ÉMERAUDE
L’émeraude, qui, par son brillant éclat et sa couleur suave a toujours été regardée comme une pierre précieuse, doit néanmoins être mise au nombre des cristaux du quartz niélé de scliorl : I" parce que sa densité est moindre d'un tiers que celle des vraies pierres précieuses, et qu’en même temps elle est un peu plus grande que celle du cristal de roche (1);
« habcant, sed ut repcrcussii parietum etidant : optimnquR qiuT; maximos amis facit, simillimosque cœlestibus. « Lib. XXXVII, n” i>2.
(I) F.a pesanteur spéi'ilique de rémeraudedu Pérou est de 27735, et celle du cristal de roebe de 21)3'fS. Table de M. Brisson.
2“ parce que sa diirelé n’esl pas coniparaMo à celle du rubis, de la topaze et du saphir d’Oricnl, i)uisque réuuraiule u’esi guère plus dure que le cristal; 3" parce que celle pierre, mise au foyer du miroir ardent se fond et se convertit en une masse \itrcuse; ce qui prou\e (|ue sa substance quartzcuse est mêlée de fcld-spath ou de schorl (1), qui l’ont rendue fusible; mais la densilé du feld-spath étant moindre <[ue celle du cristal, et celle de l’émeraude étant plus grande, on ne peut attribuer qu’au mélange du schorl celte fusibilité de lemeraude; 4" parce que les émeraudes croissent, comme tous les cristaux (2), dans les fentes des rochers vitreux (3) ; eulin, parce (lUC l’émeraude a, comme tous ces cristaux, une double réfraction : elle leur ressemble donc par les caractères essentiels de la densité, de la dureté, de la double iH'’»*;tion- et comme l’on doit ajouter à ces propriétés celle de la fusibilité, nous nous croyons bien fondés à séparer l’cmeraude des vraies jiierrcs précieuses, et à la mettre au nombre des produits du quartz mêle de
schorl. ' . ...
Les émeraudes, comme les autres cristaux, sont fort sujettes a être
glaceuses ou nuageuses; il est rare d’en trouver d’un certain volume qui soient totalement exemptes de ces défauts : mais quand celte pierre est parfaite, rien n’est plus agréable (pie le jeu de sa lumière; comme rien n’est plus gai que sa couleur, plus ami de l’œil qu’aucune autre (4). La vue se repose, se délasse, se récrée dans ce beau vert qui semble offrir la miniature des prairies au printemps. Jja luniière quelle lance en rayons aussi vils que doux semble, dit Pline, brillanler lair qui l’environne, et teindre par son irradiation l’eau dans laquelle ou la plonge (3); toujours belle, toujours éclalante, soit quelle pétille sous le soleil, soit qu’elle luise dans l’ombre ou qu’elle brille dans la nuit aux lumières qui ne lui font rien perdre des agréments de sa couleur dont le vert est toujours pur ((>).
(1) L’cmeraude exposée au foyer lenticulaire s’y est fondue et arrondie en trois minutes; elle est devenue d’un bleu terne avec quelques taches tdancliàtres. Cette expérience a été laite avec la lentilleà l’esprit-de-viiide M.de Bcrnicres. Voyez la Gazette des Arts, du 27 juin 1//6.
(2) La gangue de la mine d’or de Mexquitcl, au Mexique est un quartz dans lequel se trouvent des cristaux d’émeraude, lesquels même contiennent des grains d’or. Bowles, Histoire naturelle d’Espagne.
(ô) On trouve les émeraudes au long des rochers où elles croissent, et viennent a peu près comme le cristal. Voyages de Uohert Sade, tome 1, pages îiü et ri7. Paris, 174f.
(4) Une belle éincrande se monte sur noir eoinme les diamants blancs; elle est la seule pierre >lc couleur qui jouisse de cette prérogative, parce que le noir, bien loin d’altérer sa couleur a vend plus riche et plus veloutée, au lieu que le contraire arrive avec toute autre pierre de eouleur.
(o) C’est la remarque de Théophraste (Lap. et Gemm., u” 44) sur quoi les commentateurs sont tombés dans une foule de doutes et de méprises, chercliant mal à propos comment l’emcrandc pouvait donner à l’eau une teinture verte, tandis que Théophraste n’entend parler que Ju i‘L*flei4Îe la luinîùrt* (|u’elUî y réptinti-
(0) <■ Nnlliiis coloris aspectus jucnndior est ; nam berbas qnoqnc virenles fronilesque avide
ns HISTOIRE NATURELLE
Aussi les anciens, au rapport de Théophraste ( ), se plaisaient-ils à porter l’énieraude en bague, afin de s’égayer ta vue par son éclat et sa couleur suave; ils la taillaient, soit en cabochon pour faire flotter la luniièrc, soit en table pour la réfléchir comme un miroir, soit en creux réguliei-, dans lequel, sur un fond ami de l’œil, venaient se peindre les objets en raccourci ('2).£’est ainsi que l’on peut entendre ce que dit Pline d’un empereur qui voyait dans une émeraude les combats des gladiateurs : réservant l’émeraude à ces usages, ajoute le naturaliste romain, et respeclanl ses beautés naturelles, on semblait être convenu de ne point l’entamer par le burin (â). Cependant il reconnaît lui-même ailleurs que les Grecs avaient quelquefois gravé sur cette pierre (4), dont la dureté n’est en effet qu’à peu près égale à celle des belles agates ou du cristal de roche.
