Ci-dessus Rem. gén., n
INSTRUCTIONS SUR LA VERSION DU NOUVEAU TESTAMENT
quelque manière qu'on les prenne dans la destination de Dieu, ne peuvent avoir leur exécution, ou comme nous avons parlé, leur ellet total, qu'en présupposant le péché comme l'objet de la haine. En un mot, il n'y a point de colère, il n'y a point de perdition, il n'y a point d'ignominie dans l'exécution, qu'en vue du péché permis de Dieu : et ainsi ces expressions, en les regardant dans l'exécution, ont un rapport nécessaire avec la haine marquée dans le verset 13.
Troisième proposition. Celte doctrine sur les réprouvés ne peut être universellement vériliée , qu'en supposant le péché originel : la raison est, qu'il y a des réprouvés parmi les petits enfants, qui par eux-mêmes n'ont fait ni bien ni mal. Sans ici examiner en particulier à quelles peines ils sont condamnés, c'est assez que le concile de Lyon, et le concile de Florence' aient défini : « Que les àmcs de » ceux qui meurent, tant dans le péché actuel, que » dans le seul péché originel , descendent inconti- » nent dans l'enfer, pour y être inégalement pu- • nies. » Les voilà donc réprouvés à leur manière, et réprouvés pour le seul péché originel , qui par conséquent entre dans les causes de leur réprobation à l'égard de son eiïet total. C'est aussi ce qui les rend par nature enfants de colère, comme parle le même saint Paul, c'est-à-dire, enfants de vengeance et de perdition, ce qui n'est pas sans quelque haine : la haine entre donc aussi dans l'effet total de leur réprobation, et c'est là une vérité catholique.
Quatrième proposition. Quand on réduit absolument la réprobation à un simple moins aimer, comme fait M. Simon, même dans son texte, on exclut celle qui présuppose dans sa totale exécution le péché originel , ce qui est l'hérésie formelle des pélagiens et des sociniens.
Disons donc pour abréger ce raisonnement, que selon la doctrine de M. Simon , il n'y a point de petits enfants qui soient réprouvés; que saint Paul ne les comprend pas parmi les vaisseaux, dont Dieu fait ce qu'il lui plaît; et qu'ils n'ont point de péchés que Dieu résolve de punir : c'est là une hérésie manifeste; et ainsi l'explication qui réduit tous les eiïets de la réprobation à un moins aimer, est hérétique. La démonstration est complète, et ne souffre aucune réplique.
5. Esaû considéré en deux manières. — Pour entendre a fond cette haine contre Esaii, il faut le con.%idércr en deux manières : premièrement scion l'histoire; secondement selon l'usage que saint Paul en fait , et le personnage qu'il lui donne, qui est celui d'être la ligure des réprouvés.
Selon la première considération, on peut dire avec beaucoup d'interprètes, qu'Esaû a été haï, parce qu'il a été moins aimé, et favorisé de moindres bienfaits ; mais à le considérer selon le personnage prophétique que le Saint-Esprit lui attribue prr - ■ Paul, c'est-à-<Jire, comme la figure des r» i -, il ne peut être qu'un objet de la ven-
geance divine, c'csl-à-<iire, de la colère universelle fi' '' '"'î le genre humain, f|ue les pélagicns
et . Il» ne veulent [(as reconnaître.
Quand je dis qu'on peut penser que , selon l'histoire, ftlre hal à E«afi, nignilie être moins aimé, je ne