‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 3 sur 133 · DU ZINC (I · texte numérisé non relu

DU ZINC (I

Le zinc ne se Irouvc pas , comme le bismuth , dans un état natif de minerai pur, ni même, comme l’antimoine, dans une seule espèce de n)ine; car on le lire également de la calamine ou pierre calaminaire et de la blende, qui sont deux matières différentes par leur composition et leur formation, et qui n’ont de commun (jiie de renfermer du zinc. La calamine se présente en veines continues comme les autres minéraux; la blende se trouve au contraire dis[)ersée et en masses séparées dans presque toutes les mines métalliques, l.a calamine est principalement composée de zinc et de fer (2) ; la blende contient ordinairement d’autres minéraux avec le zinc (."î). La calamine est d’une couleur jaune ou rougeâtre , et assez aisée à dislingucr des autres minéraux ; la blende au contraire tire son nom de son apparence trompeuse et de sa forme équivoque(4) : il y a des blendes qui ressemblent à la galène dcploinb(S);

(1) Paracelse est le premier qui ait employé le nom de zinc. Agricola le nomme conlre-feyn; on l’.a appelé stannum indicum , parce qu’il a été apporté des Indes en assez grande qiiantilé dans le siècle dernier; les auteurs arabes u’en fojil aucune mention , quoique l’art de tirer le zinc de sa mine existe depuis longtemps aux Indes orientales. Voyez la Dissertation de ÎI. Bergmann sur le zinc.

(2) M. Bergmann a soumis à l’analyse la calamine de Hongrie , et il a trouvé qu’elle tenait au quintal (luatrc-viugl-quatrc livres de chaux de zinc , trois livres de chaux de fer, douze de silex et une d’argile; sur quoi j’observerai que la matière de l’argile et celle du silex ne sont qu’une seule cl même substance , puisque le silex se réduit en argile en se décomposant par les éléments liumides.

(3) M. Bergmann a trouvé que la blende noire do Danemora tenait au <iuinlal quarante-cinq livres de zinc, neuf de fer, six de plomb, une de régule d’arsenic, vingt-neuf de soufre, quatre de silex et six d’eau.

(4) Ce mot blende signilic dans le langage des mineurs allemands une substance trompeuse, parce qu’il y en a qui ressemble à la galène de plomb. Dictionnaire d’ilisloire Naturelle , par M. de Bomare, article lllende {blind, éblouir, tromper les yeux).

(a) On a donné à la mine de zinc blanchèlrc le nom de Fausse galène; mais quoique le tissu de cette dernière soit h peu près feuilleté comme celui de la galène , les feuillets qui la composent sont cependant moins distincts et moins éclatants que ceux de lu mine de plomb sulfureuse ; sa pesanteur spécifique est d’ailleurs beaucoup moins considérable; au reste, il est aisé de distinguer la blende d’avec la galène, car si l’on gratte avec un eouteau le morceau dont l’apparence est équivoque , il s’en dégagera, si c est une blende , une odeur de foie de soufre des mieux caractérisées... JI. de Born nous a fait connaître une blende transparente, d’un vert jaunâtre , qui se trouve à Ratieborzis en Bohême. J’en ai vu des échantillons qui avaient la transparence et la couleur de la topaze et de la chrysolylhe. Enfin , quoique le tissu de la blende soit presque toujours lamellcux ou feuilleté, il s’en rencontre quelquefois des morceaux qui , par leur tissu fibreux ou strié , imitent assez bien la mine d’antimoine grise; on les en

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d’autres qui ont l’apparence de la corne, et que les mineurs allemands appellent horn-bknde; d’autres qui sont noires et luisantes comme la poix, auxquelles ils donnent le nom de püch-blemle ; et d’autres encore qui sont de dilTcrcntes couleurs, grises, jaunes, brunes, rougeâtres, quelquefois cristallisées, et même transparentes, mais plus souvent opaques et sans figure régulière. Les blendes noires , grises et jaunâtres sont mêlées d’arsenic; les rougeâtres doivent cette couleur au fer : celles (jui sont transparentes et cristallisées sont chargées de soufre et d’arsenic; enfin toutes contiennent une plus ou moins grande quantité de zinc.

