‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 2)Chapitre 16 sur 164 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Pour vous faire entendre ma pensée, j'appelle récompense abondante une récompense qui surpasse , du moins qui égale les services par où l'on s'en est rendu ou l'on a tâché à s'en rendre digne. C'est la première notion que nous en donne saint Jérôme , quand il applique aux bienheureux ce que le Fils de Dieu , dans l'Evangile, promettait aux justes, pour les exciter à la ferveur par le motif de l'espérance chrétienne : Mensuram bonam , et confertam et coagitatam, et supereffluentem dabunt in sinum vestrum 2; on versera dans votre sein une bonne mesure , qui sera pressée , entassée , comblée. En effet , c'est dans la personne, ou, pour mieux dire, dans l'état des Saints glorifiés, que cette promesse du Sauveur trouve à la lettre son accomplissement. Mais prenant la chose dans un sens encore plus moral , et par conséquent plus propre à vous faire sentir la vérité que je vous prêche, j'appelle récompense pleine et abondante une récompense capable par ellemême de satisfaire le cœur de l'homme ; capable de remplir le vide, ou plutôt la vaste étendue des désirs de l'homme ; capable de rendre l'homme heureux , et dont il peut enfin être content : c'est ainsi que saint Augustin l'a conçue dans l'exposition qu'il a faite des béatitudes évangéliques. Or, dans l'un et dans l'autre sens , le Fils de Dieu seul a eu droit de nous dire absolument ce qu'il nous dit aujourd'hui : Ecce merces vestra copiosa est. Pourquoi? Parce qu'il n'appartenait qu'à lui de pouvoir donner aux hommes une récompense qui eût ces deux propriétés que je viens de marquer ; ou , si vous voulez , parce qu'il n'y a que la récompense des élus de Dieu qui , par rapport à ces deux propriétés , puisse être justement regardée comme une récompense abondante et pleine.

Car n'est-il pas vrai (je commence par le premier de ces deux caractères, et, sans autre preuve, j'en appelle à vos connaissances : écoutez-moi, et consultez -vous), n'cst-il pas vrai que quiconque s'attache à servir le monde, s'il ne veut pas y être trompé, doit se résoudre à travailler beaucoup pour gagner peu? et n'est-il pas, tout au contraire, évident et incontestable que

! Jcifm., 17. — 7 Luc, 6.

quand on travaille pour Dieu, pour peu qu'on fasse, on gagne infiniment? Profitons de ce parallèle, et servons-nous-en pour goûter notre religion.

Que ne faisons-nous pas tous les jours dans le monde, pour y obtenir des grâces que le monde est en possession de vendre bien chèrement? des grâces ardemment désirées et impatiemment attendues, mais que l'on s'aperçoit enfin , dès qu'on les a , ne valoir pas à beaucoup près ce qu'il en a coûté pour les avoir? Quelles peines, quelles fatigues ne supporte-t-on pas pour parvenir dans le monde à des établissements où l'on s'était figuré des avantages considérables , mais dont on commence à se désabuser et à se dégoûter, du moment qu'on y est parvenu ? A quoi ne s'expose-t-on pas , et sans y épargner sa vie , que ne risque-t-on pas , pour s'acquérir dans le monde une gloire qui n'est qu'un fantôme, et dont on ne jouit pas plutôt qu'on en reconnaît la vanité et le néant? Quels empressements n'a-t-on pas , et quels mouvements ne se donne-t-on pas pour se procurer auprès des puissances du monde un degré de faveur qui souvent ne conduit à rien , et pour lequel on sacrifie son repos et sa liberté? A combien de mondains, dans le christianisme , ne pourrait-on pas dire avec raison ce que Dieu , par un prophète , disait aux Israélites , en leur faisant considérer les funestes suites de leur infidélité : Seminastis multïtm, et intulistis parum l; vous avez beaucoup semé, et vous avez peu recueilli : c'est-à-dire, vous vous êtes bien tourmentés , vous avez bien fait des efforts , il vous en a coûté bien des bassesses , et tout cela s'est terminé à une vaine et misérable fortune qui n'a pas répondu à votre attente , et qui s'est trouvée bien au-dessous de vos prétentions. Pourquoi? parce que, en travaillant pour le monde, vous avez semé dans une terre ingrate, dont vous n'avez dû vous promettre , et qui n'a pu vous rapporter que très-peu de fruits : Seminastis multum, et intulistis par um. Il faudrait un discours entier si je voulais m'étendre sur cette morale, dont peut-être vous ne seriez que trop persuadés , et qui, par l'abus que vous en pourriez faire, vous servirait de prétexte pour autoriser vos chagrins contre le monde , et vos plaintes souvent très-injustes. Je reviens à ma comparaison.