Les anciens attribuaient aussi quelques propriétés imaginaires à l’émeraude; ils croyaient que sa couleur gaie la rendait propre à chasser la tristesse, et faisait disparaitre les fantômes mélancoliques, appelés mauvais esprits par le vulgaire. Ils donnaient de plus à l’émeraude toutes les prétendues Aerlus des autres pierres pi-écieuscs contre les poisons et différentes maladies; séduits par l’éclat de ces pierres brillantes, ils s’étaient plu à leur imaginer autant de vertus (jue de beauté; mais au physique comme au moral, les qualités extérieures les plus brillantes ne sont pas toujours l’indice du mérite le plus réel. Les émeraudes réduites en poudre et prises intérieurement ne peuvent agir autrement que comme des poudres vitreuses, action sans doute peu curative et même peu salutaire; et c’est avec raison que l’on a rejeté du nombre de nos remèdes d’usage , cette poudre d’émeraude et les cinq fragments précieux, autrefois si fameux dans la médecine galénique.
« spectamus : smaragdos vero tanto libenlius quoniam nihil omiiiiio viridius comparalum illis « viret. Prærerea soli gemmarum conluitu oculos implciit ncc satiant ; quin et ab iiitcntione Il alia obscurata aspoctu smaragdi rccreatur acics... Ita viridi lenitatc lassitudinem nmlcont.
<1 Præterea louginquo amplificantiir visu, inficicntcs circa se repercussiim aëia; non sole Il mulati, non umbra, non lucernis, semperque sensim radiantes cl visnm adniiltenles. » Plin., lib. XXXVII, U" 10.
(1) Lap. et Gemm,, n“ ii.
(2) « Plcpumqiie concavi ut visnm colligant... Quorum vero corpus cxleusum est, cadem « qua spécula ratione superi imagines reddunt. Nero princeps gladiatorum pugnas speetabat « smaragdo. » Plin., lib. XXXVII, n“ 16.
(.3) « Quapropter dccreto lioininum iis parcitur scaipi vetitis. « I.oco cit.
({.) Livre XXXVII, n°ô, il parte de deux émeraudes, sur ebacunc desquelles était gravée Aniymone, l’une des Danaïdes ; et dans le même livre de son Histoire naturelle, 11“ 4, il rapporte la gravure des émeraudes à une époque qui répond, en Grèce, au l'ègne du dernier des Taïquins. — Selon Clément Alexandrin , le fameux cachet de Polycratc était une émeraude gravée par Théodore de Samos (B. Clein. Alex. Pa;dag., lib. III). ~ Lorsque Lucullus, ce Romain si célèbre par ses richesses et par son luxe, aborde à Alexandrie, Ptolomée, occupé du soin de lui plaire, ne trouve rien de plus précieux à lui oll'i'ir qu’une émeraude sur laquelle était gravé le portrait du moiiaïque égyptien. Plut., in Liiciill.
Je ne me suis si fort étendu sur les propriétés réelles et imaginaires de l’émeraude, que pour mieux démontrer qu’elle était bien connue des anciens ; et je ne conçois pas comment on a pu de nos jours révoquer en doute l’existence de cette pierre dans l’ancien continent, et nier que l’antiquité en eût jamais eu connaissance; c’est cependant l’assertion d’un auteur récent (1), qui prétend que les anciens u avaient pas connu l’émeraude, sous ju'étexte que dans le nombre des pierres auxquelles ils ont donné le nom de smaragdus , plusieurs ne sont pas des émeraudes : mais il n’a pas pensé que ce mot srnaragdus élait une dénomination générique pour toutes les pierres vertes, puisque Pline comprend sous ce nom des pierres opa(jues qui semblent n’étre que des prases ou même des jaspes verts; mais cela n’einpèclie pas que la véritable emeraude ne soit du nombre de ces stnaragdas des anciens : il est même assez étonnant que cet auteur, d’ailleurs très-estimable et fort instruit, nait pas reconnu la véritable émeraude aux traits vifs et brillants, et aux caiactères très-distinctifs sous lesquels Pline a su la dépeindre, ht pourquoi chercher à atténuer la force des témoignages en ne les rapportant pas exactement? Par exemple, l’auteur cite Théophraste comme ayant parlé d’une émeraude de quatre coudées de longueur, et d un obélisque d énieraude de quarante coudées : mais il n’ajoute pas ((ue le naturaliste grec témoigne sur ces faits un doute très-marqué, ce qui prouve qu’il connaissait assez la véritable émeraude [»our cire bien persuadé quon n’en avait jamais \'u de celte grandeur, hn etfet, Théophraste dit en propres termes que Y émeraude est rare, et ne se trouve jamais en grand volume, « à moins, ajoute-t-il, qu’on ne croie aux Mémoires égyptiens, « qui parlent d’émeraude de quatre et de quarante coudées. » Mais ce sont choses, continue-t-il, qu’il faut laisser sur leur bonne foi; cl à l’égard de la colonne tronquée ou du cippe d’émeraude du temple d’IIercule à Tyr, dont Hérodote fait aussi mention, il dit que c’est sans doute une fausse émeraude (2). Nous conviendrons, avec M. Dutens, que des dix ou douze sortes de smaragdes, dont Pline fait 1 énumération, la plupait ne sont en effet que de fausses émeraudes; mais il a dû voii , comme nous, que Pline en distingue trois comme supérieures à toutes les autres (3). Il est donc évident que dans ce grand nombre de pierres aux-
(!) M. Dutens.