Non-seulement ce demi-métal se trouve dans la pierre calaminaire et dans les blendes, mais il existe aussi en assez grande quantité dans plusieurs mines de fer concrètes ou en grains , et de dernière formation ; ce qui prouve que le zinc est disséminé presque partout en molécules insensibles, qui se sont réunies avec le fer dans la pierre calaminaire et dans les mines secondaires de ce métal, et qui se sont aussi mêlées dans les blendes avec d’autres minéraux et avec des matières pyriteuses. Ce demi-métal ne peut donc être que d’une formalion postérieure à celles des métaux, et même postérieure à leur décomposition, puisque c’est presque toujours avec le fer décomposé qu’on le trouve réuni. D’ailleurs, comme il est très-volatil, il n’a pu se former qu’après les métaux et minéraux plus fixes, dans le même temps à peu près que l’antimoine, le mercure et l’arsenic : ils étaient tous relégués dans l’atmosphère, avec les eaux et les autres substances volatiles pendant l'incandescence du globe, et ils n’en sont descendus qu’avec ces mêmes substances : aussi le zinc ne se trouve dans aucune mine primordiale des métaux, mais seulement dans les mines secondaires produites par la décomposition des premières.

Pour tirer le zinc de la calamine ou des blendes, il suffit de les exposer au feu de calcination; ce demi-métal se sublime en va|)curs, qui l)ar leur condensation forment de petits flocons blancs et légers auxquels on a donné le nom de fleurs de zinc.

Dans la calamine ou pierre calaminaire, le zinc est sous la forme de chaux : en faisant griller cette pierre, elle perd près d’un tiers de sou poids; elle s’effleurit à l’air, et se présente ordinairement en masses irrégulières, quelquefois cristallisées ; elle est presque toujours accompagnée ou voisine des terres alumineuses : mais, quoique la substance du zinc soit disséminée partout , ce n’est qu’en quelques endroits qu’on trouve de la pierre calaminaire. Nous citerons tout à l’heure les mines

distingue facilement à leur couleur d’un gris sombre et à l’odeur de foie de soufre qu’on eu dégage par |e frottement. Celte dernière sorte de blende est commune dans les mines de Pompean ; elle a moins d’éclat que la manganèse, et ne taebe point les doigts comme cette substance, Lettre du docleur Demeste, tome II, p. 170, 180 et 181.

les plus fameuses de ce minéral en Europe ; et nous savons d'ailleurs que le toutenague, qu’on nous apporle des Indes orientales, est un zinc même plus pur que celui d’Allemagne : ainsi l’on ne peut douter qu’il n’y ait des mines de pierres calaminaircs dans plusieurs endroits des régions orientales, puisque ce ii’est que de cette pierre qu’on peut tirer du zinc d’une grande pureté.

La minière la plus fameuse de pierre calaminaire est celle de Calmsberg près d’Aix-la-Cliapelle ; elle est mêlée avec une mine de fer en ocre : il y eu a une aulrc qui est mêlée de mine de plomb, au-dessous de Namur. On prétend que le mot de calamine est le nom d'un territoire d’assez grande étendue, près des confins du duché de Limbourg, qui estplein de ce minéral. >' Tout le terrain, dit Lémery, à plus de vingt « lieues à la ronde, est si rempli de pierres calaminaires, que les grosses <t pierres dont on se sert pour paver, étant exposées au soleil, laissent « voir une grande (luantité de parcelles métalliques et brillantes, » M. de Gensanne en a reconnu une minière de plus de quatre toises de largeur, au-dessous du château de Montalet, diocèse d’Uzès; on y trouve des pierres calaminaires ferrugineuses, comme à Aix-la-Chajjelle, et d'autres mêlées de mines de plomb, comme à Namur, et l’on y voit aussi des terres alumineuses : on en trouve encore dans le Bcrri près de Bourges, et dans l’Anjou et le territoire de Saumur, qui sont également mêlées de parties ferrugineuses.

