LA MANGOUSTE
Ordre des carnassiers, famille des carnivores, tribu des digitigrades, genre eivclte.
(Cl’VIIÎK.)
La mangouste est domestique en Égypte comme le chat lest en Europe, et elle sert de même à prendre les souris et les ralsj mais son goût pour la proie est encore })lus vif, et son instinct plus étendu que celui du chatj car elle chasse également aux oiseaux, aux quadrupèdes, aux serpents, aux
^00 FIISTOIllI:: NATURELLE.
Icznrds, aux insectes, auaf|ue en general tout ce cjui lui paraît vivant, et se nourrit de toute substance animale. Son courage est égal à la véhémence de son appétit ; elle ne s’effraie ni de la colère des chiens, ni de la malice des chats, et ne redoute pas même la morsure des serpents : elle les poursuit avec acharnement, les saisit et les tue, quelque venimeux qu’ils soient; et lorsqu’elle commence à ressentir les impressions de leur venin, elle va chercher des antidotes, et particuliérement une racine (pie les Indiens ont nommée de son nom, et qu'ils disent être un des plus sûrs et des plus puissants remèdes contre la morsure de la vipère ou de l’aspic. Elle mange les œufs du crocodile, comme ceux des poules et des oiseaux ; elle tue et mange aussi les petits crocodiles quoiqu’ils soient déjà très-forts peu de temps après qu'ils sont sortis de l'œuf; et comme la fable est toujours mise par les hommes à la suite de la vérité, on a prétendu qu’en vertu de celle antipathie pour le crocodile, la mangouste entrait dans son corps lorsqu’il était endormi, et n’en sortait qu’après lui avoir déchiré les viscères.
Les naturalistes ont cru qu il y avait plusieurs espèces de mangoustes, f)arce qu’il y en a de plus grandes et de plus petites, et de poils différents; mais si l'on fait attentionjqu’élant souvent élevées dans les maisons, elles ont dû, comme les au très animaux domesli<pies, subir des variétés,on se persuadera facilement que cette diversité de couleur et celte différence de grandeur n’indiqueut <juc de simples variétés et ne suffisent pas pour constituer des espèces, doutant que dans deux mangoustes que jai vues vivantes et dans plusieurs autres dont les peaux étaient bourrées, j'ai reconnu les nuances intermédiaires, tant pour la grandeur que pour la couleur, et remarqué que pas une ne différait de toutes les autres par aucun caractère évident et constant; il parait seulement qu’en Égypte, où les mangoustes sont pour ainsi dire domestiques, elles sont plus grandes qu’aux Indes où elles sont sauvages. *
* Ccl iclincumori, dit Edwaids, venait des Indes orientales el était fort polit ; j'en ai vu un autre venu d’Égypte, qui était plus du doublc...La seule différence qu’il yavait, outre la grandeur, cuire les deux ichneunions.c’eslque celui d’Égypte avait une peliié touffe do poil à l’extrémité de la queue, au lieu que la queue de celui des Indes SC terminait en poinle, et je crois que cela fait deux especes distinctes et séparées, parce que celui des Indes, qui était si petit en comparaison de celui d’Égypte, avait cependant prisson entier accroissement.— Edwards, page 199.— Nota. Ces différences ne m’ont pas paru suffisantes pour établir deux espèces, attendu qu’entre les plus petites et les plus grandes, c’est-à-dire entre treize et vingl-deux pouces de longueur, il s en trouve d intermédiaires, comme de quinze et dix-sept poucesdegrandeur. Seba, qui a donné la ligure el la description (vol. I, pag. 66, tab. XLI) d’une de ces petites mangoustes qu’il avait eue vivante, el qui lui venait de Ccylan, dit qu'elle était trèsmalpropre et qu’on n’avait pu l’apprivoiser; celte différence de naturel pourrait faire penser que cette petite mangouste est d’une espèce diffcrcnie des antres : cependant elle ressemble si fort à celles dont nous avons [larlé, qu’on ne peut douter que ce ne soit le meme animal ; et d'ailleurs je puis assurer moi-méine avoir vu une de ces petites mangoustes qui était si privée que son maître (M. le président de Robien), qui l aimail beaucoup, la portait toujours dans son chapeau, el faisait à tout le monde 1 éloge de sa gentdlesse et de sa propreté.