(2) » Nisi forte pseudosraaragdiis sit. » De L.ipid., page 87.
(3) La prcmiLM-c est l’émeraude nommée par les anciens jnVrre de Seyihie, et qu’ils ont dit être la plus belle do toutes. La sceoude, qui nous parait èire aussi une émeraude véritable est la 6ar/no,.e, à laquelle Pline attribue la même dureté et le meme éclat qu’à l’émeraude scytliiqne, mais qui , ajoute-t-il , est toujours fort petite. La troisième, qu’il nomme eWaude de Coptos, et qu’il dit cire en morceaii.v assez gros , mais qui est moins parfaite, moins transparente et n’ay.int pas le vif éclat des deux premières. Les neuf autres sortes étaient celles de ni'ypre, d’Éthiopie, d’Ilcrminie, de Perse, de Médie, de l’Atlique,de Lacédémone, de Carthage, et ci'llo irArabio, nommée e/inliis... La plupart de celles-ci , disent les anciens eux-mêmes, ne
120 HISTOIRE NATURELLE
fUielles les nneiens donnaieiR le nom générique de smarnrjdox, ils avaient néanmoins très-bien su distinguer et connaitre réineraude véritable qu ils caractérisent à ne pas s’y méprendre par sa couleur, sa transparence et son éclat (I). L’on doit en effet la séparer et la placer à une grande distance de toutes les autres |)ierres vertes, telles que les prases, les fluors verts, les inalacliites, et les autres pierres vertes opaques de la classe du jaspe, auxquelles les anciens appliquaient improprement et génériquement le nom de smaradfjes.
Ce n’élait donc pas d’émeraude, mais de quelques-uns de ces faux et grands smaradrjes, qu’étaient faites les colonnes et les statues prétendues d’émeraude dont parle l’antiquité (2) ; de même que les très-grands vases ou morceaux d’émeraude que Ton montre encore aujourd’hui dans quelques endroits, tels que la grande jatte du trésor de Gênes (5), la pierre verte pesant vingt-neuf livres, donnée par Charlemagne au couvent de Reicheneau prés de Constance (4), ne sont que des prismes ou des prases, ou même des verres factices : or, comme ces émeraudes supposées ne prouvent rien aujourd’hui contre l’existence de la véri-
méritaieiit pas le nom d’émeraudes, et n’étaieiit, suivant l’expression de Tliéopliraste, que de fausses émeraudes, pseudosMiurapd*, il"» 43 et 4(1 On les trouvait communément dans les environs des mines de cuivre, circonstance qui peut nous les faire regarder comme des fluors verts, ou peut-être même des malachites.
(1) A’oycz Théophraste, n° 44, et Pline, liv. XXXVII, n» 16.
(2) Telle était encore la statue de Minerve , faite d’émeraude, ouvrage fameux de Dipoenus et Scyllis. V. Jun. do Pict. vct.
(3) JI. de La Condamine , qui s’est ti ouvé à Gênes avec JIM. les princes Corsini, pctils-
neveux du pape Clément XII, a eu par leur moyen occasion d’examiner altentivement ce vase à la lueur d’un flambeau. La couleur lui en a paru d'un vert très-foncé ; il n’y aperçut pas la moindre trace de ces glaces , pailles , nuages et autres défauts île transparence si communs dans les émeraudes et dans toutes les pierres précieuses un peu grosses, même dans le cristal de roche; mais il y distingua très-bien plusieurs petits vides semblables à des bulles d’air de forme ronde ou ohlonguc, telles qu’il s’en trouve communément dans les cristaux ou verres fondus, .soit blancs, soit colorés
Le doute de, M. de La Condamine sur ce vase soi-disant d’émeraude n’csl pas nouveau. Il est, dit-il, clairement indiqué par les expressions qu’employait Guillaume, .archevêque de Tyr, il y a quatre siècles, en disant qu’ù la prise, de Cèsarèe, ce vase échut pour une grande somme d’urgent aux Génois, gui le crurent d’émeraude, et qui le montrent encore comme tel et comme miraculeux aux vogageurs. Au reste, continue l’auteur, il ne tient qu’à ceux à qui ces soupçons peuvent déplaire, de les détruire s’ils ne sont pas fondés. Jlémoires de l’Académie des Sciences, année 1737, pages 340 etsuiv.