En Angleterre on exploite quelques mines de pierre calaminaire dans le comté de Sommerset. La pierre de cette mine est rougeâtre à sa surface, et d’un jaune verdâtre à l’intérieur : elle est très-pesante, quoique trouée et comme cellulaire; elle est aussi très-dure et donne des étincelles lorsqu’on la choque contre l’acier; elle est soluble dans les acides. Celle du comté de Notlingham en diffère, en ce qu’elle u’est pas soluble et qu’elle ne fait point feu contre l’acier, quoiqu’elle soit compacte, opaque et cellulaire, comme celle de Soimnersct ; elle eu diffère encore par la couleur, qui est ordinairement blanche, et quelquefois d’un vert clair cristallisé. Ces différences indiquent assez que la calamine, en général, est une pierre composée de différents minéraux, et que sa nature varie suivant la quantité ou la qualité des matières qui en constituent la substance. Le zinc est la seule matière qui soit commune â toutes les espèces de calamine ; celle qui en contient le plus est ordinairement jaune; mais on peut se servir de toutes pour jaunir le cuivre rouge : c’est pour cet usage qu’on les recherche et qu’on les travaille, i>lutêt que pour en faire du zinc, qui ne s’emploie que rarement pur, et (pii même n’est pas aussi propre â faire du cuivre jaune que la pierre calaminaire ; d’ailleurs on ne peut en tirer le zinc que dans des vaisseaux clos, parce que non-seulement il est très-volatil, mais encore parce qu’il s’enllamme à l’air libre; et c’est par la cémentalion du cuivre rouge avec la calamine que la vapeur du zinc contenu dans cette pierre entre dans le cuivre, lui donne la couleur jaune, et le convertit en laiton.

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La calamiiiP psI sonvont parspnipp de peliles veines on fdels de mine de plomb J elle se trouve même fréquemment mêlée dans les mines de ce métal, comme dans celles de fer de dernière formation : et lorsqu’elle y est trés-abondaute, comme dans la mine de Rammelsbcrg près do Goslar, on en tire le ziuc en même temps (pie le plomb, en faisant placer dans le fourneau de fusion un vaisseau presque clos à l'endroit où l'ardeur du feu n’est pas assez forte pour enllammer le zinc, et on le reçoit en substance coulante; mais ipielquc précaution (pie l'on prenne en le travaillant, même dans des vaisseaux bien clos, le zinc n’acquiert jamais une pur(!té entière, ni même telle ((u’il doit l’avoir pour faire d'aussi bon laiton qu’on en fait avec la pierre calaminaire, dont la vapeur fournit les parties les plus juires du zinc; et le laiton fait avec cette pierre est ductile, au lieu que celui qu’on fait av ec le zinc est toujours aigre et cassant.

Il en est de même de la blende ; elle donne, comme la calamine, par la cémentation, du plus beau et du meilleur laiton qu’on ne peut en obtenir par le mélange immédiat du zinc avec le cuivre; toutes deux même n’ont guère d’autre usage, et ne sont recherchées et travaillées que pour faire du cuivre jaune ; mais, comme je l’ai déjà dit, ce ne sont pas les deux seules matières qui contiennent du zinc ; car il est trèsgénéralement répandu, et en assez grande quantité dans plusieurs mines de fer : on le trouve aussi quelquefois sous la forme d’un sel ou vitriol blanc : et, dans la blende, il est toujours combiné avec le fer et le soufre.

Il se forme assez souvent dans les grands fourneaux des concrétions qui ont paru à nos chimistes (I) toutes semblables aux blendes naturelles. Cependant il y a toute raison de croire que les moyens de leur formation sont bien différents ; ces blendes artificielles, produites par l’action du feu de nos fourneaux, doivent différer de celles qui se trouvent dans le sein de la terre, à moins qu’on ne suppose que celles-ci

(1) « Il y a lies blendes arlilieielles t|ui imitent parfaitement les blendes naturelles dans leur

« tissu, leur couleur et leur phosphorescence J’en ai vu un morceau d’un noir luisant

I» et feuilleté, provenant des fonderies de Saint-Bel.. .. Un antre morceau venant du même (1 lieu donnait, outre l’odeur du foie de soufre, des étincelles lors(iu’ou le grattait avec un

U couteau, et n’en donnait point avec la plume et un troisième moreeau venant des fon-

