‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 2)Chapitre 86 sur 164 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Il est de la grandeur de Dieu d'avoir droit de commander aux hommes de grandes choses , et d'exiger d'eux de grands services ; mais il est aussi de la même grandeur de Dieu que ces grands services qu'il exige des hommes, non-seulement ne les accablent point par le poids de leurs difficultés , mais qu'ils leur deviennent agréables et qu'ils y trouvent de la douceur. Car, comme dit le savant Gassiodore, la gloire d'un maître aussi grand que Dieu est d'être tellement servi , qu'on se fasse de l'obligation même de le servir un bonheur et une félicité. Ceux qui de leur propre sens ont voulu expliquer la loi chrétienne , se sont encore ici égarés , en s'attachant trop à l'un de ces principes , et ne faisant pas assez de réflexion sur l'autre. Il est vrai que Jésus-Christ, notre souverain législateur, nous a proposé sa loi comme un joug et comme un fardeau ; mais au même temps il nous a fait entendre que ce fardeau était léger, et que ce joug était doux : Jugum enim meum suave est, et onus meum levé"1. D'où vient que. par une admirable conduite de sa sagesse, il n'a invité à le prendre que ceux qui se trouvaient déjà chargés d'ailleurs et fatigués ; s'engageant à les soulager , et toutefois ne leur promettant point d'autre soulagement que de leur imposer son joug et de les obliger à le porter : Venite ad me omnes qui laboratis, et ego reficiam vos*. Mystère qui semblait d'abord impossible et contradictoire, mais dont l'accomplissement a fait connaître l'infaillible vérité ; mystère confirmé par l'expérience de tous les Justes , et même de tous les pécheurs , puisqu'il est évident que rien n'est plus capable de soulager un pécheur chargé de la pesanteur de ses crimes , et fatigué de la servitude du monde, que de prendre le joug de Jésus-Christ et de s'y soumettre parfaitement.

Pour former donc une idée complète de la loi évangélique, il ne fallait jamais séparer ces deux choses, qu'elle a si saintement et si divinement unies , le joug et la douceur. Or c'est néanmoins ce qu'ont séparé les hommes, qui par une préoccupation de leur amour-propre, ne s'arrêtant qu'à ces termes de joug et de fardeau , et pour avoir dans leur lâcheté quelque prétexte, n'y joignant pas cette onction et cette douceur que Jésus- Christ y a ajoutée, se sont figuré la loi chrétienne comme une loi fâcheuse , pesante , insoutenable , faite seulement pour les mortifier , et par là s'en

• Luc, 9. — 2 Matth., U. — 3 Ibid.

-il 2 SUR LA SAGESSE ET LA DOUCEUR DE LA LOI CHRETIENNE.

sont eux-mêmes rebutés , et en ont rebuté les autres. Semblables à ces Israélites , qui venaient de découvrir la terre de promission , et qui n'en donnèrent au peuple que de l'horreur par la triste peinture qu'ils lui en firent , comme d'une terre affreuse , qui dévorait même ses habitants , et où ils n'avaient vu que des monstres : Hœc terra quant lustravimus dévorât habitatores suos; ibi vidimus monstra1. Artifice le plus dangereux et le plus subtil qu'ait toujours mis en œuvre l'ennemi de notre salut , pour perdre les âmes et pour y étouffer toutes les semences du christianisme. Mais en vain l'emploiera-t-il jamais contre un chrétien solidement instruit de sa religion , et sincèrement disposé à garder la loi qu'il professe : pourquoi ? parce qu'étant tel , il s'en défendra aisément par cette pensée dont sa foi le prémunit , qu'autant que la loi de son Dieu est parfaite , autant l'onction qui Faccompagne la rend-elle aimable et facile à pratiquer : et quoi que la chair et le monde puissent lui suggérer au contraire , il en reviendra toujours à ce sentiment de David : Quàm dulcia faucibus meis eloquia tua 2 ! Ah ! Seigneur , que votre loi est douce pour ceux qui la goûtent , et qu'il faut être grossier et sensuel pour ne la goûter pas ! Et en effet , si David pouvait parler de la sorte en vivant sous une loi de rigueur , telle que fut la loi de Moïse , ce serait , non point seulement une honte , mais un crime de n'en pas dire autant de la loi chrétienne , puisque c'est une loi de grâce et une loi de charité. Remarquez bien, s'il vous plaît, mes chers auditeurs, ces deux qualités qui sont essentielles à la loi de Jésus-Christ. Loi de grâce, et loi de charité : voilà ce qui vous met en état de l'observer, malgré toute la difficulté de ses devoirs , et ce qui anéantira devant Dieu toutes vos excuses. Écoutez-moi.

