DIAMANT
J’ai cru pouvoir avancer et meme assurer, (pielque temps avant qu’on en eût fait l’épreuve (I), que le diamant était une substance combustible; ma présomption était fondée sur ce qu’il n’y a que les matières inflammables qui donnent une réfraction plus forte que les autres relativement à leur densité iespeclive. La réfraction de l’eau, du verre et des autres matières transparentes solides ou liquides, est toujours, et dans toutes, proportionnelle à leur densité ; tandis que dans le diamant, les liuiles, l’esprit-de-vin, et les autres substances solides ou li(juides qui sont inflammables ou combustibles, la réfraction est toujours beaucoup j)lus grande relativement à leur densité. Mon opinion, au sujet de la nature du diamant, quoique fondée sur une analogie aussi démonstrative, a été contredite jusqu’à ce que l’on ait vu le diamant brûler et se consumer en entier au foyer du miroir ardent. La main n’a donc fait ici que confirmer ce que la vue de l’esprit avait aperçu; et ceux qui ne croient que ce qu’ils voient seront dorénavant convaincus qu’on peut deviner les faits par l’analogie; et que le diamant, comme toutes les autres matières transparentes, solides ou liquides, dont la réfraction est, relativement à leur densité , plus grande qu’elle ne doit étre,^sonl réellement des substances inflammables ou combustibles.
En considérant ces rapports de la réfraction et de la densité, nous verrons que la réfraction de l’air, qui de toutes est la moindre, ne laisse pas que d’ôtre trop grande relativement à la densité de cet élément; et cet excès ne peut provenir que de la quantité de matière combustible qui s’y trouve mêlée, et à laquelle on a donné dans ces derniers temps la dénomination d'air inflammable :c^asl en effet cette portion de substance inflammable mêlée dans l’air de l’atmosphère qui lui donne celte réfraction plus forte relativement à sa densité. C’est aussi cet air inflammable qui produit souvent dans l’atmosphère des phénomènes de feu. On peut employer cet air inflammable pour rendre nos feux plus actifs ; et quoiqu’il ne réside qu’en très-petite quantité dans l’air atmosphérique, celte petite quantité suffit pour que la réfraction en soit plus grande qu’elle
(1) Voy«i, ilsus cette Histoire naturelle, l’article de la Lumière, de la Chalaur et du Peu.
DES MINÉIVAUX. 515
ne le serait si l’atmosphère était privée de cette portion de matière com. bustihie.
On a d’abord cru que le diamant exposé à l’action d’un feu violent se dissipait et se volatilisait sans souffrir une combustion réelle ; mais des expériences bien faites et Irès-inultipÜéesont démontré que ce n’est pas en se dispersant ou se volatilisant, mais en brûlant comme toute autre matière intlammable, que le diamant se détruit au feu libre et animé par le contact de l’air (1).
Ou n’a pas fait sur le rubis, la topaze et le saphir autant d’épreuves que sur les diamants. Ces pierres doivent être moins combustibles, puisque leur réfraction est moins forte que celle du diamant, quoique relativement à leur densité celte réfraction soit plus grande, comme dans les autres corps inllammables ou combustibles : et en effet, on a brûlé le rubis au foyer du miroir ardent. Ou ne peut guère douter que la topaze et le saphir, qui sont de la même essence, ne soient également combustibles. Ces pierres précieuses sont, comme les diamants, des produits de lu terre limoneuse, puisqu’elles ne se trouvent , comme le diamant, que dans les climats chauds, et qu’attendu leur grande densité et leur dureté, elles ne peuvent provenir des matières vitreuses, calcaires et métalliques; que de plus, elles n’ont demême qu’une simple réfraction trop forte relativement à leur densité; et qu'il faut seulement leur appliquer un feu encore plus violent qu’au diamant pour opérer leur combustion; car leur force réfractivc n’étant que de 15, tandis que celle du diamant est de 30, et leur densité étant plus grande d’environ un seplième que celle du diamant, elles doivent contenir proportionnellement moins de jiarlies combustibles, et résister plus longtemps et plus puissamment à l'action du feu, cl brûlei' moins complètement que le diamant qui ne laisse aucun résidu après sa combustion.
ün sentira la justesse de ces raisonnements, etj se souvenant que la puissance réfractive des corps transparents devient d’autant plus grande qu’ils ont plus d’affinité avec la lumière ; et l’on ne doit pas douter que
(1) J’ai compose, en 1770, lo premier volume de mes SuppliSments * **. Comme je ne m’occupais pas alors de î’hisloirc ualurclle des pierres , et (juc je n’avais pas fait de iccherchcs historiques sur cet objet, j’ignorais que dès le temps de Boyle on avait fait en Angleterre des expériences sur la combustion du diamant , et qu’ensuile on les avait répétées avec succès eu Italie et en Allemagne ; mais MM. Macquer, üarectcl quelques autres savants chimistes, (]ui doutaient encore du fait, s’en sont convaincus. MM. de Lavoisier, Cadet et Milouard ont donné sur ce sujet un très-bon Mémoire en 1772, dans lequel on verra que des diamants de toutes couleurs, mis dans un vaisseau parfiiitcnieut clos, ne souffrent aucune perte ni diminution de poids, ni par conséqiicul aucun effet de la combustion, quoique le vaisseau qui les renferme fût e,xposé à l’action du fou le plus violent * *; ainsi le diamant ne se décompose ni ne se volatilise en vaisseaux clos, et il faut l’action de l’air libre pour opérer sa combustion.