<1 deries de Saxe, et qui est de couleur jaunâtre, était si pliosphoriquc, qu’en le frottant de « la plume on en lirait des étincelles comme de la blende rouge de SeliasCfenberg. « Lettre du doelcur Demeste, tome 11, pages 179 et ISO. — Mi/a. Je dois observer qu'on trouvait en effet de CCS blendes arlilieielles dans les laitiers des fonderies, mais que jusqu’ici l’on ne savait pas les produire à volonté, et que mémo on ne pouvait expliquer comment elles s’étaient formées j on pensait au contraire que l’art ne pouvait imiter la nature dans la combinaison du zinc avec le soufre. M. de Morveau est le premier qui ail donné, cette année 1780, un procédé pour faire à volonté l’union directe du zinc et du soufre; il sullit pour cela de priver ce demimétal de sa volatilité en le calcinant, et de le fondre ensuite avec le soufre ; il en résulte une vraie pyrite de zinc qui a, comme tous les autres pyrites, nue .sorte de brillant métallique.

ont été formées par le feu des volcans; et cependant il y a tonte raison de penser que la plupart au moins n’ont été produites que par l’interméde de l’eau (I), et que le foie de soufre, c’est-à-dire l’alcali mêlé aux principes du soufre, a grande part a leui" formation.

Comme le zinc est uou-seulcment très-volatil, mais fort iullammable, il se brûle dans les fourneaux où l’on fond les mines de fer, de plomb, etc. , qui en sont mêlées; cette fuînée du zinc à demi-brûlé sc condense sous une forme concrète conli e les parois des fourneaux et cheminées des fonderies et affineries : dans ect état on lui donne le nom de cadmie dea fourneaux; c’est une concrétion de fleurs de zinc, qui s’accumulent souvent au point de former un enduit épais contre les parois de ces cheminées. La substance de cet enduit est dure ; elle jette des étincelles lorsqu’on la frotte rai)idement ou (|u’on la choque contre l’acier. ].es parties de cette cadmie qui se sont le plus élevées, et qui sont attachées au haut de la cheminée, sont les plus pures et les meilleures pour faire du laiton (2), parce que la cadmie qui s’est sublimée et élevée si haut y est moins mêlée de fer, de plomb, ou de tout autre minéral moins volatil que le zinc. Au reste, on peut aisément la recueillir : elle se lève par écailles dures, et il ne faut que la pulvériser pour la mêler et la faire fondre avec le cuivre rouge : et c’est peut-être la manière la moins coûteuse de faire du laiton.

Le zinc, tel (lu’on l’obtient par la fusion, est d’un blanc un peu bleuâtre et assez brillant : mais quoiqu’il se ternisse à l’air moins vite que le plomb, il prend cependant en assez peu de temps une couleur terne et d’un jaune verdâtre ; et les nuances différentes de sa couleur dépendent beaucoup de son degré de pureté; car en le traitant par les procédés ordinaires, il conserve toujours quelques petites parties des matières avec lesquelles il était mêlé dans sa mine : ce n’est que trèsrécemment qu’on a trouvé le moyen de le rendre plus pur. Pour obtenir le zinc dans sa plus grande pureté, il faut précipiter par le zinc même

(1) M. Bergraann croit, comme moi, que les blendes naturelles ont été formées par l’eau , et il SC fonde sur ce qu’elles contiennent réellement de l’eau ; il dit aussi qu’on peut les imiter en unissant par la fusion le zinc, le fer et le soufre.

(2) On connaissait très-bien, dès le temps de Pline, la cadmie des fourneaux, et on avait déjà remarqué qu'elle était de qualité et de bonté différentes, suivant qu’elle se trouvait sublimée plus haut ou plus bas dans les ebeminées des fonderies. « Est ipse lapis ex quo fit æs ;

«■ cadmia vocatur llic rursus in foruacibus existit. aliamque nominis sui originem recipit;

» fit aulem egesta llammis atque flatu tenuissima parte maleriæ, et cameris lateribusve forna- 0 cum pro quantitatc levitatis applicata. Tenuissima est in ipso fornacum ore qua flammæ « eluctautur, appcilata capnitis, exusta et niraia levitate similis favillæ : iuterior oplima, O cameris depeudens, et ab co argumento botrytis cognominata ; lertia est in latcribus forna-

« eum. quæ propter gravitatem ad caméras pervenire non potuit; liæc dicitur placitis

« fluunt et ex ea duo alia généra; onyehitis, extra pene cœrulea, intus onyebitis maculis

<• similis; ostracitis, tota nigra, et cætcraruiu sordidissima Oinnis autem cadmia in cupri-

» foruacibus optima. » Pline., lib. XXXIV, eap. x.

