‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 171 sur 255 · HISTOIRE NATURELLE DU COENDOU, ETC · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DU COENDOU, ETC

Il csl plus grand que le coendou.

Sa longueur, du bout ilu museau à l’origine de la queue, est de ... 2 0 «

Longueur de la queue 156

Il est couvert de piquants noirs et blancs à la tète, sur le corps, les jambes et une partie de la queue j et sa longue queue le distingue de toutes les aiilies espèces de ce genre. Elle na pas de bouppe ou bouquet de pi" quants à son extrémité, comme celle des autres pores-épics.

Le diamètre de la queue, mesurée à son origine, est de vingt et une lignes; elle va en diminuant et finit en pointe. Il n’y a sur celte queue d’autres piquants que ceux de Icxticmile du tronc, qui s étendent jusqu’au milieu de la queue; elle est noirâtre et couverte d écaillés depuis ce milieu jusqu’à son extrémité; et le dessous de cette queue jiistpi’au milieu, c’est-à-dire jusqu’à rendroil où s’étendent les piquants, est couvert de petits poils d'un brun clair. Le reste est garni d’écailles en dessus comme en dessous.

La tête du coendou ressemble plus à celle du porc-épic de Malaca qu'à tout autre; cependant elle est un peu moins allongée : les plus grands poils des moustacbes, qui sont noirs, ont quatre pouces cinq lignes de longueur.

Les oreilles nues et sans poil ont quelques piquants sur le bord. Au reste il n’a pas les piquants aussi grands que les porcs-épics d’Italie, et par ce caractère il se rapproche du coendou. La pointe de ces piquants est blanche, le milieu noii, et ils sont blancs à 1 origine : ainsi le blanc domine sur le noir.

Les plus longs piquants sur le corps ont 028

Sur les jambes de devant 016

Sur celles de derrière. .... ' r,

Il y a quelques poils longs de deux pouces et demi, interposés entre les

pifjUciiils sui le hoiit^ les jDiiibcs de devunt cl de derrière.

Il n’y a point de membrane entre les doigts des pieds de devant, qui sont

au nombre de quatre. Ceux de derrière ont cinq doigts, mais le pouce est

peu excédant; ces doigts sont couverts de poils bruns et courts : les ongles

sont bruns, courbes et en gouttière. °

Cest à ce coendou à longue queue que nous croyons devoir rapporter ce que M. Roume de Saint-Laurent a écrit dans les notices qu’il a bien voulu

nous adresser des objets qui composent sa riche collection d’histoire naturelle.

« Ce coendou, dit-il, qui est un individu jeune, m’est venu de l ile de la Trinité; sa longueur-est d’environ un pied. La queue a dix pouces de long; elle est couverte de piquants sur la moitié de sa longueur, où ils finissent en s’accourcissant par gradation : le reste de la queue est recouvert par une peau grise, remplie de rides transversales très-près les unes des autres et

Irès-profondes. I.es piquants les plus longs ont environ deux pouces un quart; ils sont blancs à leur origine et à leur extréiniié, et noirs au milieu. Le poil ne sc laisse apercevoir (pie sur le ventre, où les piquants sont Irijscourts : les moustaches sont d(3lices, noires, et ont environ trois ponces de longueur. Le plus grand des ongles des quatre doigts de devant a cinq lignes de longueur, ceux des [laltcs de derrière sont de la meme longueur; il n’a que quatre doigts ongles aux pattes de derrière, avec un tubercule un peu plus allongé que celui des pattes de devant. Cet individu diffère de cedui décü'it dans I llistoire naturelle de M. de Buffon, en ce qu’il a la (pieue plus longue à proportion et en partie nue; qu'il n’a que quatre doigts ongles derrière; que les ongles paraissent moins grands que ceux de l’animal reprèseiuè dans ce môme ouvrage, cl qu’il n'a pas le corps garni de poils plus longs que les pi(pianls : les bouts des piquants de celui-ci sont blancs, et ceux du premier sont noirs.

L’URSON.

(i.K por.c-Épic iiasoN.)