* aestarmtnt le> articlei lur tel Êlémoati, Dciii. 1827.
** .Uémutrei de HX. LaVuiiiec et Cadet, Académie doi Suicueeit aaaée 1772.
HISTOIRE NATURELLE
ces corps ne coiilracleiil colle plus forte aflinité par la plus grande (luanlilé de feu rju’ils eünlienncul j car ce feu lixc agit sur le feu libre de la lumière, et rend la réfraction des substances combustibles d’autant plus forte qu’il réside en j)lus grande quantité dans ces mêmes substances.
On trouve les diamants dans les contrées les plus chaudes de l’un et de l’autre continent; ils sont également combustibles. Les uns et les autres n’offrent qu’une simple et très-forte réfraction ; cependant la densité et la dureté du diamant d’Orient surpassent un peu celles du diamant d’Amérique (1). Sa réfraction j)arait aussi plus forte et son éclat j)1hs vif; il se cristallise en octaèdre, et celui du Brésil en dodécaèdre : ces différences doixent en produire dans leur éclat, et je suis persuade qu’un œil bien exercé pourrait les distinguer (2).
M. Dufay, savant physicien, de l’Académie des Sciences, et mon trèsdigne prédécesseur au Jardin du Roi, ayant fait un grand nombre d expériences sur des diamants de toutes couleurs, a reconnu que tous n avaient qu’une sinqile réfraction à i)eu près égale; il a vu (|ue leurs couleurs, (juoique produites par une matière métallique, n’étaient pas iixes, mais volatiles, parce que ces couleurs disparaissent en faisant chauffer fortement ces diamants colorés dans une pâte de porcelaine. Il s est aussi assure sur un grande nombre de diamants que les uns conserx aient plus longtemj)s et rendaient plus vivement que les autres la lumière dont ils s’ind)ibent, lorscpi’on les expose aux rayons du soleil ou même à la lumière du jour. Ces faits sont certains; mais je me raj)pellc que, m’ayant communicjué scs obscrxations, il m’assura positivement que les diamants naturels qu’on appelle pointes waves ou natives,
(t) La i)csaiiteur spcdlHilic du rliamiuit Idaiic oriental octaèdre est de 3a212| ecllc du diamant oriental couleur de rose, de 38310, et la pesanteur spceifiiiuc du diamant dodécaèdre du Ilresil n est que de Siüt. Taldes de M. lirisson. — (A'ot«.) Cette estimation ne s’accorde pas avec celle que M. Fdlieot a donné dans les Transaetions pliilosoplii(pics , année 17L3, n" t7(i. La pesanteur spécinqiie du diamant d’Orienl est, selon lui, de 3317; et celle du diamant du Brésil, de 3313, dilîcrcnce si petite, qu'on pouvait la regarder comme nulle ; mais connaissant I exactitude de M. Brisson , et le précision avec laquelle il fait scs expériences , je crois que nous devons nous en tenir à sa détermination ; cependant ou doit croire rju’il y a , tant en Orient qu au Brésil , des diamants spceifiquemeut plus pesants les uns que les autres, et (jue probnLIcment M. Ellicol aura composé le poids spécifique d’un des plus pesants du Brésil avec un des moins pesants d’Oriciit.
(2) Le diamant d'Orient cristallise en oelaèdrcs parfaits, quelquefois tronqués légèrement, soit dans les angles, soit dans leurs bords... Le diamant du Brésil se rapporte beaucoup par la cristallisalion au grenat dodécaèdre : cette forme semble indiquer que le diamant du Brésil n est pas combine aussi parfaitement rpic cebri d’Orient, aussi est-il moins dur*, moins pesant, moins parfait. Lettres de M. Demeste, tome I, page fü7. — Les diamants orientaux ont plus de dureté, de vivacité et de jeu que ceux du Brésil; iru œil exercé ne s’y méprend prcsrjue j.trriais. >’ote commuuiiiuéc par XI. lloppc , commis d’ambassade de Sa Majesté Impériale, apostolique, amateur et conrraisseur Irès-cxcrcé.