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son vilriol blanc; ce vitriol, décomposé ensuite par l’alcali, donne une chaux qu’il suffit de réduire pour avoir un zinc pur et sans aucun mélange.

La substance du zinc est dure et n’est point cassante; on ne peut la l’éduire en poudre qu’en la faisant foudre et la mettant en grenailles : aussi acquiert-elle quelque ductilité par l’addition des matières inflammables en la fondant en vaisseaux clos.- Sa densité est un peu plus grande que celle du régule d’antimoine, et un peu moindre que celle de l’étain (1). Indépendaniiuent de ce rapport assez prochain de densité, le zinc en a plusieurs autres avec l’étain : il rend, lorsqu’on le plie, un petit cri comme l’étain (2); il résiste de même aux impressions des éléments humides , et ne se convertit point en rouille : quelques minéralogistes l’ont même regardé comme une espèce d'élain (3), et il est vrai qu’il a plusieurs propriétés communes avec ce métal; car on peut étamer le fer et le cuivre avec le zinc comme avec l’étain ; et l’un de nos chimistes a prétendu que cet étamage avec le zinc (4), qui est moins fusible que l’étain, et par conséquent plus durable, est en même temps moins dangereux que l'étamage ordinaire, dans lequel les chaudronniers mêlent toujours du plomb. On connaît les qualités funestes du plomb; on sait aussi que l’étain contient toujours une petite quautilé d’arsenic, et il faut convenir que le zinc en contient aussi ; car lorsqu’on le fait fuser sur les charbons ardents, il répand une odeur arsenicale qu’il faut éviter dere.spirer; et, tout considéré, l’étamage avec du bon étain doit être préféré à celui qu’on ferait avec le zinc (5), que le vinaigre dissout et attaque même à froid.

(1) La pesantfiur spécifique du régule de zinc est de 71908 ; celle du régule d’antimoine de 07021, et celle de l’étain pur de Cornouailles de 7291-1 ; la pesanteur spécifique de la blende n’est que de 11009 ; il y a donc à pou près la niêine proportion dans les densités relatives de la blende avec le zinc, de l’antimoine cru avec le régule d’antimoine, et du cinabre avec le mercure coulant.

(2) Le zinc, lorsqu’on le rompt, a le même cri que l’étain ; lorsqu’on le mêle avec du plomb, cet alliage a encore le meme cri; les potiers d’étain emploient le zinc dans leurs ouvrages et pour leurs soudures. Histoire de l’Académie des Sciences, année 1712, p. lîi.

(3) Schlutter, dit M. Ilcllot, regarderait volontiers le zinc comme une espèce d’étain, s’il était plus malléable, et il soupçonne que, venant d’une mine aussi sulfureuse que celle de Kammelbcrj5...il conserve encore une partie de ce soufre ; cette idée, selon Schluttcr,csl d’autant plus vraisemblable que par le soufre on peut rendre aigre le meilleur étain. ..On sait aussi que le zinc et l’étain peuvent également rendre jaune le cuivre rouge; il cite pour exemple le métal singulier qu’AIoiizo Barba a décrit dans son traite des mines et des mtitaux (Traité de la fonte des mines, etc., tome II, p. 2Si7) ; mais le sentiment de Seblutter sur le zinc ne nous paraît pas assez fondé; car le zinc ne peut différer de l’étain par le soufre minéralisatcur , puisqu’il n’en contient pas.

(1) M. Malouiu, de l’Académie des Sciences et médecin de la Faculté de Paris.

(15) Cet étamage avec le zinc a été approuvé par la Faculté de Médecine de Paris, mais condamné par l’Académie des Sciences et par la Société royale de médecine; et il a aussi été démontré nuisible par les expériences faites à l’Académie de Dijon eu 1779.