(4) On me montra (à l’abhaye de Heiehenan, près de Constance) une prétendue émeraude d’une prodigieuse grandeur : elle a quatre côtés inégaux dont le plus petit n’a pas moins de neuf pouces et dont le plus long a près de deux pieds; son épaisseur est d’un pouce, et son poids de vingt-neuf livres. Le supérieur du couvent l’estime cinquante mille florins ; mais ce pi'ix se réduirait à bien peu, si, co.mme je le présume cette émeraude n’était autre chose qu’un spath fluor transparent d’un assez beau vert. Lettre de M. Villiam Coxe, sur l’Ktat de la Suisse, page 21.
UES MINÉHAUX. 121
table émeraude, ces memes erreurs dans l’antiquité ne prouvent i)as davantage.
D’après tous ces faits, comment peut-on douter de l’existence de l’émeraude en Italie, en Grèce et dans les autres parties de l’ancien continent, avant la découverte du nouveau? Comment d’ailleurs se prêter à la supposition forcée que la nature ait conservé exclusivement à lAméri(pie cette production qui peut se trouver dans tous les lieux où elle a formé des cristaux? et ne devons-nous pas être circonspect lorsqu il s’agit d’admetlre des faits extraordinaires et isolés, comme le serait celubci? .Mais, indépendamment de la multitude des témoignages anciens, qui prouvent que les émeraudes étaient connues et communes dans 1 ancien continent avant la découverte du nouveau, on sait par des observations récentes qu’il se trotn e aujourd’hui des émeraudes en Allemagne (1), en Angleterre, en Italie; et il serait bien étrange, quoi qu’en disent quelques voyageurs, (lu’il n’y en eût point en Asie. Tavernier et Chardin ont écrit que les terres de l’Oi-icnt ne produisaient point d’émeraudes, et néanmoins Chardin, relateur >éridique, convient qu’avant la découverte du INouveau-Monde les Persans tiraient des émeraudes de l’Egypte, et que leurs anciens ))oëtes en ont fait mention (2) ; que de son temps on connaissait en Perse trois sortes de ces pierres, savoir ; l’émeraude d’Égypte, qui est la plus belle, ensuite les émeraudes riefl/es et les émeraudes nouvelles. Il dit même a\ oir vu plusieurs de ces pierres; mais il n’eu indique pas les différences, et il se contente d’ajouter que quoi(|u’elles soient d’une très-belle couleur et d’un poli vif, il croit en avoir vu d’aussi belles qui venaient des Indes occidentales. Ceci prou- 'erait ce que l’on doit présumer avec raison, c'est que l’émeraude se trouve dans l’ancien continent aussi bien ([uc dans le nouvcîiu, et qu elle est de même nature en tous lieux; mais comme l’on n’en connaît plus les mines en Egypte ni dans l’Inde, et (pie néanmoins il y a^ait beaucouj) d’émeraudes en Orient a\aut la découverte du Nouveau-Monde, CCS voyageurs ont imaginé que ces anciennes émeraudes avaient été apportées du Péi'ou aux Philipiûnes, et de la aux Indes orientales et en Égypte. Selon Tavernier, les anciens Péruviens en faisaient commerce (3)
(1) U est parlé dans qucl([ucs relations d’une lasse d’émeraude de la griiudcur d’une tasse ordinaire, qui est consci-vée à Vienne dans le cabinet de rcinpereur, et que des morceaux •lu’on a ménages en creusant cette tasse, on en a fait une garniture complète pour 1 impératrice. Voyez la relation hislori(|Uc du voyage en Allemagne ; l.yon, 167(1, pages 9 et 10.
(2) Sefi-K.ouli-Kan , gouverneur d’Irivan, m’apprit que, dans les poètes persans, les émeraudes (le vieille roche .sont appebtes c-mcrtiudes d’/im/ple , n 'l"’»" t'™! ‘l't’d V otr avait une «line en Égypte, qui est à présent jierdue. Voyage du Chardin, etc. I.ondia's, 16.S6, p. ’26i.
