DE L'ODE D'HORACE
Eheu I fugaces. Posthume,
Les ans sont un torrent , la vieillesse a des ailes ; La vie est le chemin qui conduit au trépas. La piété , soumise à ses lois éternelles , Les suit sans murmurer, et ne les change pas.
Les sacrifices , les prières Ne sauraient apaiser le roi des sombres lieux ; Les pleurs qui mouillent nos paupières N'en font point couler de ses yeux.
IjC triple Géryon , l'indomptable Titye , De sou joug ont senti le poids; A tout ce qui jouit du bienfait de la vie Le souverain des mort^ imposera des lois.
Aux rois comme aux bergers il fera passer l'onde;. TjCS vainqueurs porteront ses fers, Et tous les habitans du monde Seront habitans des enfers.
t2 32 TRADUCTIONS.
Loin du tumulte et du carnage , En vain cherchons-nous de longs jours; Loin des vents malfaisans et du bruyant orage , Nous essayons en vain d'en assurer le cours.
Nous verrons le Cocyte en des plaines arides Rouler péniblement ses languissantes eaux; De Sisyphe et des Danaïdes Nous irons voir les vains travaux.
Tes trésors , ta maison et ta compagne aimée , Tout deviendra pour toi des objets de regrets; De tant d'arbres divers dont ta vue est charmée, Un seul suivra son maître ; hélas! c'est le cyprès!
Cet or qu'avec soin tu resserres , Ton héritier l'attend , qui le dissipera ; Et les plaisirs que tu dififères, Ton héritier les goûtera.
IMITATION