Si ces rapports semblent rapprocher le zinc (le l'étain, il s’en éloigne par plusieurs propriétés : il est beaucoup moins fusible ; il faut qu’il soit chauffé presque au rouge avant qu’il puisse entrer en fusion. Dans cet état de fonte, sa surface se calcine sans augmenter le feu, et se convertit en chaux grise, qui diffère de celle de l’étain en ce qu’elle est bien plus aisément réductible, et que quand on les pousse à un feu violent, celle de l’étain ne fait que blanchir davantage, et enfin se convertit en verre, au lieu que celle du zinc s’enflamme d’ellc-même et sans addition de matière combustible, On peut même dire qu’aucune autre matière, aucune substance végétale ou animale, qui cependant semblent être les vraies matières combustibles, ne donnent une flamme aussi vive que le zinc, (’.ette flamme est sans fumée et dans une i)arfaile incandescence ; elle est accompagnée d’une si grande quantité de lumière blanche, que les yeux peuvent à peine en supporter l’éclat éblouissant : c’est au mélange de la limaille de fer avec du zinc que sont dus les plus beaux effets de nos feux d’artifices.

Et non-seulement le zinc est par lui-même très-combustible, mais il est encore phosphorique; sa chaux parait lumineuse en la triturant j et ses fleurs recueillies au moment qu’elles s’élèvent, et placées dans un lieu obscur, jettent de la lumière pendant un petit temps (1).

Au reste , le zinc n’est pas le seul des minéraux qui s’enflamment lorsqu’on les fait rougir : l’arsenic, le cuivre et même l’antimoine, éprouvent le même elfet; le fer jette aussi de la flamme lorsque l’incandescence est poussée jusqu’au blanc, et il ne faut pas attribuer avec quelques-uns de nos chimistes (2), cette flamme au zinc qu’il contient , ni croire, comme ils le disent, que c’est le zinc qui rend la fonte (le fer aigre et cassante; car il y a beaucoup de mines de fer qui ne contiennent point de zinc, et dont néanmoins le fer donne une flamme aussi vive que les autres fers qui en contiennent : je m’en suis assuré par plusieurs essais; et d’ailleurs, on peut toujours rcconnaitre par la simj)le observation, si la mine que l’on traite contient du zinc, puisque alors ce demi-métal, en se sublimant, forme de la cadmie au-dessus du four-

(1) M. de Lassone, proradaiit unjotir à la déll.agration d’une assez grande quantité de zinc, en recueillait les fleurs et les racUait à mesure dans un large vaisseau; il fut surpris de les voir encore lumineuses quelques minutes apres ; et remuant ensuite ees fleurs avec une spatule , ayant obscurci davantage le laboratoire, il vit qu’elles étaient entièrement pénétrées do celte lumière plios|Jioriqiio et dilTusc, (|ui peu à peu s’allaiblit, s éteignit, après avoir subsisté plus d’une bcurc. Ou peut voir dans son Mémoire tous les rapports qu’il indique entre le zinc et le phosphore. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1772, p. 580 et suiv.

(2) « C’est à la présence du zinc contenu dans le fer qu’il faut attribuer la plupart des pbé- « nomènes que présente ce fer impur et mélangé, lequel se détruit en partie par la combus-

« tion. puisque le déchet du fer en gueuse est ordinairement d’un tiers C’est moins le fer

« que le zinc contenu dans la fonte qui se brûle , se détruit et se volatilise; en sorte que la « perte du métal, dans toutes ces circonstances, est d’autant plus considérable, que le fer s’y « trouve joint à une plus grande quantité de zinc, n Lettres de M. Demeste, tome 11, p. 167.

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neaii et flans les cheminées des affincries. Tonies les fois donc que eetle siiblinialion n’aura pas lieu , on peut être assuré que le fer ne contient point de zinc, du moins en quantité sensible^, et néanmoins le fer en gueuse n’eu est pas moins aigre et cassant; et cette aigreur, comme nous l’avons dit , vient des matières vitreuses avec lesquelles la substance du fer est mêlée , et ce verre se manifeste bien évidemment par les laitiers et les scories qui s’en séparent, tant au fourneau de fusion qu’à raffinerie. Enfin celte fonte de fer qui ne contient point de zinc ne laisse pas de jeter de la flamme lorsqu’elle est chauffée à blanc; et dès lors ce n’est point au zinc qu’on doit attribuer cette flamme, mais au fer même, qui est en efl'et combustible lorsqu’il éprouve la violente action du feu.

