‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 5)Chapitre 15 sur 164 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il n'y a que Dieu qui essentiellement et par lui-même ait une légitime autorité pour juger les hommes, parcequ'il n'y a que Dieu qui soit le créateur, et par conséquent le souverain et le maître des hommes : vérité incontestable , et si universelle, que Jésus-Christ même , en qualité d'homme , n'auroit pas le pouvoir de juger le monde comme nous apprenons de l'Évangile qu'il le doit juger , si ce pouvoir ne lui avoit été donné de son Père. Seigneur , disoit David par un esprit de prophétie, donnez au roi votre jugement. Le texte hébraïque porte : Donnez au roi votre puissance, pour juger le peuple que vous lui avez confié : Deus , judicium tuum régi da (Psal. 71); comme s'il eût dit : Ce jugement, mon Dieu, n'appartient qu'à vous; mais faites-en part à celui que vous avez choisi : et puisque vous l'avez établi roi, commettez-lui votre justice, afin qu'il l'exerce en votre nom : Et justitiam tuam fdio régis. Je sais , Chrétiens , que ces paroles du Psaume peuvent être entendues de Salomon, en faveur duquel David faisoit à Dieu cette prière; mais je sais aussi que tous les Pères de l'Église les ont expliquées de Jésus-Christ , et que les Juifs mêmes, suivant leur tradition , les rapportoient à la personne du Messie , dont Salomon n'étoit que la figure. Quoi qu'il en soit , dit saint Augustin , il est de la foi que jamais le Sauveur du monde ne jugera les vivants et les morts qu'en vertu de la commission qu'il en a reçue : Pater omne judicium dédit Filio (Joan. , 5); que comme il n'a point pris de lui-même la qualité glorieuse de pontife, aussi ne s' estil point attribué celle de juge; qu'il a voulu, ou, pour parler plus exactement , qu'il a dû être spécialement appelé à cet important ministère ; et que , sans la vocation divine, tout grand , tout sage, tout saint qu'il est , il n'en feroit jamais nul exercice : ainsi lui-même dans l'Écriture s'en déclare-t-il. Or, de là, mes chers auditeurs, je tire d'abord un argument invincible contre l'abus des jugements téméraires ; car que faisons-nous quand , au mépris de cette règle , nous nous donnons la liberté de juger le prochain? Nous attentons sur l'autorité de Dieu , nous entreprenons sur ses droits , nous nous donnons ou nous prétendons nous donner un pouvoir qu'il s'est réservé , et qui lui est propre; ce que Jésus-Christ ne fera que comme délégué de son Père céleste , nous le faisons de notre chef ; ce que Dieu par privilège lui a accordé comme à son Fils, nous l'usurpons impunément et sans litre. Et voilà , dans la doctrine de saint Paul , le premier principe sur quoi est fondée la témérité de la plupart des jugements des hommes. Car , qui êtes-vous , disoit ce grand apôtre , pour juger et pour condamner le serviteur d'autrui? Tu quis es, qui judicas alienumservum (Rom., 14J? S'il tombe ou s'il demeure ferme, ce n'est point à vous d'en connoître ; c'est à celui dont il dépend , et

