App., ep. lu). - 2. Ideni, ni.T. — ^. Ihid
muable. Il ne s'agissait non plus de rompre la sainte unité de la communion extérieure, après avoir reconnu qu'il y a toujours une suite de pasteurs, à la doctrine desquels il fallait communiquer, aussi bien qu'à leur régime, et aux grâces qu'ils distribuaient avec les sacrements. Tous les doutes de Grotius étaient éclaircis : toutes les peines qu'il s'était formées sur les liens extérieurs de la communion ecclésiastique s'étaient dissipées tout à coup, comme par un beau soleil, par l'aveu de la promesse de Jésus-Christ toujours présent, toujours agissant avec les apôtres, et leurs successeurs enseignant la doctrine de Jésus-Christ et administrant les sacrements jusqu'à la fin des siècles.
23. Etrange erreur de Grotius qui faisait les princes juges souverains des questions de la foi, et maîtres absolus de la religion. — Longtemps avant que Grotius eût reconnu ces vérités , il s'était laissé emporter à une erreur opposée et aussi dangereuse que les précédentes, lorsque flatté par un décret des Etats généraux , favorable aux remontrants , il avait établi les princes , seuls juges de tout dans l'Eglise, même de la foi et de l'administration des sacrements. Il avait appuyé cette doctrine d'une prodigieuse, mais vaine érudition, principalement dans deux livres composés durant sa jeunesse, dans la première chaleur des disputes arminiennes; dont le premier est intitulé : Ordinum Hollandiœ et Westfrisiœ pietas^ : et l'autre qui est posthume, dont il s'est fait plusieurs éditions après sa mort , a pour titre : De imperio summarum potestatum circa sacra^. Là , comme d a été dit , toutes questions , même celles de la foi, se décidaient en dernier ressort parles princes souverains : les évêques étaient appelés comme on appelle des experts dans ce qui regarde les arts et les métiers ; ils faisaient leur rapport dans les conciles ; le jugement était réservé aux princes, et tel fut alors le système de Grotius , admirable pour les protestants qui lui donnaient de grands avantages, dont il savait profiter. Il n'y avait point à s'étonner si leur réforme qui dexait tout son établissement dans le nord au magistrat politique, y avait tout soumis à sa puissance. Grotius était invincible de ce côté-là : mais pour l'Eglise chrétienne , elle avait été fondée sur d'autres principes. Je voudrais savoir seulement , si ce fut', ou le concile d'Antioche, ou les empereurs Valérien ou Aurélien, persécuteurs de l'Eglise, qui jugèrent Paul de Samosate , et condamnèrent son hérésie : fut-ce Dèce ou quelqu'autre prince , qui jugèrent Novatien , et les autres sectes ; ou les papes et les évêques répandus par toute la terre ? Laissons ce raisonnement , et prenons avec Grotius une voie plus courte. Quand il a reconnu dans l'Evangile la promesse faite à l'Eglise d'une éternelle durée, il vit bien que ce n'était pas avec les princes et les magistrats , mais avec les apôtres et leurs successeurs, que Jésus-Christ promettait d'être toujours. Il ne regardait donc pas ces derniers comme des experts, dont on écoute le rapport pour juger après eux : il regardait en eux Jésus-Christ même, qui a promis de ne les abandonner jamais : il les regardait comme porteurs et interprètes de sa parole, avec une autorite à laquelle il faut que tout cède, et dès là on le doit considérer comme revenu d'une erreur qu'il avait pourtant soutenue de tant de savantes recherches , et d'un nombre si étonnant de passages et d'exemples mal entendus et mal expliqués.
24. Deux sortes de décrets des empereurs chrétiens sur les matières de foi : Grotius les confond , faute de principes : ostentation de savoir dans les écrits des critiques. — C'est ici qu'il faut apprendre à connaître le génie de nos savants, qui , destitués do principes théologiques, croient avoir jirouvé ce qu'ils veulent , quand ils entassent des autorités et des faits sans application, sans discernement, sans exactitude. Quand 1 empire fut devenu chrétien , les empereurs publiaient des lois , où