SARDOINE
La sardoine ne diffèi e de la cornaline que par sa couleur qui n’esl pas d’un rouge pur, mais d’un rouge orangé, et plus ou moins mêlé de jaune; néanmoins celle couleur orangée de la sardoine, quoique moins vive, esl plus suave, plus agréable à l’œil que le rouge dur et sec de la cornaline : mais comme ces pierres sont de la même essence, on passe par nuances de l’orangé le plus faible au rouge le plus intense, c’est-àdire de la sardoine la moins Jaune à la cornaline la plus rouge; et l’on ne dislingue |)as l’une de l’autre dans les teintes intermédiaires entre l’orangé et le rouge : car ces deux pierres ont la même transparence, et leur densité, leur dureté et toutes leurs autres propriétés sont les mêmes; enfin, toutes deux ne sont que de belles agates teintes par le fer en dissolution.
l.a sardoine est très-anciennement connue; Milbridale avait, dit-on, ramassé quatre mille échantillons de celte pierre, dont le nom, suivant certains auteurs, vient de celui de l’ile de Sardaigne, où il s’en trouvait en assez grande quantité. Il j)arait que cette pierre était en grande estime chez les anciens (i); elle est en effet plus rare (jue la cornaline, •et se trouve rarement eu aussi grand \ olume.
PRASE.
Cette pierre a été aussi célébrée par les anciens; c’est une agate verte ou verdâtre, souvent lâchée de blanc, de jaunâtre, de brun cl qui est quelquefois aussi trans[)arcnte que les belles agates, dont elles ne diflérent que par le nom. Les prases ne sont pas fort communes; cependant on en trou\ c non-seulement en yVsio, mais en lîurope, et particulièrement en Silésie. i\f. Lehman a donné l’histoire et la description do cette prase de Silésie, ainsi que de la chrysoprase du même pays, qui
(1) l’olycrate, tyran de Samos, croyait expier suffisamment le bonlieur dont la fortune s’élail plu coiistaïunienl à Iccomlilcr, par le sacrifice volontaire d’une saidoine qu’il jeta dans la mer, et qui fut retrouvée dans les entrailles d’un poisson desliné [loiir la table de ce tyran, l’line, liv. .XXXVll, eliap. i.
Birru.s, tom. iv.
illSTUlUE NAÏÜiîELLE
ii’esl qu’uiio [irase dont la couleur verte est mêlée de jaune (1). Ce savant minéralogiste dit qu’on trouve les prases et les chrysoprases dans une terre argileuse verte, et souvent mêlée d’opale, de calcédoines et d’asbestes; et comme elles sont à trés-peu près de la même pesanteur spécifique (2), et qu’elles ont la même dureté, et prennent le même poli que les agates, on doit les mettre au nombre des agates colorées; la cornaline l’est de rouge, la sardoine de jaune orangé, et la prasc l’est de vert. M. Demeste pense que cette cotdcur verte de la prase provient du mélange du cobalt, parce que cette pierre élant fondue avec deux parties de borax elle produit un beau vert bleu (3) ; mais peut-être cette couleur bleue provient du borax qui, comme je l'ai dit (i), contient des parties métalliques. On pourrait s’assurer du fait en fondant la prasc sans borax, car si elle donnait également un verre bleu, l’opinion de M. Demeste serait pleinement confirmée; mais il est à croire que la prase serait, comme l’agate, très-réfractaire au feu, et qu’on ne pourrait la faire fondre sans addition, soit du borax ou d’un autre fondant; et dans ce cas, il faudrait employer un fondant purement salin qui ne contint pas, comme le borax, des parties métalliques.
Au reste, quelques naturalistes ont donné le nom de prase à la prime d’émeraude qui n’est point une agate, mais un cristal vert, défectueux, inégalement coloré, et dont certaines parties, plus parfaites que les autres, sont de véritables et belles éméraudes : le nom de prase a donc été mal appliqué à cette substance, qui n’est qu’une émeraude imparfaite assez bien désignée par la dénomination déprimé ou matrice d’émeraude.