Les Saints, les élus de Dieu ont eu un sort bien différent. En travaillant pour Dieu , ils ont souffert , je le sais ; et je suis obligé de convenir que leur vie sur la terre a été une vie austère, pénitente, mortifiée : mais, au milieu de leurs austérités , de leurs pénitences , de leurs mortifications , ils ont eu l'avantage de pouvoir dire, aussi bien que le grand Apôtre : Non sunt condignœ passiones hujus temporis ad futuram gloriam, quœ revelabitur in nobis 2 ; nous souffrons, il est vrai ; mais , outre que nous souffrons pour la justice , ce qui pourrait dès maintenant nous tenir lieu de récompense ; outre que nous souffrons pour Dieu, et que cela seul est déjà pour nous une béatitude anticipée , ce que nous souffrons n'a rien qui soit comparable à cette gloire que Dieu nous prépare ; et notre grande ressource est que le moindre degré de cette gloire que nous attendons nous dédommagera pleinement et avec usure de tout ce qu'il y a de plus laborieux et de plus pénible dans la voie du ciel.

1 Açgœ., 1. — ''■ Rom,, 8,

Voilà en quoi a consisté le bonheur des Saints. Ils marchaient, dit l'Écriture ; et, dans l'esprit d'une componction salutaire, ils versaient des larmes, jetant sur la terre les précieuses semences de leurs mérites : Euntes ibant , et flebant, mittentes semina sua x. Mais ils se consolaient par cette pensée qu'ils reviendraient bientôt triomphants et comblés de joie, portant avec eux l'abondante moisson qu'ils auraient cueillie, c'est-à-dire portant avec eux des trésors immenses de gloire, qui devaient être le prix des légers sacrifices qu'ils faisaient à Dieu : Venientes autem ventent cum exultatione, portantes manipulas suos 2. Ils possédaient leurs âmes dans la patience, fondés sur l'espérance qu'ils avaient d'entendre bientôt ces délicieuses paroles : Quia super pauc a fuisti fidelis, super multa te constituant* : parce que vous avez été fidèle en de petites choses, j'en ferai de grandes pour vous. Je n'épargnerai rien pour votre bonheur. Intra in gaudium Domini tut * ; entrez dans la joie de votre Dieu , parce que la joie de votre Dieu est trop grande pour entrer dans vous. Car tel est, mes chers auditeurs , le fond du mystère que nous célébrons, et c'est ce que la vue des Saints et de leur gloire nous doit inspirer. Je sers un Dieu , non-seulement fidèle dans ses promesses , mais magnifique dans ses récompenses ; un Dieu qui récompense en Dieu, et qui, sans attendre cette vie éternelle qu'il me promet, m'accorde déjà le centuple de ce que je fais pour lui, par la consolation que j'ai de le faire et de l'avoir fait. Or, c'est encore de là que je tire la seconde notion d'une récompense abondante.