DES MINEUAUX.
et qui ii’oiil pas été taillés, sont tous cristallisés eu cuDcs. Je n’imagine pas comment il a pu se tromper sur cela, car personne n’a peut-être manié autant de diamants taillés ou bruts; il avait emprunté les diamants de la couronne et ceux de nos princes pour scs ex|)ériences ; et d’après cette assertion de M. Dul'ay, je doute encore que les diamants de l’ancien continent soient tous octaèdres, et ceux du Brésil tous dodécaèdres. Cctle différence de forme n’est probablement pas la seule, et semble nous indiquer assez qu’il peut se trouver dans les diamants d’autres formes de cristallisation dont M. Dufay assurait que la cubicpie était la plus commune. M. Uaubenton, de l’Académie des Sciences, et garde du Cabinet du Roi, a bien voulu me communitiuer les recberclies ingénieuses qu’il a faites sur la structure du diamant; il a reconnu que les huit faces triangulaires du diamant octaèdre brut sont partagées par des arêtes, en sorte que ces faces triangulaires sont convexes à leur surface (l). Ce sa\ant naturaliste a aussi observé que la pi'écision géométrique de la ligure ne se trouve pas plus dans l’octaèdre du diamant que dans les autres cristallisations, et qu’il y a plus de diamants irréguliers (|ue de régulièrement octaèdres, et ipie nou-seulcmcnt la ligure extérieure de la plupart des diamants est sujette à varier, mais (pi’il y a aussi des diamants dont la structure intérieure est irrégulière ('2).
(1) On apci'çoil, sur chacune des huit faces du diamant brut, trois ligues qui sont renflées comme de petites veines, et qui s’étendent cliaeunc dopnis l’un des angles du triangle jusqu’au milieu des eôlcsopposcs,ccqui forme six petits triangles dans le grand, en sorte qu’il y a (]uarantc-huit compartiments sur la surface entière du diamant brut, que l’on peut réduire à vingt-quatre, parce que les comparlimeuls qui sont de chaque cote des arêtes ilu diamant brut ne sont |)as séparés l’un de l’autre par une pareille arêle, mais sinq)lciiicnt par une veine : CCS veines sont les jointures de l’extrémité des lames dont le dianinnl est composé. Le diamant est en effet formé de lames qui se séparent et s’exfolient j)ar l’action du feu.
Le fil du diamant est le sens dans lequel il faut le frotter pour le polir; si on le frottait à contre-sens, les lames qui .sont superposées les unes sur les autres , comme les feuillets d’un livre, SC replieraient ou s’égrèneraient, parce qu’elles ne seraient pa.s frottées dans le sens qu’elles sont couchées les unes sur les autres.
l'our polir le diamant, il ne sullit pas de suivre le sens des lames su|icrpasces les unes sur les autres, en les frottant du haut en bas ; mais il faut encore suivre la direction des libres dont ces mêmes lames sont composées : la direction de ces libres est parallèle à la base de chaque triangle, en sorte que lorsqu’on veut polir à la fois deux triangles îles quaraule-buit dont nous avons parlé, et suivre en même temps le fil du diainaiil, il faut <lirigcr le frottement en deux sens conti aii os, et toujours parallèlcmeul à la base de chaque triangle.
Chacpie lame est pliée en deux parties égales pour former une arêle de l’octaèdre ; et par leur superposition des unes sur les autres, ces lames ne peuvent recevoir le poli ((UC dans le sens où le frottement se fait de haut en lias du triangle, c’est-à-dire en passant successivement d’une lame plus courte à une lame plus longue. Note communiquée par ,M. Daubenlon.
(2) Lorsque cette irrégularité est grande, les diamantaires ne peuvent suivre aucune règle pour les polir, cl c’est cc qu’ils appellent ilkiinanta de nature qu’il.s ne font (ju’uscr et échauffer San.-, les polir, parce que les lames étant irrcgulièromcnt superposées les unes sur les autres, elles ne présentent aucun sens continu dans lequel on puisse les flotter. — On ne peut juger
BurroN, tora. iv. 21
Les caractères que Ton voudrait tirer des formes de la crislallisatiou seront donc toujours équivoques, fautifs, et nous devons nous en tenir à ceux de la densité, de la dureté, de Tlioiuogénéité, de la fusibilité et de la combustibilité, qui sont non-seulement les vrais caractères, mais même les propriétés essentielles de toute substance, sans négliger néanmoins les qualités accidentelles, comme celles de se cristalliser plus ordinairement sous telle ou telle forme, de s’imbiber de la lumière, de perdre ou d’acquérir la couleur par l’action du feu, etc.
Le diamant, quoique moins dense que le rubis, la topaze et le saphir (1), est néanmoins plus dur; il agit aussi plus puissamment sur la lumière qu’il reçoit, réfracte et réflécliit beaucoup plus fortement : exposé à la lumière du soleil ou du jour, il s’imbibe de cette lumière et la conserve pendant quelque temps; il devient aussi lumineux lorsqu’on le chauffe ou qu’on le frotte contre toute autre matière (2); il acquiert plus de vertu électrique par le frottement qvie les autres pierres transparentes : mais chacune de ces pro])riétés ou qualités varie du plus au moins dans les diamants eoinine dans toutes les autres productions de la nature, dont aucune qualité particulière n’est absolue. Il y a des diamants, des rubis, etc., ])lus durs les uns que les autres; il s'en tiouve de plus ou moins phosi)horiques, de plus ou moins électriques ; et quoique le diamant soit la pierre la plus parfaite de toutes, il ne laisse pas d’étre sujet, comme les autres, à un grand nombre d’impeiTections et même de défauts.