(ü) l’ourec qui est enlln de l’émeraude, c’est une erreur ancienne de bien des gens, de croire •ni’clle se trouve originairement dans l’Orient, parce qu’avant la découverte de l’Amérique l’on n’en pouvait autrement juger ; cl même encore aujourd’hui, la plupart des joadlicrs cl orfèvres, d’abord (pi’ils voient une émeraude de couleur haute liiaul sur le noir, sont accoutumés de dire que c’est une émciaudc oiicntale ; je crois bien (|u’avant (|uc l’on eut décou-
UlSTOilVË NATÜIIELLE
avec les habilanls des îles orientales de l’Asie; et Chardin, en adoptant cette opinion (1), dit que les émeraudes qui, de son temps, se trouvaient aux Indes orientales, en Perse et en Égypte, venaient probablement de ce commerce des Péruviens (jui avaient traversé la mer du Sud, longtemps avant que les Espagnols eussent fait la conquête de leur pays. Mais était-il nécessaire de recourir à une supposition aussi peu fondée pour expliquer poiir(|Uoi l'on a cru ne voir aux Indes orientales, en Égypte et en Perse, que des émeraudes des Indes occidentales? La raison en est bien simple; c'est que les émeraudes sont les mêmes partout, et que, comme les anciens Péruviens en avaient ramassé une trèsgrande quantité, les Espagnols en ont tant apporté aux Indes orientales, qu'elles ont fait disparaître le nom et l’origine de celles qui s’y trou-
vert cette partie du monde que l’on ap|ielle vulgairement Icslndcs-Oecidentales, les émeraudes s’apportaient d’Asie en Europe, mais elles venaient des sources du royaume du Pérou; car les Américains, avant que nous les eussions connus, trafiquaient dans les îles Philippines, où ils apportaient de l’or et de l’argent, mais plus d'argent que d’or, vu qu’il y a plus de profit à l’un qu’à l’autre , à cause de la quantité de mines d’or qui se trouvent dans l’Orient ; aujourd’hui encore ce meme négoce continue, et ceux du Pérou passent tous les ans aux Philippines avec deux ou trois vaisseaux où ils ne |tnrlcnt que de l’argent et quelque peu d’émeraudes brutes; et même <lcpuis quelques années ils cessent d’y porter des émeraudes, les envoyant toutes en Europe par la mer du A’ord. L’an 1060, je les ai vu donner à vingt pour cent meilleur marché qu’elles ne vaudraient en France. Ces Américains étant arrivés aux Philippines, ceux de Bengale, d’Araean, de Pegii, de fioa et d’autres lieux y portent toutes sortes de toiles et quantité de pierres en œuvre, comme diamants, rubis, avec plusieurs ouvrages d’or, étoiles de soie et lapis de Perse; mais il faut remarquer qu’ils ne peuvent rien vendre directement à ceux du Pérou , mais à ceux qui résident aux Manilles, et ceux-ci les revendent aux Américains; et même si quelqu’un obtenait la permission de retourner de Goa en Espagne par la mer du Sud, il serait obligé de donner son argent à ijualre-vingts ou cent pour cent jusqu’aux Philippines, sans pouvoir rien acheter, et d'en faire de même des Philippines jusqu’à la Nouvelle-Espagne. C’est doue là ce qui .se pratiquait pour les émeraudes avant que les Indes occidentales fussent découvertes; car elles ne venaient en Euro[ie que par cette longue voie et ce grand tour; tout ce qui n’était pas beau demeurait en ce pays-là , et tout ce qui était beau passait en Europe. Les six Voyages de ïavernicr, etc. Itouen, 1713, tome IV, p. 4-2 et suiv.
(1) Les Persans font une distinction entre les émeraudes comme nous faisons entre les rubis; ils appellent la plus belle émeraude d’Ègyplc , la sorte suivante émeraude vieille, et la troisième sorte émeraude nouvelle. Avant la découverte du Nouveau-Monde, les émeraudes leur venaient d’Égypte, plus hautes en couleur, à ce qu’ils prétendent, et plus dures que les émeraudes d’occident. Ils m’ont fait voir plusieurs fois de ces émeraudes , qu’ils appellent senoroud mesri on de Mieratno, l’ancien nom d’Égypte, cl aussi zemnud usvarie, d'A.waii, ville de la Tliébaïdc, nommée Si/ène par les anciens géogra|>hes ; mais quoiqu’elles me parussent très-belles, d’un vert foncé et d’nn poliment fort vif, il me semblait que j’en avais vu d’aussi belles des Indes occidentales. Pour ce qui est de la dureté, je n’ai jamais eu le moyeu de l’éprouver, et comme il est certain qu’on n’ciilcnd point parler depuis longtemps des mines d'émeraudes en Égypte, il pourrait être que les émeraudes d’Égypte y étaient aj)portécs par le canal de la mer Rouge, et venaient ou dos Indes occidentales par les Philippines, ou ilu royaume du Pégu , ou de celui de Golcoude sur la côte de Coromandel , d’où l’on tire journellement des émeraudes. Voyage de Chardin ; Amsterdam, 1711, tome II, p. 2S.
im MINÉRAUX. i“io
valent auparavant, et que, par leur entière et parfaite ressemblance, ces émeraudes de l’Asie ont été et sont encore aujourd’hui confondues avec les émeraudes de l’Amérique.
