RÉPONSE DE M. DE CHOISEUL
A BOUFFLERS
De t'ofifenser, Boufflers , je n'eus jamais l'envie ; Mon esprit contre toi n'a point de jalousie : Oublions tous les deux d'inutiles débats ,
Faits pour les sots, comme pour les ingrats.
A l'amitié toujours fidèles,
Par de pitoyables querelles
Ne troublons point notre plaisir :
Amusons par un doux loisir
Le temps passager du bel âge ,
Voyons avec les yeux d'un sage
Les critiques et les erreurs.
Comblé des aimables faveurs
Du dieu qui préside au Parnasse ,
Quand tu voudras trouver ta grâce
Auprès de ce sexe enchanteur,
Un instant peut te satisfaire :
Ordonne à l'esprit de se taire,
Et de laisser parler ton cœur.
Je n'ai point parlé en mal de votre tempérament; au contraire, puisqu'en faisant connaître le grand nombre de fautes dont il est coupable , c'est en faire le plus grand éloge. Vous voyez aussi , par mes derniers vers , qu'en rendant à votre cœur toute la justice qu'il mérite je n'accuse que votre esprit des petites méchancetés qui ont offensé les dames.
Je sais qu'il est paimi les belles Des cœurs aussi faux qu'infidèles, Qui souvent à la vanité Font succéder l'indifférence .
Et qu'un goût de frivolité Conduit bientôt à l'inconstance :
Mais il en est de plus heureux , Moins frivoles et plus sincères :
Il est d'innocentes bergères Dont l'amour est plus généreux.
Ce dieu sut les rendre fidèles, Et mes vers sont écrits pour elles.
VERS