‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 133 sur 255 · HISTOIRE NATURELLE DE LA ZIBELINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DE LA ZIBELINE

« Les zibelines vivent clans des trous; leurs nids sont ou dans des creux d arbres, ou dans leurs troncs couverts de mousse, ou sous leurs racines ou sur des hauteurs parsemées de rochers. Elles construisent ces nids de mousse, de branches et de gazon. Elles restent dans leurs trous ou dans leurs nids pendant douze heures en hiver comme en été, et le reste du temps elles vont chercher leur nourriture. En attendant la plus belle saison, elles se nourrissent de belettes, d’hermines, d’écureuils et surtout de lièvres. Mais dans le temps des fruits, clics mangent des baies, et plus volontiers le fruit du sorbier. En hiver, elles attrapent des oiseaux et des coqs de bois. Quand il fait de la neige, elles se retirent dans leurs trous où elles restent quelquefois trois semaines. Elles s’accouplent au mois de janvier. Leurs amours durent un mois, et souvent excitent des combats sanglants entre les mâles. Après 1 accouplement, elles gardent leurs nids environ quinze jours. Elles mettent bas vers la fin de mars, et font depuis trois jusqu’à cinq petits qu’elles allaitent pendant quatre ou six semaines,

« On ne les chasse qu en hiver, et les chasseurs vont ensemble jusqu’au nombre de quarante à cette chasse; ils y vont en canot, et prennent des provisions pour trois ou quatre mois. Ils ont un chef qui, arrivé au lieu du rendez-vous, ainsi que tous les chasseurs, assigne à chaque bande son quartier, et tous les chasseurs doivent lui obéir. On écarte la neige où l’on veut dresser des pièges; chaque chasseur en dresse vingt par jour. On choisit un petit espace auprès des arbres ; on l’entoure, à une certaine hauteur, de pieux pointus; on le couvre de petites planches, afin que la neige ne tombe pas dedans; on y laisse une entrée fort étroite, au-dessus de laquelle est placée une poutre qui n’est suspendue que par un léger morceau de bois, et sitôt que la zibeline y touche pour prendre le morceau de viande ou de poisson qu’on a mis pour amorce, la bascule tombe et la tue. On porte toutes les zibelines au conducteur général, ou bien on les cache dans des trous d’arbres, de crainte que les Tunguscs ou d’autres peuples sauvages ne viennent les enlever de force. Si les zibelines ne se prennent pas dans les pièges, on a recours aux filets. Quand le chasseur a trouvé la trace d’un de ces animaux, il le suit jusqu’à son terrier, et l’oblige d’en sortir au moyen de la fumée du feu qu’il allume; il tend son filet autour de l’endroit où la trace finit, et se tient deux ou trois jours de suite aux aguets avec son chien; ce filet a treize toises de long, sur quatre ou cinq pieds de haut. Lorsque la zibeline sort de son terrier, elle manque rarement de se prendre, et quand elle est bien embarrassée dans le filet, les chiens rétranglent. Si on les voit sur les arbres, on les tue à coups de flèche, dont la pointe est obtuse pour ne point endommager la peau. La chasse étant finie, on regagne le rendezvous général, et on se rembarque aussitôt que les rivières sont devenues navigables par le dégel. »

lirSTOIRE NATURELLE DU PEKAN ET DU VISON. 513

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