Cette opinion, que nous réfutons, paraît nètre que le produit d une erreur de nomenclature : les natui’alistes récents ont donné, avec les joailliers, la dénomination de pierres ortenlalcs à celles qui ont une belle transparence, et qui en même tenqis sont assez dures pour recevoir un poli vif; et ils ai)pellcnt pierres occidentales (t) celles t|u ils croient èire du même genre, et qui ont moins d’éclat et de dureté. Ut comme l émeraude n’est pas plus dure en Orient qu’en Occident, ils en ont conclu qu’il n’y avait point d’émeraudes orientales, tandis qu ils auraient du penser que cette pierre étant partout la même, comme le cristal, 1 améthyste, etc., elle ne pouvait pas être reconnue ni dénommée par la différence de son état et de sa dureté.
Les émeraudes étaient seulement plus rares et plus chères avant la découverte de l’Amérique ; mais leur valeur a diminué en même raison que leur quantité s’est augmentée. « Les lieux, dit Joseph Acosta, où « l’on a trouvé beaucoup d’émeraudes, et où l’on en trouvait encore « de son temps en plus grande quantité sont au nouveau royaume de « Grenade et au Pérou : proche de Mania (d de Porto-Viel, il y a un « terrain qu’on appelle terres des émeraudes, mais on n'a point cncoi'c « fait la conquête de celle terre. Les émeraudes naissent des pierres en « forme de cristaux... J’en ai vu quelques-unes qui étaient moitié blun- « c/l, es et moitié vertes, et d'autres toutes blanches... Ln I année lo??, « ajoute cet historien, l’on apporta des Indes occidentales en Ls[)agne '< deux canons d’émeraude, dont chacun pesait pour le moins ([ualic « arobes. « Mais je soupçonne avec raison que ce dernier fait est exagéré; car Garcilasso dit que la plus grosse jiierre de celte espèce, que les Péruviens adoraient comme la déesse-mère des émeraudes, n était que de la grosseur d’un œuf d’autruche, c’est-a-dire d environ six pouces siii son grand diamètre (2); et celte pierre-mère des émeraudes n’élait peut-être elle-même qu’une prime d'émeraude (pii, comme la prime d’améthyste, n’est qu’une concrétion plus ou moins confuse de divers petits canons ou cristaux de ces pierres (3). Au reste, les primes d éme-
(1) Boëce paraît être l’auteur de la dislinctiou des émeraudes eu orientales et occidcnlales : il caractérise les premières par leur giaud brillant, leur pureté et leur e.'icès de dureté. Il se trompe quant à ce dernier point, et de Laët s’est de même trompé d’après lui, car on ne trouve pas entre les émeraudes cette différcnco de duretc, et toutes n ont à peu pi es que a urele cristal de roche.
(2) Histoire naturelle des Indes, par Acosta 5 Paris, 1600, p. 1o7 et suiv.
(3) Histoire des lucas, tome I. - Uu temps des rois incas, on ne trouvait dans le Pérou que fies turquoises, des émeraudes et du cristal fort net, mais que les Indiens ne savaient pas mettre en œuvre. Les émeraudes viennent dans les montagnes qu’on appelle .Vania , depen- ‘iantes de Puerto-Viejo. 11 a été impossible aux Espagnols, quelque peine qu’ils se soient don-
IIISTOIKE NATÜIŒIXE
raudcs sont coininuucincnt fort nuageuses, et leur couleur n’est pas d’un vert pur, mais mélangé de nuances jaunâtres : quehjuefois néanmoins celte couleur verte est aussi franche dans ([ueh|ues endroils de CCS primes que dans l’émeraude même, et Boëce remarque fort bien que dans un morceau de prime nébideux et sans éclat (1) il se trouve souvent quelque partie brillante ([ui, étant enlevée et taillée, donne une vraie et belle émei'aude.
Il serait assez naturel de penser que la belle couleur verte de l’émeraude lui a été donnée par le cuivre; cependant M. Denieste dit (2) « que celte pierre parait devoir sa couleur verte au cobalt, parce qu’en « fondant des émeraudes du Pérou avec deux parties de verre de borax K on obtient un émail bleu. >■ Si ce fait se trouve constant et général pour toutes les émeraudes, on lui sera redevable de l’avoir observé le premier; et dans ce cas on devrait ebereber, et on pourrait trouver des émeraudes dans le voisinage des mines de cobalt.
