CORNALINE
Comme les agates d’une seule couleur sont plus rares que les autres, on a cru dcv(»ir leur donner des noms particuliers. On appelle cornalines celles qui sont d’un rouge pur; sardoines, celles dont la couleur est jaune ou d'un rouge mêlé de jaune ; proses, les agates ^ erles; et cakédoines, les agates blanches ou d’un blanc bleuâtre.
Quoique le nom de cornaline, que l’on écrivait autrefois carnêolc,
(1) « Phassacates, cerachates, sardachales , hæmacliatcs,lcucachates, deiidiochates, coral- « lâchâtes, etc. »
(2) Entre autres celle qui, selon Pline, était « parsemée de points d’or o (à moins que ce ne soit l’aventurine), comme le lapis (Pline dit le saphir; mais nous verrons ci-après (]ue son saphir est notre lapis), u et se trouvait abondamment dans Pile de Crète. Celles de Lesbos et « de lUessène, ainsi que du mont OEta et du mont Parnasse qui, par l’éclatante variété de
0 leurs couleurs, semblaient le disputer ù l’émail des llenrs champêtres ; celle d’Arabie, qui,
1 excepté sa dureté, avait toute l’apparence de l’ivoire, et en offrait toute la blancheur. « Pline, liv. XXXVII, n» 54.
(5) a Aromatites et ipso m .Arabià traditnr gigni, sed et in Ægypto circa Pyras, ubique « lapidosa et myrrhæ coloris et odoris, ob hoc reginis frequentata. » Plin., loc. cid. Et auparavant il avait dit : « Autuchates, cùm uritur, myn ham rcdolens. «
IIISTUJRE NATLUELLE
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j)ai'aissc désigner une pierre couleur de chair, et qu’eu effet il se Irouve beaucoup de ces agates couleur de chair ou rougeâtres, ou recounait uéaumoius la vraie cornaline à sa (einte d'nii rouge pur, et à la (rausj)areuce qui ajoute à sou éclat. Les plus belles cornalines sont celles dont la pâte est la plus diaphane, et dont le rouge a le plus d’intensité; et de ce rouge intense jus<|u au rouge clair et couleur de chair, on trouve toutes les nuances inteianédiaires dans ces pierres,
La cornaline n’est donc qu’une belle agate plus ou moins rouge; et la matière métallique (pii lui donne celle couleur n’aiigmente pas sa densité, cl ne lui ùlc pas sa transparence : c’est ce qui la distingue des cailloux rouges opaques, qui sont en généi'al de même essence que les agates, mais dont la substance est moins pure, et a reçu sa teinture par des parties métallicpics pins grossières cl moins atténuées. Ce sont les l'üuilles ou chaux de fer, de cni\re, etc., plus ou moins dissoutes, qin donnent la couleur à ces i)ierres; et l’on trouve toutes les nuances de couleui', et même toutes les couleurs différentes dans les cailloux aussi bien i|ue dans les agates. Il y a même plusieurs agates onyx, dont les différents lits i)résenlent successivement de l’agate blanche on noire, de la calcédoine, de la cornaline, etc. On recherche ces onyx poui- en faire des camées; les plus beaux sont ceux dont les reliefs sont en cornalines sur un fond blanc.
Il en est des l)elles cornalines comme des belles agates ; elles sont aussi rares que les autres sont communes. On trouve souvent des stalactites de coi'iialincs en mamelons accumulés et en assez grand \olume; mais ces cornalines sont ordinairement im))ures, peu transparentes, et d’un rouge faux ou terne. On connait aussi des agates qui sont ponctuées et comme semées de particules de cornaline, formant de petits mamelons rouges dans la substance de l’agate; et certaines cornalines sont ellesmêmes semées de points d’nn rouge plus vif que celui de leur pâte : mais la nature de toutes ces pierres est absolument la même; et l’on Irouve des cornalines dans la plupart des lieux d’où l’on lire les agates, soit en Asie (1), soit en Europe et dans les autres parties du monde.
(t) Dans rYcmen, sur le chemin entre Tuæs et le mont Sumai’a, on voit la pierre akjhjcmani) qui est d’un rouge l'oncé, ou plutôt d’un brun clair, qu’on nomme quelquefois simplement yemaîi/ ou akjk; on la tire principalement de la montagne Ilii rau près de la ville üamar. Les Arabes la font enebâsser, et la |iortcnt au doigt ou au bras, au-dessus du coude, ou à la
ceinture au-devant du corps, et on croit qu’elle arrête le sang quand on la met sur la plaie
On trouve souvent des pierres fort ressemblantes à Vukjk ou .à la cornaline, parmi celles de (iamboye, qu’on nomme piem de nmkhn, et dont on poite nnc grande qnanlilé de Surate, tant à la Cliinc qu’en Europe. Description de l’Arabie, par M. Niebubr, page 125. Les plus belles cornalines sont celles que l’on apporte des environs de Babylone; ensuite viennent celles de Sardaigne | les dernières sont celles du Ubin,dc Bobcinc et de Silésie; pour leur donner le plus grand biillant, on met dessous, en les montant, une feuille d’argent. Dictionnaire Eiieyrlopédi(|Uc de Cbanibcis.