Car j'ai dit, après saint Augustin, que c'est celle qui par elle-même suffit pour contenter l'homme, et j'ai ajouté que ce caractère ne pouvait convenir, et ne convenait qu'à la récompense des Saints. Cette vérité a-t-elle besoin de preuve, et en fut-il jamais une plus capable de nous forcer en quelque sorte, malgré nous-mêmes, à chercher le royaume de Dieu? Il est vrai , on voit dans le monde des hommes qui , selon le monde , paraissent amplement récompensés : on en voit dont les récompenses vont même bien au-delà de leurs services et de leurs mérites. Mais en voit-on de contents ? en voyezvous ? en avez -vous vu? espérez-vous jamais d'en voir? et s'ils ne sont pas contents , à quoi leur servent leurs prétendues récompenses ? Ils regorgent de biens et d'honneurs , je le veux , et il semble que le monde se soit épuisé pour les élever à une prospérité complète; mais cependant leur cœur est-il satisfait? ne désirent-ils plus rien? se croient-ils heureux? et dans leurs prospérités même , dans ce bonheur apparent , trouvent-ils en effet la félicité? N'est-ce pas au contraire, dit saint Chrysostome, dans ces sortes d'états qu'il est plus rare, ou plutôt moins possible de la trouver? n'est-ce pas dans les grandes fortunes que se trouvent les grands chagrins? et qui pourrait dire le nombre de ceux qui n'y sont parvenus que pour être plus malheureux, et pour le sentir plus vivement? Le monde n'avait pourtant rien épargné pour contenter leur ambition et pour les combler de ses faveurs ; mais en même temps le monde n'avait pas manqué de mêler parmi ses faveurs des semences d'amertume qui en étaient inséparables, et qui devaient bientôt après produire dos fruits de douleur. Le monde , en les rendant

' Psalm. 125. — 2 Ibid. — 3 Matth., 25. — > Ibid.

puissants et opulents , leur avait donné tout ce qui était de son ressort ; mais il n'avait pu leur donner ce rassasiement , cette paix du cœur, sans quoi ni la puissance, ni l'opulence , n'empêchaient pas que leur état ne fût un état affligeant. Quelque heureux qu'ils parussent, combien leur manquait-il de choses pour l'être? Vous me direz qu'ils ne devaient s'en prendre qu'à eux-mêmes , puisqu'ils n'étaient malheureux que parce qu'ils étaient insatiables. Et moi je réponds : Mais pourquoi, malgré les faveurs dont le monde les comblait, étaient-ils encore insatiables, sinon, ajoute saint Chrysostome, parce que c'est une vérité reconnue, constante, éternelle, que jamais les faveurs du monde, quelque abondantes que nous les concevions, ne pourront rassasier le cœur humain ?

Quoiqu'il en soit, Chrétiens, de là je conclus l'excellence et la perfection de la récompense des élus de Dieu. Car il est encore de la foi que cette récompense seule remplira toute la capacité et même toute l'immensité de notre cœur. Il est de la foi que nous trouverons en elle l'accomplissement de tous nos désirs. 11 est de la foi qu'elle sera pour nous une béatitude consommée , à laquelle il ne manquera rien, et qui nous tiendra lieu de tout. En un mot, il est de la foi qu'avec cette récompense, tout insatiables que nous sommes, nous serons contents. Satiabor, cum apparuerit gloria tua l, disait à Dieu cet homme selon le cœur de Dieu : Je serai rassasié, quand vous me découvrirez votre gloire. Comme s'il eût dit : Jusque là , Seigneur, quoi que le monde fasse pour moi, je serai toujours affamé et altéré ; jusque là, ennuyé de ce que je suis, je voudrai toujours être ce que je ne suis pas ; jusque là, mon cœur, plein de vains désirs et vide des biens solides, sera toujours dans l'agitation et dans le trouble. Maisj quand vous m'aurez fait part de votre gloire, mon cœur rassasié commencera à être tranquille. Je ne sentirai plus cette soif ardente de la cupidité qui me brûlait ; je n'aurai plus cette faim avide d'une ambition secrète qui me dévorait. Tous mes désirs cesseront, parce que je trouverai dans votre gloire la plénitude du bonheur, la plénitude du repos, la plénitude de la joie ; parce que cette gloire , quand je la posséderai, sera pour mpi l'affranchissement de tout mal, et la jouissance de tout bien : Satiabor, cura opparuerit gloria tua.