Cependant cet émail bleu que donne l’émeraude fondue avec le borax ne provient pas de réineraude seule; car les émeraudes qu’on a exposées au miroir ardent, ou au feu violent de nos fourneaux (3), commeusent par y perdre leur couleur verte : elles deviennent friables, et linissent i)ar se fondre sans addition d’aucun fondant, et sans prendre une couleur bleue. Ainsi l’émail bleu, produit par la fusion de l’émeraude au moyen du borax, provient peut-être moins de celle pierre (jue du borax même qui, comme Je l’ai dit, contient une base métallique; et ce ijiie cette fusibilité de l’émeraude nous indifpic de plus réel, c’est que
née, de découvrir la mine; ainsi l’on ne trouve presque plus d’émeraudes dans celte province qui fournissait aulrefois les plus belles de cet empire. On en a apporté cependant une si grande quantité en E.spagne , qu’on ne les estime plus. 1,’émeraude a bc.soiu de se mûrir comme le fruit; elle cominctice par êire blaiiclie , ensuite elle devient d’un vert obscur, et commence par se rendre iiarfaitc par un de se.s angles (pii .«ans doute regarde le soleil levant, et celle belle couleur se répand ensuite par toute son étendue. J’en ai vu aulrefois dans Cusco d’aussi grosses que de petites noix, parfaitement rondes et percées dans le milieu; les Indiens les prél'éraientnux turquoises. Ils connaiüsaienl les perles, mais ils n’en faisaient aucun usage, car les Ineas ayant vu la peine et le danger avec lesquels on les lirait de la mer, en défendirent l’usage, aimant mieux conserver leurs sujets qu’augmenter leurs riclicsses. On en a peebé une si grande quantité qu’elles sont devenues communes. Le I’. Acosta dit qu’elles étaient aulrefois si recommandables qu’il n’était permis qu’aux rois et à leur famille d’en porter, mais qu’elles sont aujourd'bui si communes que les Nègres eu ont des cbaînes et des colliers. Histoire des Incas; Paris, I7ii, tome II, p. 289 cl suiv.
(1) Il dit de prase, mais il est clair que sa prase est la prime : « Prasius... mater smarngdi O mollis pulalur, et non immerito , quod aliquando iu ca repcrialur ctiamsi non semper; « nam quic partes viridiores absque llavcdine et pcrspicme in prasio rcpcriunlur, sma- 0 ragdi rite aiipellaru possuul, ut illi quorum lla^ cJo aurea est, chiysoprasii. » Genmi. et laji. bisl., p. 23.
(2) Lettres de .M. Dcmuslc, tome 1, p. 420.
(3) Voye.: l’article des Pierres précieuses dans l’Encyclopédie.
sa substance (juai lzeiisc est mêlée d’une certaine quantité de schorl, <iui la rend plus fusible que celle du cristal de roche pur.
La pierre à laquelle on a donné le nom à' émeraude du Brésil pi-éseute beaucoup plus de rapport, que rémeraude ordinaire avec les schorls; elle leur ressemble parla forme, et sc rapproche de la tourmaline par ses propriétés électriques (1) : elle est plus pesante ctdun vert plus obscur que l’émeraude du Pérou (2); sa couleur est .à peu i)rcs la même que celle de notre verre à bouteilles : scs cristaux sont fortement striés ou cannelés dans leur longueur, et ils ont encore un autre rapport 3vec les cristaux du schorl par la pyramide à trois faces qui les termine; ils croissent, comme tous les autres cristaux, contre les pai'ois et dans les fentes des rochers vitreux. On ne peut donc pas douter que cette émeraude du Brésil ne soit, comme les aulres émeraudes, une stalactite vitreuse, teinte d’une substance métallique, et mêlée d’une grande quantité de schorl qui aura considérablement augmenté sa pesanteur; car la densité du schorl vert est plus grande que celle de cette émeraude (3). Ainsi c’est au mélange de ce schorl vert qu’elle doit sa couleur, son poids et sa forme.
L’émeraude du Pérou, qui est l’émeraude de tout pays, n’est qu un cristal teint et mêlé d’une petite riuantité de schorl qui suffit pour la rendre moins réfi’actairc que le cristal de roche a nos leux. Il faudrait essayer si l’émeraude du Brésil, qui contient une plus grande quantité de schorl, et cpii en a pris son plus grand i)oids et emprunté sa figuration, ne se fondrait pas encore plus facilement que 1 cmeraude commune.
Les émeraudes, ainsique les améthystes violettes ou pourprées, les cristaux-topazes, les chrysolithes dont le jaune est mêlé d’un peu de Vert, les aigues-marines verdfdres ou bleuâtres, le saphir d’eau légère- *nent teint de bleu, le feld-spalh de Russie, et toutes les autres pierres Iransparentes (pic nous avons ci-devant indiquées, ne sont que des cristaux vitreux, teints de ces diverses couleurs par les vapeurs métalliques fini se sont rencontrées dans le lieu de leur formation, et ipii se sont mêlées avec le suc vitreux qui fait le fond de leur essence • ce ne sont fiue des cristaux colorés dont la substance, à l’exception de la couleur, est la même (pie celle du cristal de roche jiur, ou de ce cristal mêle de l'cld-spath et de schorl. On ne doit donc pas mettre les émeraudes au *'ang des pierres précieuses (pii, par la densité, la dureté et I homoge- *^cité, sont d’un ordre supérieur, et dont nous prou\ erons ipie 1 origine
(t) Voyez la lellre de M. Dcniestc, tome I, p. i'27.