La première de ces imperfeclions est la couleur; car, quoique à cause de la rareté on fasse cas des diamants colorés, ils ont tous tiioins de feu, de dureté, et devraient être d’un moindre prix que les blancs dont l’eau est pure et vive (3). Ceux néanmoins qui ont une couleur décidée de rose, d’orangé, de jaune, de vert et de bleu, réfléchissent ces couleurs avec plus de vivacité que n’en ont les rubis balais, vermeilles, topazes et saphirs, et sont toujours d’un plus grand prix (jue ces pierres (4) : mais ceux dont les couleurs sont brouillées, brunes ou noirâtres,
les diamants que lorsque leurs surfaces sont ualurellemeiil brillantes, ou lorsqu’on les a polis par l’art. Suite tic lu note communiquée par M. Daubeiilou.
(1) La pesanteur spécifique du rubis d’Orient est de i28ôô; celle de la vermeille est de 42299 ; celle de la topaze d’Orient, de 40106; celle du saphir d’Orient bleu, de 59941 ; du saphir blanc, 39911, et la pesanteur spécifique du diamant oriental n’est que de 33212.
(2) Si l’on frotte légèrement le diamant dans l’obscurité avec le doigt ou un morceau d’étoffe de laine ou de soie, tout son corps paraît lumineux ; bien plus, si après l’avoir frotté ou le présente à l’œil, il conserve sa lumière pendant quelque temps. Dictionnaire encyclopédique de Chambers, article Diamant.
(3) Les diamants de couleur sont un peu moins durs (jue les blancs. Kole communiquée par M. Hoppé.
(4) Les diamants s’imprègnent de toutes les couleurs qui brillent dans les autres pierres précieuses (excepté la violelU ou la pourpre); mais ces couleurs sont toujours très-claires,
n’oiil que peu de valeur. Ces diaiuaiils de couleur oLscui-e soûl sans comparaison plus conuiiuns que les aulres ; il y en a même de noirs (1), et presque opaques, qui ressemblent au premier coup d’œil à la pyrite martiale (2). Tous ces diamants n’ont de valeur que par la singularité.
Des défauts encore très-communs dans les diamants blancs et colorés sont les glaces et les points rougeâtres, bruns et noirs ; les glaces proviennent d’un manque de continuité et d’un vide entre les lames dont le diamant est composé; et les points, de (juelque couleur qu’ils soient, sont des particules de matière hétérogène qui sont mêlées dans sa substance. Il est difficile de juger des défauts, et encore moins de la beauté des diamants bruts, même après les avoir décroùlés. Les Orientaux les examinent à la lumière d’une lampe, et prétendent qu’on en juge mieux qu’à celle du jour. La belle eau des diamants consiste dans la netleté de leur transparence, et dans la \ivacilé de la lumière blanche qu’ils renvoient à l’œil; et dans les diamants bruts, on ne peut connaître celte eau et ce reflet que sur ceux dont les faces extérieures ont été polies par la nature; et comme ces diamants à faces polies sont fort rares, il faut en général avoir recours à l’art et les polir |)Our pouvoir en juger, l.orsque leur eau et leur reflet ne sont pas d’un blanc éclatant et pur, et qu’on y aperçoit une nuance de gris ou de bleuâtre, c’est une imperfection, qui seule diminue prodigieusement la valeur du diamant, quand même il n’aurait pas d’autres défauts. Les Oi ienlaux prétendent encore que ce n’est qu’à l’ombre d’un arbre touffu qu’on peut juger de l’eau des
c’est-à-dire qu’un diamant rouge est couleur de rose, etc.; il n’y a que le jaune dont les diamants SC chargent assez fortement pour égaler quelquefois et même surpasser une topaze d’Orieiit.
C’est la couleur bleue dont le diamant se charge le plus après le jaune : en général, les diamants volons 'purement sont rasi émemcnt rares, la couleur qu’ils prennent le plus communément est un jaune sale, enfumé ou roussàtre, et alors ils diminuent beaucoup de leur valeur ; mois lorsque les couleurs sont franches et nettes, leur prix augmente du double, du triple, et souvent même du quadruple.
Le bleu pur est la couleur la plus rare à rencontrer dans un diamant; car les diamants bleus ont presque toujours un tou d’acicr ; le roi en possède un do cette couleur d’un volume très-considérable; celte pierre est regardée par les amateurs comme une des productions les plus étonnantes et les plus parfaites de la nature.
Les diamants rouges, ou plutôt roses, ont rarement de la vivacité et du jeu, ils ont ordinairement un ton savonneux : les verts sont les plus recherebés des diamants de couleur, parce qu’ils joignent à la rareté et au mérite de la couleur la vivacité et le jeu que n ont pas toujours les autres diamants eolorc^. Il y a des diamants très-blancs et très-purs, qui n’ont cependant pas plus de jeu qu’un cristal de roche; ceux-là viennent ordinairement du Brésil. Note communiquée par JL Iloppé.