Famille des rongoiirs, genre pore-cpic. (Cuviek.)

Uet animal n’a jamais été nommé : placé par la nature dans les terres désertes du nord de l’Amérique, il existait indépendant, éloigné de l’Iiomme, et ne lui appartenait pas même par le nom, qui est le premier signe de son empire. Hudson ayant découvert la terre où il se trouve, nous lui donnerons un nom qui rappelle celui de son premier maître, et qui indique eu iTième temps sa nature poignante et hérissée; d’ailleurs il était nécessaire de le nommer, pour ne pas le confondre avec le poi-c-épic ou le coendou auxijuels il ressemble par(|uelqucs caractères, mais dont cependant il diffère assez à tous autres égards, pour qu’on doive le regarder comme une espèce particulière et appartenant au climat du Nord, comme les autres appartiennent à celui du Midi.

MM. Edwards, Ellis et Catesby ont tous trois parlé de cet animal. Les figures données par ces deux premiers auteurs saccordent avec la nôtre, et nous ne doutons pas que ce ne soit le même animal ; nous sommes même •lès-portés à croire que celui dont Seba donne la figure et la description sous le nom üc porc-épic singulier des Indes orientales, et qti’cnsuite MM. Klein, Rrisson et Linnœus ont chacun indiqué dans leurs listes par des caractères

tirés de Seba, pourrciit être le mêute animal que celui dont il est ici question. Ce ne serait pas, comme on Ta vu, l’unique et première fois que Seba aurait donné pour orientaux des animaux d’Amérique; cependant nous ne pouvons pas l’assurer pour celui-ci comme nous l'avons fait pour plusieurs autres animaux : tout ce que nous pouvons dire, c'est que les ressemblances nous paraissent grandes, et les différences assez légères, et que comme l’on a peu vu de ces animaux, il se pourrait que ces mêmes différences ne fussent que des variétés d’individu à individu, ou même du mâle à la femelle.

L’urson aurait pu s’appeler le castor épineux : il est du même pays, de la même grandeur et à peu près de la même forme de corps; il a, comme lui, à l'extrémité de chaque mâchoire, deux dents incisives, longues, fortes et tranchantes. Indépendamment de scs piquants qui sont assez courts et presque cachés dans le poil, l’urson a, comme le castor, une double fourrure, la première de poils longs et doux, et la .seconde d’un duvet ou feutre encore plus doux et plus mollet. Dans les jeunes, les piquants sont à proportion plus grands, plus apparents, et les poils plus courts et plus rares que dans les adultes ou les vieux.

Cet animal fuit l'eau et craint de se mouiller; il se retire et fait sa bauge sous les racines des arbres creux. Il dort beaucoup et se nourrit principalement d’écorce de genièvre : en hiver, la neige lui sert de boisson; en été, il boit de l’eau et lape comme un chien. Les sauvages mangent sa chair et se servent de sa fourrure, après en avoir ôté les piquants qu’ils emploient au lieu d’épingles et d'aiguilles.

LE TENREC ET LE TENDRAC.

CE TEXUEC SOYEUX OC TANUEC. LE TENREC ÉPINEUX OU TENDRAC.

Famille des insectivores, genre lenrec. (Cuvier.)

Les tenrecs ou tcndracs sont de petits animaux des Indes orientales qui ressemblent un peu à notre hérisson, mais qui cependant en différent a.ssez pour constituer des espèces différentes : ce qui le prouve, indépendamment de l’inspection et de la comparaison, c’est qu’ils ne se mettent point en boule comme le hérisson, et que dans les mêmes endroits où se trouvent les tenrecs, comme à Madagascar, on y trouve aussi des hérissons de la

DU TEMIEC ET DU TENDRAU. 413

même espèce que les nôtres, qui ne portent pas le nom de lenrec, mais qui s’appellent sora.