C'est une loi de grâce où Dieu nous donne infailliblement de quoi accomplir ce qu'il nous commande ; disons mieux , où Dieu lui-même accomplit en nous ce qu'il exige de nous : que pouvez-vous souhaiter de plus? Ce qui vous empêche d'accomplir la loi , ce qui vous fait même désespérer de l'accomplir jamais, ce sont, dites-vous, les inclinations vicieuses de votre cœur , c'est cette chair conçue dans le péché qui se révolte sans cesse contre l'esprit. Mais imaginez-vous , mes Frères , répond saint Chrysostomc , que Dieu vous parle en ces termes : 0 homme , je veux aujourd'hui vous ôter ce cœur, et vous en donner un autre ; vous n'avez que la force d'un homme , et je veux vous donner celle d'un Dieu. Ce n'est point vous seulement qui agirez , vous qui combattrez , vous qui résisterez ; c'est moi-même qui combattrai dans vous, moi-même qui triompherai de ces inclinations et de cette chair corrompue. Si Dieu s'adressait à vous de la sorte, s'il vous faisait cette offre , oseriez-vous encore vous plaindre ? Or en combien d'endroits de l'Écriture ne vous l'a-t-il pas ainsi promis? N'était-ce pas à vous qu'il disait, par le prophète Ezéchiel : Je vous ôterai ce cœur endurci , et je vous donnerai un cœur nouveau , un cœur docile et souple à ma loi? N'est-il pas de la foi que cette promesse regardait ceux qui devaient vivre dans la loi de grâce , et n'y êtes-vous pas dans cette loi de grâce , puisque vous êtes chrétiens ? Que craignez-vous donc? Que Dieu ne tienne pas sa parole? mais

' Num., 13. — » Psaîiu. 110.

c'est douter de sa fidélité. Que , malgré la parole de Dieu , vous ne trouviez trop de peine à observer sa loi ? mais c'est douter de sa puissance.

Ah! Seigneur, s'écriait saint Augustin , commandez-moi tout ce qu'il vous plaira , pourvu que vous me donniez tout ce que vous me commandez , c'est- à-dire que vous me donniez par votre grâce la force d'exécuter ce que vous me commandez par votre précepte : Da quod jubés, et jubé quod vis1. Non, mon Dieu, ne m'épargnez pas, n'ayez point d'égard à ma délicatesse , ne considérez point ce que je suis ; car puisque c'est vous qui devez vaincre en moi , c'est sur vous-même et non pas sur moi que je dois compter. Usez donc de votre empire absolu , chargez-moi de tout le poids de vos commandements , obligez-moi à tout ce que mes sens et mon amour-propre abhorrent le plus , faites-moi marcher par les voies les plus étroites : avec votre grâce, rien ne me coûtera. J'en parle , Seigneur, ajoutait-il, par mon expérience personnelle ; car c'est vous qui avez rompu mes liens , et je veux , pour l'intérêt de votre gloire et pour la justification de votre loi, le publier à toute la terre. Ah ! mon Dieu , que n'avez-vous pas pu dans moi, et que n'ai -je pas pu avec vous? avec quelle facilité ne me suis-je pas privé de ces plaisirs dont je m'étais fait une servitude honteuse, et combien m'a-t-il été doux de quitter ce que je craignais tant de perdre? Je me figurais dans votre loi et clans moi-même des monstres qui me paraissaient insurmontables ; mais j'ai reconnu que c'étaient des monstres imaginaires, du moment que votre grâce a touché mon cœur; et voilà pourquoi je ne fais plus d'exception ni de réserve en ce qui regarde votre service : Da quod jubés, et jubé quod vis. C'est ainsi que parlait ce grand Saint ; et si la force de la grâce est telle , comment pouvons-nous dire à Dieu que sa loi est un joug trop rude à porter , et qui nous accable ?

Mais je n'ai pas cette grâce qui soutenait saint Augustin , et qui le faisait agir. Peut-être , Chrétiens , ne l'avez-vous pas ; mais vous mettez-vous en état de l'avoir? vous disposez-vous à l'obtenir? la demandez-vous à Dieu? la cherchez-vous dans les sources où il l'a renfermée , qui sont les sacrements? retranchez-vous de votre cœur tous les obstacles qu'il lui oppose? et n'est-il pas étrange que , ne faisant rien de tout ce qu'il faudrait faire pour vous faciliter l'observation de la loi , vous osiez encore vous plaindre de ses difficultés , au lieu de vous en prendre à vous-mêmes et à votre lâcheté ? Dieu , mes chers auditeurs , aura bien de quoi la confondre cette lâcheté criminelle , en vous détrompant de l'erreur qui en était le principe et qui lui servait de prétexte. Car il vous dira, avec bien plus de raison qu'à son peuple : Non, ce n'est point la rigueur de ma loi qui peut et qui doit vous justifier ; ce commandement que je vous faisais (ce sont les paroles de Dieu même dans l'Écriture) n'était ni trop éloigné, ni trop au-dessus de vous. Il n'était point élevé jusqu'au ciel , pour vous donner sujet de dire : Qui pourra y atteindre? il n'était point au delà des mers , pour vous donner lieu de demander : Qui osera se promettre d'y parvenir? Au contraire, vous l'aviez auprès de vous , il était au milieu de votre cœur ; vous le trouviez dans votre condition , dans votre état, pour pouvoir aisément l'accomplir:

1 Au s.

comment cela? parce que ma grâce y était au même temps attachée. Or Dieu , par ces paroles , ne prétendait rien autre chose que de détruire tous nos prétextes , quand nous nous dispensons de garder la loi , et que nous la considérons seulement en elle-même , sans considérer les secours qui y sont si abondants.

Car de dire que ces secours nous manquent lors même que nous les demandons; de dire que toutes ces grandes promesses que Dieu nous a faites, de répandre sur nous la plénitude de son esprit , n'aillent pas jusqu'à nous donner de quoi soutenir avec douceur et avec joie la pratique de ses commandements ; de dire que toute la prééminence de la loi de grâce au-dessus de la loi écrite se réduise à rien , et que tout l'effet de la rédemption et de la mort de Jésus-Christ ait été d'appesantir le joug du Seigneur : ah ! Chrétiens, ce seraient autant de blasphèmes contre la bonté et la fidélité de Dieu. Que nous manque- t-il donc? deux choses : une foi sincère, et une espérance vive ; l'une pour nous attacher à Dieu , et l'autre pour nous confier en Dieu. Car en nous unissant à lui par l'une et par l'autre, nous changerions notre faiblesse dans une force invincible , comme dit le prophète : Qui sperant in Domino, mutabunt fortitudinem l ; nous commencerions à marcher, à courir , à voler comme des aigles : Assument pennas ut aquilœ; volabunt et non déficient*. Mais, parce que nous nous détachons de lui, nous demeurons toujours faibles et languissants , toujours dans le chagrin et le dégoût, toujours dans rabattement et le désespoir; comme si l'Évangile n'était pas une loi de grâce, et que la loi de grâce n'eût pas aplani toutes les difficultés.

Que sera-ce, si j'ajoute que cette loi de grâce est encore une loi de charité et d'amour? Amour et charité, dont l'effet propre est d'adoucir tout, de rendre tout , non-seulement possible , mais facile ; non-seulement supportable, mais agréable; d'ôter au joug toute sa pesanteur, et, si j'ose le dire, d'en faire même un joug d'autant plus léger qu'il est plus pesant. Paradoxe que saint Augustin explique par une comparaison très-naturelle , et dont je puis bien me servir après ce Père. Car vous voyez les oiseaux, dit ce saint docteur : ils ont des ailes , et ils en sont chargés , mais ce qui les charge fait leur agilité , et plus ils en sont chargés , plus ils deviennent agiles. Otez donc à un oiseau ses ailes , vous le déchargez ; mais en le déchargeant, vous le mettez hors d'état de voler : Quoniam exonerare voluisti,jacet2'. Au contraire, rendez-lui ses ailes, qu'il en soit chargé tout de nouveau, c'est alors qu'il s'élèvera : pourquoi? parce qu'au même temps qu'il porte ses ailes , ses ailes le portent. Il les porte sur la terre, et elles le portent vers le ciel : Redeat onus, et volabif*. Telle est, reprend saint Augustin, la loi de Jésus-Christ : Talis est Christi sarcina* : nous la portons, et elle nous porte ; nous la portons en lui obéissant, en la pratiquant ; mais elle nous porte en nous excitant, en nous fortifiant, en nous animant. Tout autre fardeau n'a que son poids , mais celui-ci a des ailes : A lia sarcina pondus habet , Christi pennas 6 .

Laissons cette figure, Chrétiens, et parlons encore plus solidement.