(1) SI. Butens dit avoir vu un diamant noir dans la collection du prince de Lichtenstein, à Vienne.
(2) Il y a des diamants qui approchent beaucoup des pyrites martiales par leur couleur noire et brillante comme de l’acier. Lettre de M. Demeste, tome I, p. ^09.
HISTOlUE NATURELLE
diamants (1). Enfin ce u’esl pas lonjonrs |)ai' le volume ou le poids qu’on doit estimer les diamants; il est vrai que les gros sont sans comparaison |)Ius rares et bien i)lus précieux que les petits, mais dans tous la proportion des dimensions fait plus que le volume, et ils sont d’autant plus chers qu’ils ont plus de hauteur, de fond ou d’épaisseur relativement à leurs autres dimensions (2).
Pline nous apprend (pie le diamant était si rare autrefois (3) que son prix excessif ne perincllait qu’aux rois les jilus puissants d’en avoir : il dit que les anciens se persuadaient qu’il ne s’en trouvait qu’en Éthiopie, mais que de son temps l’on en tirait de l’Inde, de l’Arabie, de la Macédoine et de l'ile de Chypre; néanmoins je dois observer que les habitants de l’ile de Chypre, de la Macédoine, de l’Arabie, et même de l’Ethiopie, ne les trouvaient pas dans leur pays, et que ce ra|)port de Pline ne doit s’entendre que du commerce (jue ces peuples faisaient dans les Indes orientales, d’où ils liraient les diamaids que l’on portail ensuite en Italie. On doit aussi modilier, et même se refuser à croire ce que le naturaliste romain nous dit des vertus sympathiques et antipathiques des diamants, de leur dissolution dans le sang de bouc, et de la propriété qu’ils ont de détruire l’action de l’aimant sur le fer.
On employait autrefois les diamants bruts et tels qu’ils sortaient de la terre : ce n'est que dans le quinzième siècle qu’on a trouvé en Europe l’art de les lailler; et l’on ne connaissait encore alors que ceux qui nous venaient des Indes orientales ; « En 1078, dit un illustre voyageur, il « y avait, dans le royaume de Colconde, vingt mines de diamants « ouvertes, et quinze dans celui de V’isapour. Ils sont très-abondants U dans ces deux royaumes ; mais les [)rinccs (|ui y régnent ne perniel- <1 lent d’ouvrir qu'un certain nombre de mines, et se réservent tous « les diamaids d’un cei lain poids; c’est pour cela qu’ils sont rares, et « qu’on en voit li‘ès-peu de gros. Il y a aussi des diamants dans beau- « coup d’autres lieux de l’Inde, et particulièremeid dans le royaume de Il Pégu; mais le roi se contente des autres pierres précieuses et de di- « verses productions ulites que fournil son pays, et ne souffre pas au- <1 cime recherche pour y tiouvcr de nouveaux trésors, dans la crainte Il d’exciter la cupidité de (piehiue puissance voisine. Dans les royaumes Il de Golcondc et de 'Visapoui-, les diamants se trouvent ordinairement Il épars dans la terre, à une médiocre profondeur, au pied des hautes
(I) Voj'oz l'.'ii ticlcdu üiiimani ilaiis le Diclionnaii'c encyclopédique de flliandici's.
(ü) l'icniièicniciH il l'aul savoir combien (lùsc le diamant, et puis voir s’il est parlait j si c’est une pierre épaisse, bien carrée, et qui ait tous scs coins; si elle est d’une eau blanche et live, sans points et sans ;^laccs; si c’est une pierre taillée à fcceltcs, et que d’ordinaire on appelle une rose, il faut prendie jjarde si la forme est bien loudc ou ovale, si la pieirc est de belle étendue, et culin qu'elle ait la même eau, cl qu’elle soit sans points et sans glaces, comme j’ai ilit de la pieire épaisse. Voyages de 'l'avernicr, tome IV, livre II, p. ôi et suivantes.
(5) llistuiie naturelle, livre XXXVII, cbapitre I\^
DKS MINÉRAUX. 321
K montagnes, formées en partie |)ar ilifi'érents lits de roc vif, blanc et ü très-dur : mais cependant, dans certaines mines qui dépendent de <1 Golcondc, on est obligé de creuser en quelques lieux à la profondeur « de (luarante ou cimiuante brasses, au travers du rocher et d’une sorte B de pierre minérale assez semblable à certaines mines de fer, jusqu’à « ce qu’on soit parvenu à une couche de terre dans laquelle se trou- « vent les diamants. Celle terre est rouge comme celle de la plupart des « autres mines de diamants j il y en a cependant (juehiues-unes dont K la ferre est jaune ou orangée, et celle de la seule mine de Worthor « est noire (I). » Ce sont là les principaux faits que l’on peut recueillir du Mémoire qui fut présenté sur la lin du siècle dernier à la Société royale de Londres par le grand maréchal d’Angleterre, touchant les mines de diamants de l’Indc, qu’il dit avoir vues et examinées.