(2) La pcsunlcur spéciliclue de l’éincraude du Brésil est de SIBüli, et celle de 1 émeraude du l’érou n’est <|ue de 277üii.
1*^) La pesauleur spéciii(|ue du scljorl vert est de 04.027, et celle de 1 émeiaude du Brésil de ôlo'Jo.
>u-rru.\, toiii. IV. ®
120 HiSTülHË NAÎÜUËLLË
est loule dilïéreiilc lie celle des émeraudes et de toutes les autres pierres transparentes, vitreuses ou calcaires.
PÉRIDOT.
11 en est du péridot connue de l’émeraude du Brésil ; il tire également son origine du schorl, et la même différence de densité qui se trouve entre rémeraude du Brésil et les autres émeraudes se trouve aussi entre la clirjsolitlie et le péridot; cependant on n’avait jusqu’ici distingué ces deux dcrnièi es pierres que par les nuances des couleurs jaunes et vertes dont elles sont toujours teintes. Le jaune domine sur le vert dans les clirjsolithes, et le vert domine sur le jaune dans les péridots; et ces deux pierres offrent toutes les nuances de couleurs entre les topazes, (lui sont toujours purement jaunes et les émeraudes qui sont purement vertes. Mais les clirysolitlies diffèrent des péridots par le caractère essentiel de la densité : le péridot pèse spécifiquement beaucoup plus (1); et il parait par le rapport des pesanteurs respectives, que la clirysolitbe, comme nous l’avons dit, est un extrait du quartz, un cristal coloré, et que les péridots, dont la pesanteur spéciliciue est bien plus grande (!2), ne peuvent provenir que des scborls également denses. On doit donc croire tiue les péridots sont des extraits du schorl, tandis que les chrysolitbes sont des cristaux du quartz.
Nous connaissons deux sortes de péridots, l’un qu’on nomme oriental, et dont la densité est considérablement plus grande que celle du péridot occidental : .mais nous connaissons aussi des schorls dont les densités sont dans le même rapimrt. Le schorl cristallisé correspond au péridot occidental, et le schorl spathiqueau péridot oriental; et même cette densité du péridot oriental n’est pas encore aussi grande que celle du schorl vert (3) ; et ce qui confirme ici mon opinion, c’est que les péridots se cristallisent en prismes striés comme la plupart des schorls : j’ignore à
(t) La pesanteur spécifique de la chrysolilhe du Brésil est de 26923 , et celle de la chrysolithe de l’ancien continent est de 27821 ; ce qui ne s'éloigne pas beaucoup de la pesanteur 268f8 du cristal et de celle de la topaze de Boliêrae , qui est de 26841. Voyez la Table de II. Brisson.
(2) La pesanteur spécifique du péridot occidental est de 30989, et celle du schorl cristallisé est de 50926. Ibidem.
(3) La pesanteur spécificjue du [(éridot oriental est de 33348 , celle du Schorl apathique e.st du 538Ü2, et celle du suhorl olivâtre ou vert est de 34729. Ibidcim
DES MINÉHAÜX,
la vérité si ces pierres sont fusibles coninic les scborlsj mais je crois pouvoir le présumer, et j’invite les cliimisles a nous rapprendre.
M. l’abbé de Rochon, qui a fait un grand nombre d’expériences sur la réfraction des pierres transparentes, m’a assuré ([ue le péridot donne Une double réfraction beaucoup plus forte que celle du cristal de roche, ut moindre que celle du cristal d’Islande; de plus, le péridot a, comme lu cristal de roclie, un sens dans lequel il n’y a point île double rétracl'on; et puisqu’il y a une dinérence encore plus grande dans les deux réfractions du |)éridot que dans celles du cristal, on doit en conclure que sa substance est conqiosée de couches alternatives d’une densité plus différente qu’elle ne l’est dans celles qui composent le cristal de roche.
SAPHIR DU RRÉSIL.
Une autre [lierre transparente qui, comme le péridot et l’émeraude du Brésil, nous paraît [u-ovenir du schorl, est celle qu’on a nommée s«p/«r du Brésil, et qui ne diffère que par sa couleur bleue, de l’émeraude du même climat; car leur dureté et leur densité sont à tres peu près égales (1), et ou les rencontre dans les mêmes lieux. Ce saphir du Brésil a plus de couleur et un peu plus d’éclat que notre saphir d’eau, et leur densité respective est eu même raison que celle du schorl au fpiartz : ces deux saphirs sont des extraits ou stalactites de ces verres primitifs, et ne peuvent ni ne doivent être comparés au vrai saphir, dont la densité est d’un quart plus grande, et dont l’origine est aussi très-dif-
l'irente.