C'est ainsi que parlait David. Était-ce par exagération , ou dans le transport d'une extase? Non, Chrétiens : il parlait selon le premier sentiment qui naissait dans son âme ; et il ne faut pas s'étonner si , touché de la vérité que je vous annonce , il se servait d'une expression aussi forte que celle-ci : Satiabor ; parce qu'il savait que cette gloire et cette récompense des élus, après laquelle il soupirait, n'était rien autre chose que Dieu même. Car la foi nous apprend encore que c'est Dieu lui-même qui doit être notre récompense : Ego merces tua magna nimis % ; oui , moi-même , dit Dieu à son serviteur Abraham; moi-même, qui suis ton Seigneur et ton maître, je serai ta récompense et ta béatitude. Hors de moi , rien ne pouvait l'être , et toute ma gloire sans moi ne serait pas assez pour toi. Il me fallait moimême pour te rendre heureux, et c'est pourquoi je ne te promets point d'autre récompense que moi-même : c'est moi que tu posséderas : Ego

• Psalm. 16. — 2 Gencs., 15.

i2 SUR LA RÉCOMPENSE DES SAINTS.

mer ces tua. Or, il est aisé de concevoir comment la possession d'un Dieu peut opérer dans l'homme l'effet divin que David s'efforçait d'exprimer par cette parole : Satiabor. Car c'est là, mes chers auditeurs, tout le secret de cette félicité incompréhensible dont jouiront les Saints dans le ciel. Ils posséderont Dieu ; ils seront pleins de Dieu : Inebriobuntur ab ubertate domûs tuœ l : ils seront enivrés , ô mon Dieu , de l'abondance qui remplit votre maison : Et torrente voluptatis tuœ potabis eos 2 : ils boiront à longs traits dans le torrent de vos délices, dont ils seront inondés. Pourquoi? 11 en apporte la raison , qui est convaincante : Quoniam apud te est fons vitœz ; parce que c'est en vous qu'est la source de la vie. Voilà, dis-je, Chrétiens , quelle sera votre récompense ; voilà, au milieu des misères qui nous accablent dans cette vallée de larmes , ce que nous croyons et ce que nous espérons. Mais peut-être, charnels que nous sommes, ne le comprenons-nous qu'à demi ; et peut-être, vous à qui je parle , auriez-vous besoin que votre foi sur cela fût soutenue et fortifiée par quelque effet présent et sensible. Hé bien ! comme prédicateur de l'Évangile , je veux en ceci m'accommoder à vos faibles dispositions.

Vous me demandez un préjugé sensible de ce que la foi nous enseigne sur tout ce que je viens de vous dire? Le voici : c'est que tout ce que j'ai dit, non-seulement s'accomplira, mais s'accomplit en quelque manière dès maintenant dans la personne des Justes : Ecce merces vestra copiosa. Je m'explique : ce qui nous fait sensiblement connaître que les élus de Dieu seront rassasiés de la possession de Dieu, c'est qu'en effet dès cette vie nous voyons des hommes qui , par un esprit de religion , renonçant à tout le reste , se tiennent heureux de ne posséder que Dieu et de ne s'attacher qu'à Dieu. Sans parler des Saints glorifiés , nous voyons des Saints sur la terre qui jouissent déjà en quelque sorte de ce bonheur : Sanctis qui in terra sunt ejus \ Il y en a peu, si vous voulez, dans ce degré de perfection ; mais il y en a, et peut-être en connaissez-vous qui y sont parvenus. Des hommes détachés du monde , qui ont tout quitté pour Dieu et qui trouvent tout en Dieu ; des hommes qui , contents de Dieu , disent aussi bien que David : Quia1 mihi est in cœlo ? et à te quia1 volui super terrant 5 ? qu'y a-t-il pour moi dans le ciel, et que désiré-je sur la terre, hors vous, Seigneur? ou plutôt qui, enchérissant même sur David, pourraient dire, non plus comme lui : Satiabor, Je serai rassasié ; mais je le suis du seul avant-goût que vous me donnez de votre gloire. Oui, nous en voyons des exemples ; et Dieu, ou pour nous édifier, ou pour nous confondre, nous en met devant les yeux.

