‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 841 sur 851 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Si l'on peut dire que la grâce qui donne l'effet est nécessaire à persévérer dans le bien ou même à le faire, et qu'on ne peut rien sans elle.

Pour ne rien laisser d'incertain dans ce qui regarde la foi en cette matière , il faut encore examiner cette question : Si l'on peut dire que cette grâce qui donne l'effet est nécessaire à persévérer dans le bien ou même à le faire, et qu'on ne peut rien sans elle.

Vasquez a décidé cette question , premièrement par saint Innocent, secondement par saint Célestin, troisièmement par saint Augustin^. La décision de saint Innocent est tirée de son EpUre décrétale au concile de Carthage, où il parle ainsi : « Dieu nous donne des remèdes journaliers, dont si nous ne sommes appuyés, si nous n'y mettons notre confiance, nous ne pourrons jamais surmonter les erreurs de la vie humaine. Car, poursuit-il, il est nécessaire que, si nous les surmontons maintenant et lorsqu'il nous aide, nous y succombions dans la suite lorsqu'il ne nous aide pas. » Ou, pour traduire de mot à mot : « Il est nécessaire que , Dieu nous aidant, nous surmontions; et que Dieu ne nous aidant pas , nous soyons vaincus : » Necesse est enim ut qnomodo , adjuvante , vincimns , eo iterum non adjuvante, vincamur'\ Ce qu'il faut entendre de la grâce qui donne l'effet pour deux raisons : la première, que ce saint Pape parle d'une grâce qui empêche de tomber ceux qui l'ont :

1. Sess. Vf, can. 10. — 2. In I. |iait., disput. ÎW, cap. 4. — 3. Augusl., Epist. 91.

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