qui comme maître est son juge : Domino suo stat mit cadit (Rom., \4). C'est-à-dire, selon la paraphrase desaint Chrysostome, pourquoi jugezvous ce qui ne vous regarde pas ; et pourquoi vos vues s'étendent-elles hors des limites où l'ordre de la Providence et votre condition vous renferment? Cet homme dont vous censurez la conduite, et dont vous condamnez peut-être non seulement les actions , mais les intentions, est-il votre sujet? Avez-vous dans le monde quelque supériorité sur lui? Rendrez-vous compte de sa vie? En devez-vous répondre ù Dieu? Si cela est, je consens que vous en jugiez ; et mon soin alors seroit de vous apprendre la manière dont il faudroit procéder, l'esprit et la charité qu'il y faudroit apporter, les mesures de prudence qu'il y faudroit garder. Mais puisque vous reconnoissez vous-même qu'il n'est rien de tout cela , et que la personne dont vous formez ces jugements désavantageux n'est point soumise à votre direction , que vous n'en êtes point chargé , et que, ni devant Dieu ni devant les hommes, vous n'en devez point être responsable, pourquoi de vous-même vous ingérer dans sa cause? Abandonnez-la à son juge naturel , et respectez dans votre frère le droit qu'il a de n'être jugé que de Dieu , ou du moins de ceux que Dieu a commis pour veiller sur lui. S'il fait bien , vous pouvez par-là participer à son mérite; et s'il fait mal, le blâme n'en retombera pas sur vous. Mais si vous le condamnez , quoi qu'il fasse , vous vous rendez vous-même criminel ; car s'il fait bien , et que vous en jugiez mal, vous commettez à son égard une injustice; et s'il fait le mal même pour lequel vous le condamnez, vous commettez une autre injustice envers Dieu , parcequ'en le condamnant et en le jugeant, vous vous attribuez le pouvoir de Dieu.

Voilà le grand principe que nous devons suivre , et une des leçont les plus ordinaires que faisoit saint Paul aux premiers chrétiens. Pourquoi? réflexion importante de saint Chrysostome : c'est qu'un des premiers désordres qui s'éleva dans l'Église et qui divisa les chrétiens , fut la liberté de juger. Les iidèles circoncis méprisoient les Gentils qui ne l'étoient pas, et les Gentils convertis tenoient pour suspects les fidèles qui vouloient encore se distinguer par la circoncision. Ceux qui s'abstenoient des viandes condamnoient ceux qui en usoient, et ceux qui en usoient censuroient ceux qui s'en abstenoient. De là les dissensions et les troubles ; et c'est pour cela même que l'Apôtre , animé d'un zèle ardent pour l'unité et pour la paix , leur disoit sans cesse : Non ergo amplius invicem judicemus (lbid.) : Mes Frères , ne nous jugeons donc plus les uns les au 1res ; et par quelle raison ? point d'autre que celle-ci : Omnes enim stabimus ante tribunal Christi (lbid.); Parcequ'il y a un tribunal où nous devons tous comparoître , qui est le tribunal de Jésus-Christ. Quelle conséquence ! elle est juste et solide. C'est-à-dire que tous les tribunaux particuliers que les hommes s'érigent de leur autorité propre pour juger le prochain sont des tribunaux incompétents, des tribunaux sans juridiction, et par

conséquent des tribunaux dont Dieu annulle et réprouve les arrêts. Ce pouvoir de juger les hommes, surtout déjuger les cœurs et les consciences des hommes, n'a été donné qu'à Jésus-Christ seul; et tout autre que Jésus-Christ qui se l'arrogé, fût-il un ange et le plus éclairé d'entre les esprits bienheureux , doit être censé usurpateur. C'est donc une espèce d'attentat contre le Fils de Dieu que de juger votre frère, parceque c'est, dit saint Jérôme, ôter à Jésus-Christ la prérogative dont il est en possession : Fratrem ergo quisquis judicat, Christipalrnam assumit (Hieiion.). Et en effet, poursuit le même Père, que réservons-nous au jugement de ce Dieu-Homme , s'il nous est permis de juger indifféremment de tout? Si unusquisque de proximo judicamus,ecquid Domino reservamus (Ibid.)?

