AU KCM DE PLUSIEURS DAMES
Au feu qui brille dans ses vers On reconnaît tout l'esprit des Boufflers ; Aux traits piquans qui ternissent l'ouvrage
On est fâché de voir un sage ,
Ami de la simplicité,
Se livrer à la vanité.
Tu dois regretter les sottises
Qu'enfante le tempérament;
Mais on doit aimer les surprises
De l'amour et du sentiment.
Bien plus libertin que galant,
Bien moins libertin qu'agre'able.
Tu commences par être aimable ,
Tu finis par être méchant.
Heureux sans mériter de l'être,
Dans le plaisir de le paraître
Tu fis consister ton bonheur :
Tu fus dupe, tu fus trompeur;
Et malgré tes propos volages ,
Tes madrigaux et tes voyages.
Parlons avec sincérité,
BouflBers , tu n'as jamais aimé.
I . Les Mémoires secrets de la République des Lettres disent , à la date du x" a\Til 1765, que c'était l'épître de Boufflers à Voltaire qui lui avait attiré les reproches des dames de Lorraine dont M. de Cboiseul se rend ici l'interprète.