‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 106 sur 134 · DE L'ODE D'HORACE · texte numérisé non relu

DE L'ODE D'HORACE

Solvitur acris hiems.

Le printemps vient briser les chaînes de l'hiver;. Il rend l'herbe à nos prés , à nos bois le feuillage , Et nos vaisseaux, long-temps oisifs sur le rivage, A l'aide du levier , sont rendus à la mer : Je vois de nos troupeaux les étables ouvertes; Je vois de nos bergers les cabanes désertes; J^a pureté du ciel et la douceur de l'air Ramènent les amours , les chansons et la danse. Aux rayons de Phébé , les Grâces en cadence Foulent d'un pied léger l'herbe de nos coteaux; Des nymphes d'alentour j'entends les voix touchantes; Vulcain même y répond de ses forges brûlantes, Et semble à leur concert accorder ses marteaux. Aux fêtes, aux plaisirs, bergers qu'on se prépare : Entrelacez le myrte, et mêlez-y les fleurs Dont la terre amollie à chaque instant se pare; Pour chanter, pour danser unissez-vous en chœurs; Au fond des bois sacrés qu'un saint zèle vous guide : Faune ahne à s'égarer dans l'ombre de nos bois ; Sur son mstique autel immolez à son choix Le chevreau bondissant ou la brebis timide.

i>.3/| TRADUCTIONS.

ïlâtez-vous de jouir des jours qui sont à vous ;

Ilëias! la pâle mort frappe des mêmes coups

Et les palais dorés et les pauvres chaumières ;

Nous projetons beaucoup, mais nous ne vivons guères;

Les mânes et leur dieu sont déjà près de nous ;

Chaque pas nous conduit à leurs demeures sombres :

Que deviendront alors les grâces, la beauté,

Et de nos gais festins la courte royauté ?

Plus de chants, plus de jeux, plus d'amour chez les ombres.

Page 1