SS
Jaspe vert brun
Jaspe rouge
Jaspe rouge de sanguine. . .
Jaspe brun
Jnspe violet
JtiSpe jaune
Jaspe gris blanc
Jaspe noiiùtrc .
Jaspe nué.
Jaspe sanguin
Jaspe Iiéliotrope 26330
Jaspe veiné 2693a
J-aspe fleuri rouge et blanc 26228
Jaspe fleuri ronge et jaune. . . . 273(X)
Jaspe fleuri vert et jaune 268,39
Jasjie fleuri rouge , \ ert et gris. . . 27323
Jaspe fleuri rouge, vert et jaune. . . 27J92
Jaspe universel 2.3630
Jaspe agate 26608
Jaspe grossier’ou sinople. . . . . 26913
V’oycz; les tables de .U. Brissun.
se trouve en Irès-granclcs masses, est d’un assez Reau vert : il parait même que tous les jaspes secondaires, \ariés ou non variés de couleur, ont été teints par le fer; seulement il est à remarquer que ce métal, qui s’est mêlé en très-grande quantité dans les schorls pour former les grenats, n’est entré qu’en très-petite portion dans les jaspes, i)uisquc la pesanteur spécifique du plus pesant des jaspes est d’un tiers moindre que celle du grenat.
La matièredu jaspe est, comme nous l’avons dit, la base de la substance des porphyres et des ophites ou serpentins, qu’il ne faut pas confondre avec la serpentine dans laquelle il n’entre point de jaspe, et qui n’est qu’une concrétion micacée.
Lorsque le suc cristallin du quartz est mêlé de parties ferrugineuses, ou qu’il tombe sur des matières qui contiennent du fer, la stalactite ou le produit qui en résulte est de la nature du jaspe. On le reconnait dans plusieurs cailloux, dans les bois pétrifiés, dans le cinople et autres jaspes grossiers qui sont de seconde forinalion ; toute matière quartzeuse mêlée de fer en vapeurs ou dissous, peid plus ou moins de sa Iransjjarence; et l’on reconnait les jaspes à leur opacité, à la cassure terreuse, et à leur poli qui n’est pas aussi vif que celui des agates et autres terres vitreuses dans les(iuelles le fer n’est entré qu'eu si j)elilc (pianlité qu’il ne leur a donné que de la coidenr, et ne leur a point ôté la transparence; au lieu que i)ar son mélange en plus grande quantité, on en |)arfics plus grossières, il a rendu les quartz entièrement opacpies, et a formé des jaspes plus ou moins fins, et de couleurs diverses, selon que le fer saisi par le suc quarlzeux s’csl trouvé dans différents élals de décomposition ou de dissolution. Les jaspes lins se distinguent aisément des autres par leur beau poli, qui cependant n’est jamais aussi vif que celui des agates, cornalines, sardoines, et autres pierres quartzeuses transparentes ou demi-trans})areutes, lesquelles sont aussi |)lus dures que les jaspes.
J.es jaspes d’une seule couleur sont les plus purs et les plus fins; ceux qui sont tachés, nues, ondés ou veinés, peuvent être regardés comme des jaspes impurs, et sont quelquefois mêlés de subslances diflére.sles : si ces taches ou veines sont transparentes, elles présentent le quariz dans son état de nature, ou dans son état d’agate; et s il arrive que le feld-spath ou le schorl aient part à la composition de ces jaspes mixtes, ils dev iennent fusibles (1), comme toutes les matières vitreuses qui sont mélangées de ces deux verres primitifs.
(t) C’est celte fusibilité de ccrtoiiis jaspes qui a fait croire mal à propos à quelques-uns de nos minéralogistes que les jaspes en général étaient fusibles et mêlés de chaux. « Le jaspe, « dit M. Monnet, est une pierre d’un fond gris blanchâtre ou verdâtre, mêlée de dilférentes
0 teintes de rouge et de blanc dont toute lu substance est quartaousc et teint le milieu eiiti e
1 ce caractère cl l’agate ; elle est dure cl sulidc, fait furtenieiit feu cor.lre le briquet, et a pour
HISTOIRE NATURELLE
Le plus beau de tous les jaspes est le sanguin, qui, sur un vert plus ou moins bleuâtre, présente des points ou quelques petites taches d’un rouge vif de sang, et qui reçoit dans toutes ses dimensions un poli luisant et plus sec que celui dos autres jas[)es. Quelques-uns de nos nomenclateurs, qui cepcndanl ne craignent pas de multiplier les espèces et les sortes, n’en ont fait (|u’une du jaspe sanguin et du jaspe héliotrope, quoique Boëcc de Root les eût avertis d’avance que le jaspe sanguin ne prend le nom d'héliotrope que quand il est à demi transparent (1) ; ce qui suppose un jaspe mixte, dans Iccpicl le suc cristallin du feld-spath est entré, et produit des reflets chaloyants, au lieu que le jaspe sanguin n’offre ni transparence ni chatoiement dans aucune de scs parties.
