‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 93 sur 851 · Jiemont., p · texte numérisé non relu

Jiemont., p

PREMIERE INSTRUCTION

» les hérétiques, quand môme il ne s'agit point de » leurs erreurs. » J'en ai apporté plusieurs exemples dans cet écrit*; mais celui-ci me paraît très-important. Sur ces paroles de la seconde aux Corinthiens, I, 9, au lieu d'wne réponse , ou d'une sentence de mort, 'M. Simon met au contraire dans le texte même une assurance de ne point mourir. Saint Chrysostome est contre lui , comme tous les Grecs , et tous les autres interprètes. La censure a condamné son explication , et la Remontrance se justifie par ces paroles^ : « Je ne suis point l'auteur » de cette interprétation , elle se trouve appuyée et » expliquée fort au long par Heinsius, qui a été un » des plus savants critiques du dernier siècle; ainsi » ce n'est point une nouveauté. »

Telle est donc la nouveauté qu'il veut éviter : quoique son interprétation soit née en nos jours , elle ne lui paraît pas nouvelle, pourvu qu'elle soit d'un critique, quand même il serait protestant : il n'a pas même besoin que ce critique soit théologien, et c'est assez qu'il soit humaniste, poète, ou orateur, comme Heinsius; on n'oppose que cet auteur hérétique au torrent des interprètes, qui ont saint Chrysostome à leur tète. Non content de faire une note d'une telle interprétation , M. Simon en compose son texte, où, sans autre garant qu'Heinsius , il met la négative pour l'affirmative : accoutumé à suivre de tels interprètes, il croit son excuse si valable , qu'il n'en oppose point d'autre à une censure si authentique; n'est-ce pas avoir perdu, je ne dirai pas tout jugement, mais toute pudeur?

La raison dont il appuie Heinsius, n'est digne que de mépris : et sans perdre de temps à la rapporter, il suffit que nous ayons vu qu'un prêtre passe sa vie à chercher dans toute sorte d'auteurs catholiques ou protestants, indifféremment, ce qu'il y a de plus singulier et de plus bizarre, pour en composer quand il lui plaît, le texte de l'Ecriture, sous prétexte qu'il se permet tout, pourvu qu'il ne s'agisse point de la foi; et il veut que les évèques lui laissent mettre une telle version entre les mains des fidèles!

Il ne songe pas que prendre le goût des hérétiques, même dans les choses indifférentes , c'est se disposer peu à peu à goûter leurs erreurs, à se nourrir d'un esprit de libertinage, et vouloir accoutumer les fidèles à faire ce qu'il leur plaira de l'Evangile.

Seconde erreur de M. Simon dans ses justifications : se croire à couvert de toute correction en cherchant dans les versions approuvées , quelque catholique qui aura traduit comme lui.

4. Paroles de M. Simon , qui prouvent une vérité de fait très-importante à cette cause. — C'est une vérité constante par l'expérience, qu'il n'y a point dans les langues vulgaires de versions si exactement examinées, qu'il n'ait échappé à l'examen quelque faute plus ou moins grande, mais que toujours il faudra reprendre. On voit aussi tous les interprètes demander pardon pour leurs traductions, et promettre de se corriger au premier avis. M. Simon déclare lui-même dans sa préface', « qu'il » n'est pas assez vain pour croire que sa version

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