De tous les atitres voyageurs, Tavernier est i)resque le seul qui nous ait indicpié d’une manière un peu précise les différents lieux où se trouvent les diamants dans l’ancien continent; il donne aussi le nom de mines de diamants aux endroits dont on les lire, et tous ceux qui ont écrit après lui ont adopté cette expression tandis que, par leui'S propres descriptions, il est évident que non-seulement les diamants ne se trouvent pas en mines comme les métaux, mais que même ils ne sont jamais attachés aux rochers comme le sont les cristaux. On en trouve à la vérité dans les fentes plus ou moins étroites de quelques rochers, et quelquefois à d’assez grandes pi-ofondeurs, lorsque ces fentes sont remplies de terre limoneuse (2), dans laquelle le diamant se trouve isolé, et n’a pas d’autre matrice que celte même terre. Ceux que l’on trouve à cinq journées de Colconde, et à huit ou neuf de Visapour, sont dans des veines de celle terre entre les rochers; et comme ces veines sont souvent obliques ou tortueuses, les ouvriers sont obligés de casser le rocher, afin de suivre la veine dont ils tirent la terre avec un instrument crochu, et c’est en délayant à l’eau cette terre qu’ils en séparent les diamants. On en ti'ouve aussi dans la première couche de la terre de ces mêmes lieux, à très-peu de profondeur, et c’est même dans cette couche de terre limoneuse (|u’ou rencontre les diamants les plus nets et les plus blancs; ceux que l’on lire des fentes des rochers ont souvent des glaces
(1) Transaclions philosoiiliiiiiies, année 1078.
(2) Les liommes fouillent celte terre, les fcmiiics et les enftiiils la portent dans une place préparée, on l’on jette de IVan par-dessus pour la détremj)Ci' j on fuit écouler celte rau, ensuite on en jette de la nouvelle |us(|u’à ce que toute la terre soit cniraince, cl qu’il ne reste plus que le sable qu'on laisse sécher et que l’on vanne , comme si c’était du blé pour faire en aller lu poussière ; celte terre ou sable étant ainsi vannée , on l’étend avec un râteau pour la rendre unie autant qu’il est possible ; on la bat avec de gros billots ou pilons do bois, puis on l’étend encore, et enfin on se met h un des bords de cette terre, et on y cherche le diamant avec la main, en présence de ceux (pii sont commis à la garde des ouvriers. Voyages de Tavernier, tome IV, livre H, p. 19 et siiiv.
HISTOIRE NATURELLE
qui ne sont pas des défauts de nature, mais des fêlures qui proviennent des chocs que les ouvriers, avmc leurs outils de fer, donnent aux diamants en les recherchant dans ces fentes de rocher (I).
Tavernier cite quelques autres endroits où Ton trouve des diamants : « L’un est situé à sept journées de Golcondc, en tirant droit au levant, « dans une petite plaine voisine des montagnes, et près d’un gros bourg U sur la rivière qui en découle. On rencontre d'autant phis de diamants « qu’on apiu oche de plus près de la montagne, et néanmoins on n’y en « trouve plus aucun dès qu’on monte trop haut. Les diamants se trou- « vent en ce lieu presque .à la surface de la lerre (2). « 11 dit aussi que le lieu où Ton a le plus anciennement trouvé des diamants est au royaunie de Bengale, auprès du bourg de Soonelpour, situé sur la rivière dcGouil, et que c’est dans le limon et les sables de cette rivière que Ton recueille ces pierres précieuses, on ne fouille ce sable qu’à la
(t) C’est ce qui fait qu’on trouve à cette mine quantité de pierres faibles; car dès que les mineurs voient une pierre où la glace est un peu grande, ils se mettent à la cliver, c’est-à-dire à la fendre, à quoi ils sont beaucoup plus styles que nous : ce sont les pierres que nous appelons faibles, etqui sont d’une grande montre; si la pierre est nette, ils ne fout que la passer dessus et dessous sur la roue, et ne s’amusent jioint à lui donner de forme, de peur de lui ôter de son poids : que s’il y a quelques petites glaces, ou quelques points, ou quelque petit sable noir ou rouge , ils couvrent cela de Tarcte de Tune des facettes; mais il fout remarquer que le marcliand aimant mieux un point noir dans une pierre qu’un point rouge, quand il y a un point rouge, on ebaulTe la pierre, et il devient noir. Cette adresse me fut enfin si connue, que lorsque je voyais une partie des pierres qui venaient de la mine, et qu’il y avait des facettes à quelques-unes, j’étais assuré qu’il y avait dans la pierre quelque petit point ou quelque petite glace. Voyages de Tavernier, tome IV, livre II, p. 2 et suiv.
