‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 3)Chapitre 133 sur 139 · SUR LES FAUX TEMOIGNAGE» RENDUS CONTRE JESUS -CHRIST · texte numérisé non relu

SUR LES FAUX TEMOIGNAGE» RENDUS CONTRE JESUS -CHRIST

Sujet, Plusieurs rendaient de faux témoignages contre Jésus, et tous ces témoignages ne

s'accordaient point.

Voilà ce qui nous arrive à nous-mêmes en tant de médisances que nous faisons du prochain.

Division. Désordre de la médisance en celui qui la fait , et qui souvent ne se rend pas moins coupable que ces faux accusateurs qui témoignent contre Jésus-

7iS ÀNALTSEi DES SEKMOIfl.

Christ, première partie. Désordre de la médisance en celui qui l'écoute, et qui souvent n'est pas moins condamnable que Caiphe et que tout son conseil , qui prêtent si volontiers l'oreille aux accusations formées contre Jésus-Christ , deuxième partie.

Première partie. Désordre de la médisance en celui qui la fait, et qui souvent ne se rend pas moins coupable que ces faux accusateurs qui témoignent contre Jésus-Christ. Ces accusateurs du Fils de Dieu avancent contre lui mille impostures : et rien ne nous est plus ordinaire dans nos médisances, que d'y mêler des faussetés : car il n'y a guère de médisanct^s où la vérité ne soit blessée en quelque manière. Si ce n'est pas toujours à l'égard du fond des choses , c'e^t au moins à l'égard des circonstances.

Ces accusateurs du Fds de Dieu veulent le noircir dans l'esprit de ses juges et le faire condamner; et l'injustice de la médisance est de s'attaquer à la réputation d'autrni, et de la détruire dans l'estime publique. Injustice d'autant plus griève, qu'elle ravit au prochain, de tous les biens naturels, le plus précieux, le plus délicat , le plus difficile à conserver et à réparer, qui est l'honneur.

Ces accusateurs du Fils de Dieu n'agissaient que par passion ; et le principe le plus commun de tant de médisances où Ton se porte, n'est-ce pas une secrète passion qui nous anime? C'est une vengeance outrée, une haine envenimée , une aveugle antipathie , une jalousie mortelle, un esprit d'intérêt , une humeur chagrine et critique , un zèle mal entendu, une envie démesurée de parler, «ne légèreté indiscrète et sans réflexion.

Deuxième partie. Désordre de la médisance en celui qui l'écoute, et qui souvent n'est pas moins condamnable que Caiphe et tout son conseil, qui prêtent si volontiers l'oreille aux accusations formées contre Jésus-Christ. Ecouter volontairement la médisance et sans nécessité , c'est y participer, c'est la favoriser et la fomenter. Or participer à un péché , le favoriser et le fomenter, c'est sans contredit un péché. Si chacun faisait son devoir à l'égard du médisant , et qu'on refusât de l'entendre, il serait obligé de se taire.

Voilà néanmoins de quoi l'on ne se fait nul scrupule. Content de n'être point auteur de la médisance , on ne compte pour rien de l'écouter. On l'écoute avec indifférence , on l'écoute avec complaisance , on Técoute par un respect humain et une lâche condescendance, on l'écoute par une vaine curiosité; et ce qu'il y a de plus criminel , on l'écoute par une secrète malignité.

Préservons-nous donc de la médisance , comme du poison le plus mortel , soit pour celui qui la fait, soit pour celui qui Técouie. Quels maux ne cause-t-clle pas? Du reste , si elle nous attaque , imitons la patience de Jésus-Christ.

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