Vous me direz que le Sauveur du monde s'est engagé à nous solennellement de nous faire asseoir avec lui sur le tribunal de sa justice , et qu'une des récompenses qu'il nous propose est d'avoir part un jour à ce jugement universel , où sa qualité de Rédempteur lui donne droit de présider : Sedebilis et vos judicantes (Matth., 19). Or saint Paul expliquant cette promesse en a étendu l'effet non seulement à tous les hommes apostoliques , mais généralement a tous les chrétiens, et en particulier à ceux qui peuvent se rendre témoignage d'avoir été fidèles à Jésus-Christ : An nesciiis quoniam sancti de hoc mundo judicabunt (\. Cor., 6)? Ne savez-vous pas, disoit-il aux Corinthiens, que les Saints jugeront le monde : et parlant ensuite à tous : Nescitis quoniam angelos judicabimus ; quanlo macjis scecularia (Ibid.)? Ne savez-vous pas, mes Frères, ajoutoit-il, que nous devons juger les anges mêmes? Or, s'il est vrai que nous jugerons les anges, combien plus est-il vrai que nous jugerons les hommes du siècle? H reconnoissoit donc en nous un titre pour juger; et la manière dont il s'exprime marque qu'iî le supposoit comme un titre évident et incontestable : Nescitis quoniam judicabimus ? Voilà ce que saint Augustin s'est opposé à lui-même, en traitant ce point de morale. Mais écoutez l'excellente conclusion qu'il en tiroit pour confirmer la vérité que je vous prêche. Eh bien! mes Frères, disoitce saint docteur, tenons-nous-en au principe de saint Paul. Il est vrai que nous serons un jour assis avec Jésus-Christ pour juger ; mais cela étant , ne le prévenons donc pas, ce souverain juge; ne soyons donc pas plus prompts que lui : puisque c'est alors qu'il nous communiquera son pouvoir , attendons qu'il nous en ait fait part, et attendons-le avec humilité et avec patience. En un mot, selon la maxime de l'Apôtre même, ne jugeons point avant le temps, ni avant la venue du Seigneur : N otite ergo ante tempus judicare, quoadusque veniat Dominus (1. Cor., 4). Car il seroit bien étrange que nous, qui ne sommes que des juges subalternes, nous voulussions juger avant Jésus-Christ, qui est le juge supérieur.

Or prenez garde, reprend admirablement saint Augustin, tant que Jésus-Christ a demeuré sur la terre, quelque souveraineté qu'il eût, il

ne Ta jamais employée à juger les pécheurs. Il les a excusés, il les a supportés, il les a défendus, il leur a fait grâce, il les a consolés, il les a aimés ; mais il ne les a point jugés. Que dis-je? il a même protesté hautement qu'il n'étoit point venu pour les juger : N on venit Filins Hominis utjudicet mundum (Joan., 5). De deux offices, celui de sauveur etcelui déjuge, il a fait le premier tandis qu'il étoit parmi nous; et il a remis le second à la fin des siècles, quand il viendra dans l'éclat de sa majesté. Sommes-nous plus autorisés que lui? avons-nous une juridiction plus étendue? Contenons-nous donc dans les bornes qu'il a voulu lui-même se prescrire. Pendant cette vie, aimons nos frères comme il les a aimés, supportons-les comme il les a supportés, excusons-les comme il les a excusés, défendons-les comme il les a défendus, compatissons à leurs foiblesses comme il y a compati ; et puis nous les jugerons un jour avec lui. lime semble que cette condition nous doit suffire. Mais'quenous anticipions le jugement de notre Dieu; que dans un temps où il n'a fait que miséricorde, nous entreprenions indiscrètement de faire justice : de quelque motif que nous puissions nous flatter, c'est une présomption et un orgueil. Dieu nous ditpar la bouche de son Prophète : Ciimacceperotempus, egojustitias judicabo (Ps. 74); Lorsque le temps que j'ai marqué sera venu, alors je jugerai : pour nous faire entendre qu'à son égard même il y a un temps déjuger et un temps de pardonner : Tempusjudicandi et tempus miserendi. Et nous, dit saint Grégoire pape, par une témérité insoutenable, nous voulons juger en tout temps. Avant que Dieu ait pris le sien, nous prenons le nôtre; et nous le prenons parcequ'il nous plaît, et comme il nous plaît.