11 parait qu’il y a des tenrees de deux espèces, ou peut-être de deux races differentes ; le premier, qui est à peu près grand comme notre hérisson, a le museau en proportion plus long que le second ; il a aussi les oreilles plus apparentes et beaucoup moins de piquants que le second, auquel nous avons donné le nom de tendrac pour le distinguer du premier. Ce tendrac n’est que de la grandeur d’un gros rat; il a le museau et les oreilles plus courtes que le tenrcc. Celui-ci est couvert de piquants plus petits, mais aussi nombreux que ceux du hérisson : le tendrac au contraire n’en a que sur la tète, le cou et le garrot; le reste de son corps est couvert d’un poil rude assez semblable aux soies de cochon.

Ces petits animaux, qui ont les jambes très-courtes, ne peuvent marcher que fort lentement; ils grognent comme les pourceaux ; ils se vautrent comme eux dans la fange; ils aiment l’eau et y séjournent plus longtemps que sur terre; on les prend dans les petits canaux.d’eau salée et dans les lagunes delà mer. Ils sont très-ardents en amour et multiplient beaucoup. Ils se creusent des terriers, s’y retirent et s’engourdissent pendant plusieurs mois : dans cet étal de torpeur, leur poil tombe et renait après leur réveil. Ils sont ordinairement fort gras, et quoique leur chair soit fade, longue et mollasse, les Indiens la trouvent de leur goût, et en sont même fort friands.

ADDITION A L'.inTlCLE Df TENBEC.

M. de Brugnières, médecin du roi, très-habile botaniste, qui a été envoyé pour faire des recherches d'histoire naturelle aux Terres Australes, en 1772, nous a donné un petit animal que nous avons reconnu être un jeune tenrcc. Il ne diffère de l'autre que par sa petitesse et par trois bandes blanchâtres, qui nous paraissent être la livrée de ce jeune animal. La première de ces bandes s’étend depuis le museau tout le long de la tète, et continue sur le cou et sur l’épine du dos : les deux autres bandes sont chacune sur les flancs; et comme tous les autres caractères, notamment la forme du museau, les longs poils parsemés sur le corps, la couleur noire des piquants, etc., se trouvent, dans ce petit tenrcc, semblables à ceux du grand, nous avons cru être fondés à n’en faire qu’une seule et même espèce.

ADDITION A l'article DU TENDRVC.

Un très-petit tendrac a été envoyé de l'ile de France par M. Poivre à M. Aubry, curé de Saint-Louis : il ne nous parait différer de notre tendrac

fiCFFOM. tOfllP T|l, 07

414 msTomi': iNatlhiîllk

que par sa petitesse et par quelipies bantics blanches qui semblent être la livrée de cet animal fort jeune. On a écrit à M. le curé de Saint-Louis qu’il se trouve à Madagascar, et que les Français de cette contrée le connaissaient sous le nom de rat-épic. Voici les dimensions et la courte description de ce très-petit animal :

Longueur du corps entier, depuis le bout du nez jusqu’à l’extrémité du

corps près de l'anus 032

Distance du bout du nez ,à l’œil 006

Distance entre l’œil et l’oreille 003

Longueur de la tête, depuis le bout du nez jusqu’à l’occiput. , . . 0 0 11

Longueur des piquants 004

Longueur des grands ongles des pieds de devant 0 0 2

Longueur des grands ongles des pieds de derrière 0 0 1

Cet animal a le museau très-allongé et presque pointu; sa tête est couverte d'un poil d’un roux noirâtre, et le corps, qui est couvert du même poil, porte une grande quantité de piquants d’un blanc jaunâtre, qui semblent se réunir par bandes irrégulières. On remarque au-dessus du nez une bande d’un, blanc jaunâtre, qui s’étend jusqu’au commencement du dos, et se termine en pointe à ses deux extrémités : cette bande blanche est du même poil que le brun du corps et des côtés de la tête; ce poil est assez rude, mais cependant fort délié en comparaison des piquants. Le dessous du cou et du corps est d’un blanc jaune, ainsi que les jambes et les pieds, qui sont néanmoins un peu mêlés de brun. Les plus grands poils des moustaches ont huit lignes de longueur. Les pieds ont chacun cinq doigts, et l’on ne voit dans ce très-petit animal aucune apparence de queue *.

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