(2) il n’y a qu’environ cent ans que cette mine a été découverte , et ce fut par un pauvre homme, qui, bécliaut un bout de terre où il voulait semer du millet, trouva une pointe naïve jmsant à peu près 2o carats; cette sorte de pierre lui étant inconnue , et lui voyant quelque éclat, il la porta à Golcomie, et par bonliciir pour lui, il lu porta à une pcisoniie qui faisait négoce de diamants. Ce négociant ayant su du paysan le lieu où il avait trouvé la pierre fut tout surpris de voir un diamant d’un tel poids, vu qu’auparavaut les plusgrands que Ton voyait étaient au plus de 10 à 12 carats. Le bruit de cette nouvelle découverte se répandit bientôtdans tout le pays, et quelques-uns du bourg, qui avaient bonne bourse, eommcncèrcut à faire fouiller dans la terre, où ils trouvèrent et où Ton trouve encore, de grandes pierres en plus grande quantité que dans aucune autre mine : il se trouve, dis-je, à présent eu celle-ci quantité de pierres depuis 10 jusqu’à iO carats, et même quelquefois de bien plus giaudes; entre autres le grand diamant qui pesait 90 carats avant que d’être taillé, dont Mirgimola fit présent à Aurangzcb, comme je Tai dit ailleurs, avait été tiré de celle mine.
Mais si celle mine de Couloux est considérable pour la quantité des grandes pierres que Ton y trouve, le mal est que d’ordinaire ces pierres ne sont pas nettes, et que leurs eaux tiennent de la qualité du terroir où elles se ti ouvent ; si ce terroir est marécageux et humide, la pierre tire sur le noir; s’il est rougeâtre, elle lire sur le rouge, cl ainsi des autres endroits, tantôt sur le vert, tantôt sur le jaune, d’autant que du bourg à la montagne il y a diversité de terroirs : sur la plupart de ces pierres , après qu’elles sont taillées , il paraît toujours comme une espèce de graisse, qui fait qu’on porte incessamment la maiii au mouchoir pour l’essuyer, à'oyages de Tavernier, tome IV, liv. Il, p. 17 et suiv.
profondeur de deux pieds ; et néanmoins c’est de celle rivière que viennent les diamants de la plus belle eau : ils sont assez petits, et il est rare qu’on y en trouve d’un grand volume. Il a observé qu’en général les diamants colorés tirent leiw teinture du sol qui les produit.
Dans un autre lieu du royaume de Golconde on a trouvé des diamants en grande quantité; mais comme ils étaient tous roux, bruns ou noirs, la recherclie en a été négligée et même défendue. On trouve encore de beaux diamants dans le limon d’une rivière de l’ile de Bornéo ; ils ont le même éclat que ceux de la rivière de Gouil, ou des autres qu’on tire de la terre au Bengale et à Golconde (I).
On comptait, en 1678, vingt-trois mines, c’est-à-dire vingt-trois lieux différents d’où l’on lire des diamants au seul royaume de Golconde; et dans tous la terre où ils se trouvent est jaunâtre ou rougeâtre, comme notre terre limoneuse ; les diamants y sont isolés et très-rarement groupés deux ou trois ensemble. Ils n’ont point de gangue ou matrice particulière, et sont seulement environnés de celte terre : il en est de même dans tous les autres lieux où l’on lire des diamants, au .Malabar, à Visapour, au Bengale, etc. : c’est toujours dans les sables des rivières ou dans la première couche du terrain , ainsi que dans les fentes des rochers remplies de terre limoneuse, que gisent les diamants, tous isolés et jamais attachés, comme les cristaux, à la surface du rocher; quelquefois ces veines de terre limoneuse qui remplissent les fentes des rochers tlescendenl à une profondeur de plusieurs toises, comme nous le voyons dans nos rochers calcaires ou même dans ceux de grès, et dans les glaises dont la surface extérieure est couverte de terre végétale. On suit donc ces veines perpendiculaires de terre limoneuse qui produisent des diamants, jusqu’à celte profondeur; et l’on a observé que dès qu’on trouve l’eau il n’y a plus de diamants, parce ipie la veine de terre limoneuse se termine à celte profondeur.
On ne connaissait, jusqu’au commencement de ce siècle, que les diamants qui nous venaient des presqu’îles ou des îles de l’Inde orientale; Golconde, Visapour, Bengale, Pégu, Siam (2), Malabar, Ceylan et Bornéo (3), étaient les seules contrées qui en fournissaient; mais en 1728,
(1) Voyages de Tavernier, tome IV, liv. Il, p. 17 et suiv.
(2) Ou assura La I.oubère que divers particuliers siamois ayant préseuté aux officiers du roi de Siam iguelques diamants qu’ils avaient tirés des mines de ce royaume , s’étaient retirés au Pégu, dans le chagrin de n’avoir reçu aucune récompense. Histoire générale des Voyages, tome IX, p. 308.