Désordre universellement condamné de Dieu, mais spécialement condamnable lorsque nous nous attaquons aux puissances mêmes; que nous osons juger ceux mêmes de qui nous dépendons, ceux que Dieu a établis pour nous conduire, ceux qu'il nous a donnés pour maîtres et pour pasteurs, les prélats et les ministres de l'Église : pourquoi? parcequ'il y a dans eux un caractère que nous devons singulièrement respecter, et à quoi nous ne pouvons toucher sans blesser Dieu jusque dans la prunelle de son œil , suivant cette parole de Zacharie : Quitetigeritvos, tanget pupiUam ocuii mei(Z\CRAR.y 2). C'est pourquoi il nous en fait encore ailleurs une défense si expresse : Nolite tangerechristos meos, et inprophetis mets nolite malignari (Ps. 104): Ne touchez point à ceux qui sont les oints du Seigneur, et gardezvous d'exercer sur eux la malignité de vos jugements. Désordre essentiellement opposé à cette subordination dont Dieu est l'auteur, et par conséquent le conservateur et le vengeur; puisque du moment que je censure la vie et la conduite de quiconque est au-dessus de moi, je m'élève au-dessus de lui, je me fais le juge de mon juge, et par-là je renverse l'ordre où Dieu m'avoit placé, et je m'expose aux suiies malheureuses que l'Apôtre nous fait|craindre d'un tel renversement. Désordre qui affaiblit et qui énerve, disons mieux, qui ruine et qui anéan-

tit l'obéissance des inférieurs : car il est impossible que cette facilité à juger et à juger mal ne produise peu à peu un secret mépris de celui même dont on juge, et que ce mépris ne fasse naître les contradictions, les murmures, les révoltes de l'esprit et du cœur; d'où il arrive qu'on n'a plus, dans les sociétés les plus réglées, qu'une obéissance extérieure, qu'une obéissance politique, qu'une obéissance sans mérite, parceque ce n'est point une obéissance chrétienne.

Je sais, mes chers auditeurs, ce que vous avez coutume de répondre : que ce qui vous engage presque malgré vous à juger de la sorte, ce sont les imperfections et les défauts, ou, si vous voulez, les dérèglements et les excès de ceux que Dieu a constitués en dignité; qu'en condamnant leurs actions, vous ne laissez pas d'honorer leur ministère; et que vous n'en pensez mal, que parcequ'ils se comportent d'une manière à ne pouvoir en bien penser. Tel est le langage du monde : mais je sais aussi que cela ne vous justifie pas, et que quand Dieu, dans l'Exode, a prononcé cet oracle en forme de loi : Dits non detralies (Exod., 22) ; Vous ne jugerez ni ne médirez point des dieux de la terre, c'est-à-dire des puissances ou spirituelles ou temporelles, il n'a point fait cette précision du ministère et de la personne, parcequ'il prévoyoit que le mépris de l'un seroit toujours suivi du mépris de l'autre, et que les hommes n'auroient jamais un discernement assez équitable pour respecter sincèrement le ministère et la dignité, tandis qu'ils seroient prévenus contre le sujet qui s'en trouve revêtu. En effet, de tout temps les personnes élevées aux premières places, les magistrats, les princes, les pasteurs des âmes, ont eu leurs vices et leurs passions : ce sont des hommes qu'il n'a pas pîu à Dieu de rendre impeccables, et dont les erreurs et les foiblesses , dans le dessein de sa providence, doivent même servir à l'exercice de notre foi et de notre humilité. Mais pour cela il n'a jamais été permis aux particuliers de s'ériger en censeurs de leur vie, beaucoup moins de leur gouvernement et de leurs ordres. Voilà néanmoins l'abus du monde. Constantin, quoique empereur, ne voulut point, par maxime de religion, juger les évêques sur les accusations et les plaintes qu'on formoit contre eux; mais aujourd'hui des hommes sans nom, par un zèle aussi faux qu'il est téméraire, jugent hardiment des évêques et des empereurs. Ce prince se fit un point de conscience de couvrir, pour ainsi dire, de sa pourpre royale la honte des ministres de Jésus-Christ : maintenant on se pique, je ne dis pas de la remarquer et de la révéler, mais de l'imaginer sur les plus foibles conjectures, de la supposer, de l'assurer comme un fait évident et incontestable. Qu'un homme soit le plus accompli et le plus irrépréhensible, et qu'on le mette comme la lumière sur le chandelier; tout accompli et tout irrépréhensible qu'il peut être, on en jugera ; et, à force de l'observer, on y découvrira, ou l'on croira y découvrir des taches. Vous diriez que cette impunité avec laquelle on juge et l'on condamne soit une espèce de con-

