‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 41 sur 133 · ONYX · texte numérisé non relu

ONYX

Le nom d’onyx (5), qu’on adonné de préférence aux agates dont les lits sont de couleurs différentes, pourrait s’appliquer assez généralement à

(1) Mémoires de l’Académie de Berlin, année 17S5.

(2) La pesanteur spécilique de l’agate orienUde est de 2309 1, et celle de la prase est de 23083.

(3) Lettres de M. Demeste, etc., tome I, pages 48^ et 485.

(4) Voyez l’ai'tiele du Borax dans cette histoire des minéraux.

(3) Onyjc, en grec, signilie onylc; et rimaginalion des Grecs n’était pas restée en défaut sur cette dénomination pour lui former une origine élégante et mythologique. Un jour, disaientils, l’Amour trouvant Vénus cudorinie, lui coupa les ongles avec le fer d’une de ses flèches, et s’envola; les rognures tombèrent sur le sable du rivage de l’Inde ; et comme tout ce qui pro-*

loules les jiierrcs dont les couches superposées sont de diverses subslances ou de couleiu’s différentes. Théophraste a caractérisé l’onyx, en disant qu’elle est variée al lernati veulent de blanc et de brun (1) : mais il faut observer que quelquefois les anciens ont donné improprement le nom d’oMjyx à l’albâtre ; et c’est faute de l’avoir remarqué que plusieurs modernes se sont perdus dans leurs conjectures au sujet de l’onyx des anciens, ne pouvant concilier des caractères qui en effet appartiennent à des substances très-différentes.

De quelque couleur que soient les couches ou zones dont sont composés les onyx, pourvu que ces mêmes couches aient une certaine régularité, la pierre n’en est pas moins de la classe des onyx, à moins cependant ([u’elles ne soient rouges, car alors la pierre jirend le nom de sardonyx ou sardoine onyx (2) : ainsi la disposition des couleurs en cou ches ou zones fait le principal caractère des onyx, et les distingue des agates simples, qui sont bien de la même nature et peuvent offrir les mêmes couleurs, mais confuses, nuées ou disposées par taches et par veines irrégulières.

Il y a des jaspes, des cailloux opaques, et même des pierres à fusil, dans lesquels on voit des lits ou des veines de couleurs différentes, et qu’on peut mettreaunombredesonjx. Ordinairement les agates et onyx, qui, de toutes les pierres onyx sont les plus belles, n’ont néanmoins que peu de transparence, parce que les couches brunes, noires ou blanches et bleuâtres de ces agates sont presque opa(iues, et ne laissent pas apercevoir la transparence du fond de la pierre sur laquelle les couches sont superposées parallèlement ou concentriquement, et presque toujours avec une épaisseur égale dans toute l’étendue de ces couches. Il y a aussi des onyx que l’on appelle ayntes willées, et que les anciens avaient distingués par des dénominations propres : ils nommaient triopthalmos ou lycophtalmos (3) celles qui présentaient la forme de trois ou quatre petits yeux rouges, et donnaient le nom d'horminodes (4) â une agate qui présentait un cercle de couleur d’or au centre duquel était une tache verte.

Les Grecs (5), qui ont excellé dans tous les beaux-arts, avaient porté

vienl d’un corps céleste ne peut pas périr, les Parques les ramassèrent soigneusement, et les changèrent en cette sorte de pierre qu’on appelle onyx. Voyez Uobert de JBcrqucn, Merveilles des Indes, page 61 .

(1) Lapid. et gemm., no S7.

(2) Ilill., page 122.

(5) Plin., lil). XXXVII, no 71 et 72.

(i) Idem, n" 60.

(8) Plusieurs artistes grecs s’immortalisèrent parla gravure sur pierres fines. Pline nomme Apollonidc, Cronias, Dioscoride qui grava la tête d’Auguste, laquelle servit de sceau aux Césars ; mais le premier de ces artistes, ajoute-t-il, fut Pyrgotèle ; et Alexandre, par le même édit où il défeudait ù tout autre qu’à Apclle de le peindre, et à tout autre qu’à Lysippe de

HiSTUlKE NATURELLE

à un haut point de perfection la gravure en creux et en relief sur les pierres : ils recherchaient les belles agates onyx pour en faire des camées; il nous reste plusieurs de ces pierres gravées dont nos connaisseurs ne peuvent se lasser d’admirer la beauté du travail, la correction du dessin, la netteté et la finesse du trait dans le relief, qui se détache si parfaitement du fond de la pierre qu’on le croirait fait à part et ensuite collé sur cette même pierre : ils choisissaient pour ces beaux camées les onyx blancs et rouges, ou de deux autres couleurs qui tranchaient fortement l’iinc sur l’autre. Il y a plusieurs agates qui n’ont que deux couches ou lits de couleurs différentes : mais on en connaît d’autres qui ont trois et même quatre lits bien distincts (I), du brun profond et noir, du blanc mat, du bleu clair et du jaune ro.ugeàlre ; ces onyx de trois et quatre couleurs sont plus rares, et sont en plus petit volume que celles de deux couleurs, qui se trouvent communément avec les autres agates. Les anciens tiraient de l’Égypte les plus beaux onyx, et aujourd’hui l’on en trouve dans plusieurs provinces de l’Orient, et partieulièremenl en Arabie (2).

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