Les jaspes, et surlout ceux de seconde formalion, ressemblent aux cailloux |)ar leur opacité et par leur poli : mais ils en diffèrent par la forme qui est rarement globuleuse comme celle des cailloux , et on les distinguera toujours en examinant leur cassure; la fracture des jaspes ])arait être terreuse et semblable à celle d’une argile desséchée, tandis (jue la fracture des cailloux est luisante comme celle du verre.
Les beaux jaspes héliotrope et sanguin nous viennent du Levant; les Romains les liraient de l’Égypte : mais les anciens comprenaient sous ce nom de jaspe, plusieurs autres pierres qui ne leui- ressemblaient que I)ar la couleur verte, telles que les prismes d’émeraudes, les prascs ou agates verdâtres, etc. (2).
Les \ oyageurs nous apprennent qu’on trouve de Irès-beaux jaspes à la Chine, au Japon, dans les terres du Calai (3), et de plusieurs autres provinces de l’Asie (4). Ils en ont aussi vu au Mexique (.l).
« caractère distinctif d’extrci- en vilrification d’elle-mêmc , à canne de ta grande quantité de a c/muæ- qu’elle contient. » Nouveau Système de Minéralogie. Bouillon, 1779, page 21(5,
(1) Les jaspes par la variété et l’élégance de leurs couleurs, et par la diversité des images qu’ils représentent, n’étaient pas moins estimés autrefois que les agates, et ils le seraient encore s'ils étaient moins communs. On préfère à tous les autres le jaspe oriental, qui est d’un vert Ijlouâlre oBseiir, parsemé de taches sanguines; lorsqu'il est à demi-lruiisparcnt, on lui donne le nom d'héliotrope ou tournesol. On emploie le jaspe à faire des caelicts, des figures, des cuillers, des tasses, des manches de coule.au, des chapelets, etc. Le jaspe n’est pas plus cher que l’agate, à moins qu’il ne soit riche en couleurs et en images ; car alors il n’a point de pri.v déterminé. Boëcc de Boot, livre II, pages 200 et 230.
(2) Les ja.spes de l’Iiide et de la Thrase ont la couleur de l’cmeraudc ; ceux de Chypre sont durs cl d’un vert grossier ; ceux de Perse et des environs do la nier Caspienne sont d’une couleur semblable a celle du ciel dans les malinées d'automne , et c’est par cette raison que les aticicns lui ont donné le nom d'Aei'hoîa. Les jaspes des environs du llcuve Thermodon sont bleus; ceux de Phrygie, de couleur imurpréc; ccu.x de la Cappadocc, d’un pourpre tirant sur le bleu ; ceux de la Chalride ont une couleur trouble et obscure. Les jaspes de couleur pourjirée sont les jiliis recherchés, ensuite ceux de couleur do rose et d’un vert d’émeraude. Les Grecs ont dotiné à ces dilférents jaspes des dénominations analogues leurs couleurs. Pline, livre XXXVll, chapitres S et II.
(.") Voyez rilistoirc générale des Voyages, tome XXVH , pages ."7 et .W , cl tome LX, page 522.
(i) On trouve des jaspes en Phrygie, dans la Thracc, l’Assyrie, la Perse , la Cappadocc , l’Inde et Pile de Chypre , l’Amérique, cl en plusieurs endroits d’Allemagne. Boëce de Bout, livre II, pages 2oO et 231.
(•)) lïnire les miuéianx, on vante une espèce de ja-pe ipic les Mexicains noimncul Eztell,
En Europe , rAllemagne est le pays où les jaspes se trouvent en pins grande quantité : « La Dohènie, dit Bocee de Boot , produit de très- « beaux jaspes rouges, sanguins, pourpres, blancs et mélangés de lou- « tes sortes de couleurs. On trouve celte i)ierrc en masses assez considérables, pour en faire des statues (1). On connaît aussi les jaspes d’Italie, de Sicile, d’Espagne; et il s’eu trouve dans quelques provinces de France, comme en Dauphiné, en Provence, en Bretagne et dans le pays d’Aunis (2) : c’est peut-être au zinopel ou sinople (3), que l’on doit rapporter ces jaspes grossiers et rougeâtres du pays d’Aunis.