solation, dans la nécessité où l'on se trouve d'obéir aux grands et d'en dépendre. Mais malheur à nous si nous raisonnons ainsi ! malheur, si nous écoutons un chagrin bizarre, qui nous porte toujours à contrôler ceux que Dieu a mis sur nos têtes, au lieu de nous en tenir à la grande règle d'une soumission respectueuse et humble ! car Dieu, pour réprimer cette licence, a des châtiments qu'il sait faire éclater sur les coupables quand sa justice le demande. Marie, sœur de Moïse, l'éprouva, et sentit bien la grièveté du crime qu'elle avoit commis dans le jugement qu'elle fit de son frère. La lèpre dont elle fut couverte, l'excommunication dont elle fut frappée, et qui la sépara sept jours entiers du camp des Hébreux, furent les marques authentiques de la colère divine; et plaise au ciel que nous en soyons quittes nous-mêmes pour des peines temporelles! Ne dites point que tous les conducteurs du peuple de Dieu ne sont pas des Moïses, que ce ne sont pas des hommes parfaits, dont Dieu prenne également les intérêts et la cause en main. Saint Pierre vous répond que Dieu s'intéresse pour tous, et que les imparfaits et les vicieux sont aussi bien sous sa protection contre les censeurs présomptueux de leur conduite, que ceux dont la vie exemplaire est à couvert de tout reproche : pourquoi? pareequ'en qualité de supérieurs et de maîtres, ce sont les ministres et les lieutenants de Dieu, et que, par une suite nécessaire, il nous ordonne de l'honorer lui-même dans eux : Non tantùm bonis et modestis, sed etiam dyscolis (I.Petr.,1). J'avoue que, pour les contenir dans leur devoir, Dieu permet cette injuste liberté qu'on se donne de les censurer; c'est un bien pour eux : mais malheur à celui par qui ce bien arrive, puisque c'est un de ces biens que Dieu, par la disposition de sa sagesse, ne tire que des plus grands maux, et qu'il ne peut contribuer à corriger l'un sans pervertir et dérégler l'autre !

C'est donc ici, Chrétiens, qu'il faut nous appliquer cette conclusion du Fils deDieu : Nolitejudicare, ut non judicemird (Matth., 7); Ne jugez point, et vous ne serez point jugés. Est-il vrai, Seigneur, demande saint Bernard, que cela seul puisse nous délivrer de votre redoutable et inflexible jugement? ou plutôt, est-il vrai que ce soit assez pour paroître avec confiance devant votre adorable tribunal? Quoi! ce jugement qui fait trembler les Saints, et dont l'idée seule a causé les plus mortelles frayeurs aux Hilarion et aux Jérôme; ce jugement où nous devons être pesés dans la balance rigoureuse du sanctuaire, n'aura pour nous rien de terrible, et il ne tiendra qu'à nous, en observant cette loi, de ne plus craindre les arrêts de votre justice? Après cela plaignons-nous de la sévérité de notre Dieu; et lorsque nous avons Jésus-Christ même pour garant de la promesse qu'il nous fait, serons nous assez ennemis de nous-mêmes pour en perdre tout le frui<? iVo/ite judicare, ut nonjudicemini. Poursuivons : non seulement on juge sans autorité, mais encore sans connoissance; autre défaut dont j'ai à parler dans la seconde partie.

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