La chaux du zinc, chauffée presque jusqu’au rouge, s’enflamme tout à coup et avec une sorte d’explosion, et en même temps les parties les plus fixes sont, comme nous l’avons dit, emportées en fleurs ou flocons blancs : leur augmentation de volume n’est pas proportionnelle à leur légèreté apparente, car il n’y a, dit-on (t), qu’un dixième de différence entre la pesanteur spécifique du zinc et celle de scs fleurs; mais lorsqu’on la calcine très-lentement , et (|u’on l’cmpêche de se sublimer en l’agitant conlinucllemenl avec une spatule de fer, l’augmentation du volume de cette chaux est de près d’un sixième (2). Au reste , comme la chaux du zinc est très-volatile, on ne peut la vitrifier seule; mais en y ajoutant du verre blanc réduit en poudre et du salin, on la convertit en un verre couleur A' aigue-marine.

Plusieurs chimistes ont écrit que comme le soufre ne peut contracter aucune union avec le zinc, il pouvait servir de moyen pour le purifier; mais ce moyen ne peut être enqfloyé généralement pour séparer du zinc tous les métaux, puisque le soufi’e s’unit au zinc par Tinlermède du fer.

Le zinc en fusion , et sous sa forme propre, s’allie avec tous les métaux et minéraux métalliques, à l’exception du bismuth et du nickel (5). Quoiqu’il se trouve très-souvent uni avec la raine de fer, il ne s’allie que très-difficilement par la fusion avec ce métal : il rend tous les métaux aigres et cassants. Il augmente la densité du cuivre et du plomb, mais il diminue celle de l’étain, du fer et du régule d’antimoine. L’arsenic elle zinc, traités ensemble au feu de sublimation, forment une masse noire, qui présente dans sa cassure une apparence plutôt vitreuse que métallique (4). Il s’amalgame très-bien avec le mercure (5) : « Si l’on verse ,

(t) En réduisant le ziiic en fleurs, le poids des fleurs surpasse d’un dixième celui de la masse de zinc avant d’être réduit en fleurs. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1772, page 58Ü.

(2) Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome I, p. 2!J7.

(5) Idem, tome I, p, 269.

(i,) Idem, tome 11, p. 357.

(b) L’amalgame composé de ([uafre parties de mercure sur une de zinc est bien plus propre

DES MLNÉHAüX. “ia

« dit M. de Morveau, le zinc fondu sur le mercure, il se fait un bruit

pareil à celui que fait rimmersion subite d’un corps froid dans de « l’huile bouillante; ramalgauie parait d’abord solide; niais il redevient « fluide par la trituration. La cristallisation de cet amalgame laisse « apercevoir ses éléments même à la partie supérieure qui n’est pas en « contact avec le mercure; ce qui est différent des autres amalgames...

« une once de zinc relient deux onces de mercure (1). >> .1 observerai que cette solidité que prend d’abord cet amalgame ne dépend pas de la nature du zinc, puisque le mercure seul, versé dans l’huile bouillante, prend une solidité même plus durable que celle de cet amalgame de zinc.

Les afiinitésdu zinc avec les métaux sont, selon M. Gellcr, dans l’ordre suivant : le cuivre, le fer, l’argent, l’or, l’étain et le plomb.

Alliant la chaux de plomb est facile à réduire, autant la chaux ou les fleurs de zinc sont de difficile réduclion : de là vient que la céruse ou blanc de plomb devient noire par la seule vapeur des matières putrides, tandis que la chaux de zinc conserve sa blancheur. C’est d’après cette propriété éprouvée par la ^ apeur du foie de soufre, que M. de Morveau a proposé le blanc de zinc comme préférable, dans la peinture, au blanc de plomb : les expériences comparées ont été faites cette année 4781, dans la séance jinblique de l’Académie de Dijon; elles démontrent qu il suffit d’ajouter à la chaux du zinc un peu de terre d’alun et de craie, pour lui donner du corps et en faire une bonne couleur blanche, bien plus lixe et bien moins altérable à l’air, que la ceruse ou blanc de plomb, qu’on emploie ordinairement dans la peinture à l’huile.

