‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 4 sur 134 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

défavorabiement influé sur ses facultés déjà sexagénaires, et le séjour de l'Allemagne avait donné à son esprit une teinte obscure et des habitudes rêveuses dont le vide naturel de sa pensée faisait encore plus ressortir les défauts. C'est dans cette disposition tristement bizarre qu'il composa son livre du Libre arbitre , élucubration métaphysique dont le succès, non moins que l'esprit, contrasta singulièrement avec celui de ses anciens ouvrages.

a En 1 8o4, époque de la réorganisation de l'Institut , il fut admis à la classe de Littérature comme membre de l'ancienne Académie. Cette circonstance sembla lui rappeler la véritable portée de son talent. Il prononça des éloges académiques , et inséra dans le Mercure des fragmens littéraires pleins de goût, et des contes en prose où l'on retrouve une philosophie douce et un heureux mélange d'enjouement et de sensibilité. Son aménité lui avait acquis un grand nombre d'amis parmi les hommes qui ont fait la gloire du commencement du dix-neuvième siècle. Ducis, dont l'amitié pouvait être regardée comme un présent des deux , lui adressa une épître dont les vers sont faibles , il est vrai , mais dont les sentimens

SUR BOUFFLERS. xxj

honorent à la Ibis et celui qui les exprimait et celui qui avait su les inspirer '. Cette épître, lue à l'Académie après la mort de Ducis et celle de Boufflers , tint lieu d'éloge à ce dernier ; car son successeur entra dans cette assemblée sans prononcer de discours de réception , et le public, curieux d'entendre M. Baour louer le chantre du Cœur^ fut trompé dans son attente.

a Boufflers , qui remji^pait les paisibles fonctions d'administrateur-adjoint de la bibliothèque Mazarine, s'éteignit, le 1 8 janvier i8i5, dans sa soixante-dix-huitième année. Ses cendres reposent près de celles de Delille , et sur la colonne funéraire qui porte son nom on a tracé ce mot touchant , sorti de sa bouche : Mes atnis^ croyez que je dors.

«Voilà, jeune homme, comme tout finit. — ■ Oui , surtout les notices, w

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