(3) Il y a des diamants à Siikkademia , dans Pile de Bornéo. Les diamants que celle vjlle loiii'nit en abondance, et qui passent pour les meilleurs de runivers, se pèchent dans la rivière de Lavi, eu plongeant , comme on fait pour les perles ; on y en trouve dans tous les temps de l’année , mais surtout aux mois de janvier , avril , juillet et octobre : on trouve encore à .«e procurer des diamants à Eenjusmar.sin , dans la même île; on y en compte de quatre sortes qui sont distinguées par leur eau , que les Indiens appellent Verna ; venta ambou est le blanc,
HISTOIRE NATURELLE
on en a trouvé dans le sable de deux r ivières au Brésil ; ils y sont en si grande quantité, que le gouvcrnenienl de Portugal fait garder soigneusement les avenues de ces lieux, pour qu’on ne iniisse y recueillir de diamants qu’autantquc le commerce peut en faire débiter sans diminution de prix (t).
Il est plus que pi’obable que si l’on faisait des recherches dans les climats les plus chauds de l’Afrique, on y trouverait des diamants, comme il s’en trouve dans les climats les plus chauds de l’Asie et de l’Amérique (2) : quehpies relateur’S assui’cnt (ju’il s’en li*ouve en Arabie, et même à la Uhine j mais ces faits me semblent très-douteux, et n’ont clé confirmés jrar aucun de nos voyageurs l’éccnls.
Les diamanis bi-uts, quoiriue bien lavés, n’ont que très-peu d’éclat, et ils n’en prennent (pie jiar le poli, qu’on ne peut leur donner qu’en employant une matière aussi dure, c’est-à-dire de la pondre de diamant ; toute autre substance ne fait sur ces pierres aucune impression sensible, et l’art de les tailler est aussi moderne qu’il était difficile (5); il y a
verna lonJ le vcrl, vm lia sakkar lu jaune, et vcriia bessi une couleur entre le vert et le jaune. Histoire générale des Voyages, tome I, p. Otiiî, et tome II, p. 188. — Les plus lins et les meilleurs des diamants viennent en quaiililé du royaume de Bellagatla; il s’en trouve bien au Pégu et ailleurs , mais non de tel prix. Voyages de François T’yrard de Laval. Paris , lfil9 , tome 11, p. iii.
(1) En 1728, on découvrit sur quelques branebes de la rivière des Caravclas et à Serro de Frio, dans la province de Minas-Geracs, au Brésil, de véritables diamants ; on les prit d’abord pour des cailloux inutiles ; mais en 17.)0, ils furent recomms pour de très-beaux diamants, et les Portugais en ramassèrent avec lanl de diligcnec, qu’il en vint 111(5 onces par la flotte de Itio-.Taueiro : celte abondance en fit baisser le prix considérablement j mais les mesures prises par un miiiislre attentif les ramenèrent bientôt à leur première valeur... Aujoiird’bui la cour de Portugal jellcdans le commerce (i(K)OO carats de diamants; c’est un seul négociant qui s’en saisit, et qui donne 5,120,(100 livres, à raison de 25 livres le carat : si la fraude s’élève à un dixième, comme le pensent tous les gens instruits, ce sera 312, (HJO livres qu’il faudra ajouter à la somme touchée par le gouvernement... Les diamants du Brésil ne sont pas tirés d’une carrière : ils sont la plupart épars dans des rivières dont ou délournc plus ou moins souvent le
cours et on les trouve en plus grand nombre dans lu saison des pluies et après de grands
orages. Ili.sloire pliilosophique et politique des deux Indes.
(2) On trouve dans la l ivière ilo Sesto.s, sur la côte de Malaguelte, en Afrique, une sorte de cailloux semblables à ceux de Mcdoc, mais plus durs , plus clairs et d’un plus beau lustre; ils coupent mieux que le diamant , et n’ont guère moins d’éclat lorsqu’ils sont bien taillés. Histoire générale des Voyages, tome III, p. (500.
(3) Aupar.avanl qu’on eût jamais pensé de pouvoir tailler les diamants, lassé qu’on était d’avoir essayé plusieurs manières pour en venir à bout, on était contraint de tes mettre en œuvre tels (|u’oa les icncoiilrail aux Indes; c’est, à savoir, des pointes naïves qui se trouvent au fond des torrents (|uand les eaux se sont retirées , et dans les sables tout à fait bruts , sans ordre et sans grâce , sinon quelques faces au busard, irrégulières et mal polies , tels enfin que la nature les produit , et qu’ils se voient encore aujourd’hui sur les vieilles châsses et reliquaires de nos églises. Ce fut dans le quinzième siècle que Louis de Berquen , natif de Bruges, trouva la muuièr<f île polir les diamants; d’abord il mit deux diamants sur le ciment, et après les avoir csgruiscs l’uu contre l’autre , il vit manirestement que , par le moyen de la poudre
même des diamants qui, quoique de la même essence que les antres, ne peuvent être polis et taillés que très-dilïicilement; on leur donne le nom de diamants de nature^ leur texture par laines courbes fait qu’ils ne présentent aucun sens dans lequel on puisse les entamer régulièrement (I).