Le zinc est attaqué par tous les acides, et mémo la plupart le dissolx ent assez facilement ; l’acide vilriolique n’a pas besoin dètre aidé pour cela par la chaleur, et le zinc parait avoir plus d’affinité qu’aucune autre substance méfallique avec cet acide; il faut seulement, pour que la dissolution s’opère promptement, lui présenter le zinc en petites grénailles ou en lames minces, et mêler l’acide avec un [icu d’eau, afin que le sel qui se forme n’arréte pas la dissolution par le dépôt qui s’en fait à la surface. Celte dissolution laisse, après l’évaporation, des cristaux blancs ; ce vitriol de zinc est connu sous le nom de couperose blanche, comme ceux de cuivre et de fer, sous les noms de couperose bleue et de couperose verte. Et l’on doit observer que les fleurs de zinc, quoique en état de chaux, offrent les mêmes phénomènes avec cet acide que le zinc même; ce qui ne s’accorde point avec la fhcorie de nos chimisfes, qui Veulent ([u’en général les chaux métalliques ne puissent étie attaquées par les acides. Ce vitriol de zinc ou vitriol blanc se trouve dans le sein

à pioduirc l’cledricitc que l’amalgame de mercure cl d’etaiu. Jounial de Pli>'siquc, muis de uovembre 17S0, p. 372.

(1) Élémciils de Cliimie, pur M. de îloncau, lume lll, p. M el Uù.

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de la tcrrc(l), rarement en cristaux réguliers, mais plutôt en stalactites, et quelquefois en filets blancs; il se couvre d'une efflorescence bleuâtre s’il contient du cuivre.

L’acide nitreux dissout le zinc avec autant de rapidité que de puissance; car il peut en dissoudre promptement une quantité égale à la moitié de son poids : la dissolution saturée n’est pas limpide comme l’eau, mais un peu obscure comme de l’huile; et si le zinc est mêlé de quelques parties de fer, ce métal s’en sépare en se précipitant, ce qui fournit un autre moyen que celui du soufre pour purifier le zinc. L’on doit encore observer que la cliaux et les fleurs de zinc se dissolvent dans cet acide et dans l’acide vitriolique, et que par conséciuent cela fait une grande exception à la prétendue régie, que les acides ne doivent pas dissoudre les chaux ou terres métalliques.

L’acide marin dissout aussi le zinc très-facilement, moins pleinement que l’acide nitreux, car il ne peut en prendre que la huitième partie de son poids ; il ne se forme pas de cristaux après l’évaporation de celle dissolution, mais seulement un sel en gelée blanche et très-déliquescent, dont la qualité est fort corrosive.

Le zinc et même les fleurs de zinc, se dissolvent aussi dans l’acide du vinaigre, et il en résulte des cristaux ; il en est de même de l’acide du tartre : ainsi tous les acides minéraux et végétaux, et jusqu’aux acerbes tels que la noix de galle, agissent sur le zinc. Les alcalis, et surtout l’alcali volatil le dissolvent aussi, et celle dernière dissolution donne, après l’évaporation, un sel blanc et brillant, qui attire l’humidité de l’air et tombe en déliquescence.

Voilà le précis de ce que nous savons sur le zinc : on voit qu’étant très-volatil, il doit être disséminé partout; qu’étant susceptible d’altération et de dissolution par tous les acides et par les alcalis, il peut se trouver en élal de chaux ou de précipité dans le sein do la terre : d’ailleurs les matières qui le contiennent en plus grande quantité, telles que la pierre calaminaire elles blendes, sont composées des détriments du fer et d’autres minéraux; l’on ne peut donc pas douter que ce demimétal ne soit d’une formation bien postérieure à celle des métaux.

(t) On n'a point encore trouvé, ditM. Bergmann, d’autres sels de zinc, dans le sein de la terre, que celui qui vient de l'acide vitriolique; et le vitriol natif de zinc est rarement pur, mais mêlé au cuivre ou au fer, et souvent ù tous deux. Dissertation sur le zinc.

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