‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 17 sur 134 · EN RÉPONSE A LA PHÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

EN RÉPONSE A LA PHÉCÉDENTE

Croyez qu'un vieillard cacochyme , Chargé de soixante et douze ans, Doit mettre, s'il a quelque sens, Son ame et son corps au régime.

Dieu fit la douce lUusion Pour les heureux fous du bel âge; Pour les vieux fous l'ambition , Et la retraite pour le sage.

Vous me direz qu'Anacréon , Que Chaulicu même, et Saint— Aulaire.

Tiraient encore quelque chanson De leur cervelle octogénaire.

Mais ces exemples sont trompeurs ; Et quand les derniers jours d'automne Laissent éclore quelques fleurs, On ne leur voit point les couleurs Et l'éclat que le printemps donne :

Les bergères et les pasteurs N'en forment point une couronne.

La Parque de ses vilains doigts Marquait d'un sept avec un trois La tête froide et peu pensante De Fleuri , qui donna des lois A notre France languissante.

5o PIÈCES MÊLÉES.

Il porta le sceptre des rois , Et le garda jusqu'à nouante.

Régner est un amusement Pour un vieillard triste et pesant, De toute autre chose incapable :

Mais vieux bel-esprit, vieux amant, Vieux chanteur, est insupportable.

C'est à vous, ô jeune Boufflers, A vous dont notre Suisse admire Le crayon, la prose, et les vers.

Et les petits contes pour rire :

C'est à vous de chanter Thémire , Et de briller dans un festin , Animé du triple délire Des vers, de l'amour et du vin.

PIÈCES MÊLÉES. 5i

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