‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 162 sur 255 · LE HAMSTER · texte numérisé non relu

LE HAMSTER

Ordre des rongeurs, genre rat. (Cuvier.;

Le hamster est un rat des plus fameux et des plus nuisibles ; et si nous n’avons pas donné son histoire avec celle des autres rats, cest qu’alors nous ne l’avions pas vu, et que nous n’avons pu nous le procurer que dans ces

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derniers temps ; encore est-ce aux attentions constantes de M. le marquis de Monimirail pour tout ce qui peut contribuer à l’avancement de l’histoire naturelle, et aux hontes de M. de Waitz, ministre d'État du prince landgrave de Ilcssc-Casscl, que nous sommes redevables de la connaissance précise et exacte de cet animal. Ils nous en ont envoyé deux vivants avec un mémoire instructif sur leurs mœurs et leurs habitudes naturelles. Nous avons nourri l'un de ces animaux pendant quelques mois pour l'observer, et ensuite on I a soumis a la dissection pour faire la description et la comparaison des parties intérieures avec celles des autres rats. On verra que par ces parties intérieures le hamster ressemble plus au rat d’eau qu’à aucun autre animal; il lui ressemble encore par la petitesse des yeux et la finesse du poil; mais il n’a pas la queue longue comme le rat d'eau; il l’a au contraire très-courte, plus courte que le campagnol, qui, comme nous l’avons dit, ressemble aussi beaucoup au rat d eau par la conformation intérieure. Le hamster nous paraît être à l’égard du camjjagnol ce que le surmulot est à l’égard du mulot : tous ces animaux vivent sous terre, et paraissent animés du même instinct; ils ont à peu près les mêmes Inibitudes, et surtout celle de ramasser des grains cl d’en faire de gros magasins dans loirs trous. Nous nous étendrons donc beaucoup moins sur les ressemblances de forme et les conformités de nature, que sur les différences relatives et les disconvenances réelles qui séparent le hamster de tous les rats, souris et mulots dont nous avons parlé.

Agricola est le premier auteur qui ait donné des indications précises cl détaillées au sujet de cet animal : Fabricius y a ajouté quelques faits; mais Schwenckfeld a plus fait que tous les autres; il a disséqué le hamster, et il en donne une description qui s’accorde presque en tout avec la nôtre. Cependant a peine a-t-il eie cite par les naturalistes plus récents, qui tous se sont contentés de copier ce que Gessner en a dit : nous croyons donc devoir à cet auteur la justice de citer en entier ses observations; et, en y ajoutant celles de 51. de Waitz, nous aurons tout ce qu on peut désirer au sujet de cet animal.

« Les établissements des hamsters, dit M. de Waitz, sont d’une consiruclion différente selon le sexe et I âge, et aussi suivant la qualité du terrain. Le domicile du mâle a un conduit oblique, à l’ouverture duquel il y a un monceau de terre exhausse. A une di.siance de cette issue oblique, il y a un seul trou qui descend perpeodiculairemenl jusqu’aux chambres ou caveaux du domicile : il ne se trouve point deterre exhaussée auprès du trou ; ce qui fait présumer que l’issue oblique est creusée en commençant par le dehors, et que l'issue perpendiculaire est faite de dedans en dehors, et de bas en haut.

« Le domicile de la femelle a aussi un conduit oblique et en même temps deux, trois et jusqu’à huit trous perpendiculaires , pour donner une entrée et sortie libres à ses petits : le mâle et la femelle but chacun leur demeure séparée; la femelle fait la sienne plus profonde que le mâle.

« A côté des trous perpendiculaires, à un ou deux pieds de distance , les hamsters des deux sexes creusent, selon leur âge et à proportion de leur multiplication, un.

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