^; que c'est résister au Saint-Esprit, que de dire que Dieu attend notre volonté afin que nous voulions être purifiés de nos péchés , mais qu'il faut croire qu'il se fait en nous par l'infusion et l'opération du Saint-Esprit dans nos cœurs, que nous voulions être purs'' ; » et enfin , ce qui comprend tout; « que c'est contredire l'Apôtre, que de dire que Dieu fasse miséricorde à ceux qui croient, qui veulent, qui s'efforcent, qui travaillent, qui veillent, qui s'appliquent, qui demandent, qui cherchent , qui frappent : mais qu'il faut croire que, par l'infusion et l'inspiration du Saint-Esprit, il se fait en nous que nous croyions, que nous voulions et que nous puissions comme il faut toutes les choses*; » parce qu'ainsi que nous avons vu, nous ne le pouvons que lorsque nous le voulons avec cette force que le Saint-Esprit nous donne par l'infusion d'une ardente charité. Selon cet au-

i. Capit. H-12. — 9. Conc. Arausic, cap. 20. — ^. Mb. ", nd lionif., cap. viit. — 4. Idem, cap. vir. — :>. Ibid., cap. .\xv. — G. Ibid., cap. IX. — 7. Ibid., cap. iv. — 8. Ibid., caji. vi.

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