1 Isaï., 40. — 2 lbid. — 3 Aug. — 4 Idem. — 5 Idem. — 6 Idem.

Dieu , souverain Créateur , possédait trois qualités par rapport à ses créatures : celle de maître, qui nous soumettait à lui en qualité d'esclaves; celle de rémunérateur, qui nous attirait à lui en qualité de mercenaires; celle de père, qui nous attache à lui en qualité d'enfants. Or, selon ces trois qualités (c'est la réflexion de saint Bernard) , Dieu a donné trois lois aux hommes : une loi d'autorité comme à des esclaves , une loi d'espérance comme à des mercenaires, et une loi d'amour comme à des enfants. Les deux premières furent des lois de travail et de peine , mais la troisième est une loi de consolation et de douceur. Qu'est-il arrivé de là? Les hommes, dit saint Augustin , ont gémi sous ces lois de travail , de peine , de crainte ; mais leurs gémissements , leurs peines et leurs craintes n'ont pu leur faire aimer ce qu'ils pratiquaient : au lieu que les chrétiens ont trouvé dans la loi de grâce un goût qui la leur rend aimable , et une onction qui la leur fait observer avec plaisir : Timuerunt , et non impleverunt; amaverunt et impleverunt*. Les hommes, sous les deux premières lois, intéressés et avares , craignaient un Dieu vengeur de leur convoitise ; mais malgré cette crainte, ils ne laissaient pas de commettre les plus injustes violences, de ravir le bien d' autrui , ou du moins de le désirer : au lieu que dans la loi nouvelle ils se sont attachés amoureusement à un Dieu pauvre ; et par amour pour lui , bien loin d'enlever des biens qui ne leur appartenaient pas , ils ont donné leurs biens propres , et se sont volontairement dépouillés de toutes choses : Timuerunt, et rapuerunt res aliénas; amaverunt , et donaverunt suas*.

Voilà ce que les amateurs du monde ne comprennent pas , et ce qu'ils pourraient néanmoins assez comprendre par eux-mêmes et par leurs propres sentiments. Ils ne nous entendent pas quand nous leur parlons des merveilleux effets de la charité de Dieu dans un cœur ; mais qu'ils en jugent par ce que fait dans eux l'amour même du monde. A quelles lois les tient-il asservis , ce monde qu'ils idolâtrent? lois de devoir, justes, mais pénibles; lois de péché , injustes et honteuses ; lois de coutume , extravagantes et bizarres ; lois de respect humain , cruelles et tyranniques ; lois de bienséance , ennuyeuses et fatigantes. Cependant, parce qu'ils aiment le monde , ce qu'il y a dans le service du monde de plus fâcheux , de plus incommode , de plus dur , de plus rebutant , leur devient aisé. Rien ne leur coûte pour satisfaire aux devoirs du monde , pour se conformer aux coutumes du monde , pour observer les bienséances du monde , pour mériter la faveur du monde. Or, qu'ils aiment Dieu comme ils aiment le monde , que , sans changer de sentiments, mais seulement d'objet, au lieu de demeurer toujours attachés au monde, ils commencent à s'attacher à Dieu : cette loi du Seigneur, qui leur paraît impraticable , changera , pour ainsi dire , de nature pour eux. Ils travailleront , et dans leur travail ils trouveront le repos ; ils combattront, et dans leurs combats ils trouveront la paix; ils renonceront à tout, et dans leurs renoncements ils trouveront leur trésor ; ils endureront tout , ils se mortifieront en tout , et dans leurs mortifications et leurs pénitences ils trouveront leur bonheur.

1 Aug. — 'Idem.

416 sur l'impénitence finale.

C'est ainsi que la loi de Dieu est tout à la fois un joug et un soulagement , un fardeau et un soutien. Si vous en doutez , j'en appelle , non point à votre témoignage , puisque vous ne pouvez rendre témoignage de ce que vous n'êtes point en état de sentir, mais au témoignage de tant de Saints , qui Font éprouvé , et de tant d'âmes justes qui l'éprouvent encore tous les jours. Eh quoi! cette loi de charité n'a-t-elle pas changé les chaînes en des liens d'honneur? témoin un saint Paul. N'a-t-elle pas donné des charmes à la croix? témoin un saint André. N'a-t-elle pas fait trouver du rafraîchissement au milieu des flammes? témoin un saint Laurent. N'opère-t-elle pas encore à nos yeux tant de miracles? N'est-ce pas elle qui fait porter à tant de vierges chrétiennes toutes les austérités du cloître? N'est-ce pas elle qui engage tant de pénitents dans une sainte guerre contre eux-mêmes, et qui leur apprend à crucifier leur corps? N'est-ce-pas elle qui fait préférer la pauvreté aux richesses, l'obéissance à la liberté, la chasteté aux douceurs du mariage , les abstinences et les jeûnes , les haires et les cilices à toutes les commodités de la vie? Que' dis-je dont vous n'ayez pas des exemples présents et fréquents? et ces exemples que vous voyez, ne sontce pas autant de leçons pour vous ? Si donc , conclut saint Jérôme , la loi vous paraît difficile , ce n'est point à la loi qu'il s'en faut prendre ni à ses difficultés, mais à vous-même et à votre indifférence pour Dieu. Elle est difficile à ceux qui la craignent , à ceux qui la voudraient élargir , à ceux que l'esprit de Dieu , cet esprit de grâce , cet esprit de charité, ne réveille point, n'anime point, ne touche point, parce qu'ils n'en veulent pas être touchés. Mais prenons confiance, et, dans un saint désir de plaire à Dieu , entrons dans la voie de ses commandements : nous y marcherons comme David , nous y courrons , nous arriverons au terme de l'éternité bienheureuse où nous conduise, etc.

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