C'est , malgré l'iniquité du siècle , ce que la grâce de Jésus-Christ opère dans ces fervents chrétiens qui sanctifient la terre par leurs vertus : Sanctis qui in terra sunt. Nous ne voyons point de mondains contents du monde, et nous voyons des serviteurs et des servantes de Dieu contents du Dieu auquel ils se sont dévoués. En faudrait-il davantage pour réveiller tout notre zèle? Nous ne voyons point de riches contents de leurs richesses , et nous voyons des pauvres évangéliques contents de leur pauvreté. Nous ne voyons point d'ambitieux contents de leur fortune, et nous voyons des hommes solide-

1 P*ah». 3S. — 2 Ibid. — 3 Ibid. — * Ibid., 15. — r' Ibid., 72.

ment humbles contents de leur abaissement. Nous ne voyons point de sensuels contents de leurs plaisirs , et nous voyons des hommes , non-seulement morts , mais crucifiés pour le monde , contents de leurs austérités et de leurs croix. En un mot, nous voyons ces béatitudes de Jésus-Christ, en apparence si paradoxes et si incroyables, authentiquement et sensiblement vérifiées ; je veux dire des hommes dans la vue de Dieu, et, par un zèle ardent de plaire à Dieu, heureux de souffrir, heureux de pleurer, heureux de ne posséder rien, parce qu'au milieu de tout cela ils possèdent Dieu ; pendant que le monde, avec toutes ses prospérités et toutes ses fausses joies, ne peut être heureux ni content. Peut-on rien opposer à l'évidence de cette démonstration ?

Avoir Dieu pour partage et pour récompense , voilà le sort avantageux de ceux qui cherchent Dieu de bonne foi et avec une intention pure. Le dirai-je, et me permettrez -vous de m'en rendre à moi-même le témoignage? tout pécheur et tout indigne que je suis , voilà ce que Dieu , par sa grâce, m'a fait plus d'une fois sentir. Combien de fois, Seigneur, m'est-il arrivé de goûter avec suavité l'abondance de ces consolations célestes dont vous êtes la source, et qui sont déjà sur la terre un paradis anticipé? Combien de fois , rempli de vous , ai-je méprisé tout le reste , et compté le monde pour rien? Vous bannissiez de mon cœur les vains plaisirs; mais, pour empêcher que mon cœur ne les regrettât , vous y entriez à leur place : Et intrabas pro eis l; et dès là, Seigneur la privation de ces plaisirs était pour moi plus délicieuse que n'en aurait jamais été, ni n'en aurait pu être la possession. Or, si dans ce lieu de bannissement et d'exil, où je ne vous vois qu'à travers le sombre voile de la foi, vous remplissez déjà mon cœur, que sera-ce dans cette bienheureuse patrie, où je vous verrai face à face? Quid erit inpatriâ, si tant a est copia delectationis in via? Si, en vertu de la profession que j'ai faite quand j'ai quitté le monde pour vous suivre, je me tiens déjà si riche de votre pauvreté , que sera-ce , et que dois-je espérer des richesses de votre sainte demeure? Qualem me facturus es de divitiis tais, quem divitem jam facis de paupertate tua. Si de souffrir pour vous est un si grand bien, que sera-ce de régner avec vous? et que serai -je dans la participation de votre gloire, puisqu'il m'est déjà si glorieux et si doux d'avoir part à vos abaissements? Et quid ero tuœ participatione gloriœ, cujusjam sum opprobrio gloriosus? Récompese abondante aussi bien que sûre : vous l'avez vu. Je dis, enfin, récompense éternelle , qui nous est réservée dans le ciel : Ecce merces vestra copiosa est in cœlis. C'est par où je vais finir.

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