‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 175 sur 255 · DU COCHON DE TERRE · texte numérisé non relu

DU COCHON DE TERRE

comme lui pour se suspendre à des brdiiclies d’arbres ; elle tie me paraît pas pour cela assez flexible, et les ongles ne sont pas faits pour grimper.

>s Comme je l’ai déjà dit, on lui donne au Cap le nom de cochon de terremais il ressemble au cochon, et cela encore très-imparfaitement, uniquement par sa tête allongée, par le boutoir qui la termine, et par la longueur de ses oreilles : d’ailleurs il en diffère essentiellement par les dents, qu’fl n’a pas ; par sa queue, et principalement par ses pieds, aussi bien que par la conformation de tout son corps.

« Au défaut de bonnes autorités sur ce qui regarde ce mangeur de fourmis (car c’est le nom que je crois devoir lui donner pour le distinguer des trois espèces décrites par M. de Buffon), je mettrai ici en note ce que Kolbe en a dit il a été plus exact dans la description qu’il en a faite qu’il ne l’est ordinairement.

Voici scs dimensions ;

Longueur du corps, depuis le bout du museau jusqu'à l’origine de la

queue 3S0

Circonférence du milieu du corps 280

Longueur de la tète '...0110

Circonférence entre les yeux et les oreilles llO

près du bout du museau 070

Longueur des oreilles 060

Distance entre leurs bases 020

Longueur des yeux, mesurée d’un angle à l’autre 0 10

* « La quatrième espèce des cochons se nomme cochon de terre. 11 ressemble trèsfort aux cochons rouges. (Nota. Pourquoi aux cochons rouges? Il ne leur ressemble pas plus par la couleur qu’aux autres.) Il a seulement la tête plus longue et le groin plus pointu; il n’a absolument point de dents, et ses soies ne sont pas si fortes. Sa langue est longue et affilée; sa queue est longue; il a aussi les jambes longues et fortes; la terre lui sert de demeure; il s’y creuse une grotte, ouvrage qu’il fait avec beaucoup de vivacité et de promptitude; et s’il a seulement h tête et les deux pieds de devant dans la terre, il s’y cramponne si bien que I horame le plus robuste ne saurait l’en arracher.

«Lorsqu’il a faim, il va chercher une fourmilière; dès qu’il a fait cette bonne trouvaille, il regarde tout autour de lui pour voir si tout est tranquille et s’il n’y a point de danger ; il ne mange jamais sans avoir pris cette précaution : alors il se couche, et, plaçant son groin tout près de la fourmilière, il lire la langue tant qu’il peut, les fourmis montent dessus en foule, et dès qu’elle est bien couverte, il la relire et les gobe toutes; ce jeu se recommence plusieurs fois, et jusqu’à ce qu'il soit rassasié. Afin de lui procurer plus aisément cette nourriture, la nature toute sage a fait en sorte que la partie supérieure de cette langue, qui doit recevoir les fourmis, est toujours couverte et comme enduite d’une matière visqueuse et gluante, qui empêche ces faibles animaux de s’en retourner lorsqu’une fois leurs jambes y sont empêtrées; c’est là leur manière de manger. Ils ont la chair de fort bon goût et très-saine; les Européens et les Ilultentots vont souvent à la chasse de ces animaux ; rien n’est plus facile que de les tuer ; il ne faut que leur donner un petit coup de bâton sur la tête. » Description du cap de Bonne-Espérance, par Kolbe, tome 111, page 43, Bl’FfON, Ionie vil. vo

Distance des yeux aux oreilles 020

au bout du museau. . . . 0 7 0

Distance entre les deux yeux, en ligne droite 0 4 0

Longueur de la queue. 19 0

Sa circonférence près de l’anus ■ 130

près de l’extrémité. •... 020

Longueur des jambes de devant 100

Leur circonférence près du corps 0 U 0

près du poignet 066

Longueur des jambes de derrière. 110

Leur circonférence près du corps 10 0

près du talon .076

Ordre des édentés, genre tatou. (Ccvikr.)

Lors(|uc l’on parle d'un quadrupède, il senihle que le nom seul emporte l’idée d’un animal couvert de poil : et de même, lorsqu’il est question d’un oiseau ou d’un poisson, les plumes et les écailles s’offrent à rimagination, et paraissent être des at tributs inséparables de ces êtres. Cependant la nature, comme si elle voulait se soustraire à toute méthode et échapper à nos vues les plus générales, dément nos idées, contredit nos dénominations, méconnaît nos caractères et nous étonne encore plus par ses exceptions que par ses lois. Les animaux quadrupèdes qu’on doit regarder comme faisant la première classe de la nature vivante, et qui sont, après l’homme, les êtres les plus remarquables de ce monde, ne sont néanmoins ni supérieurs en tout, ni séparés par des attributs constants, ou des caractères uniques, de tous les autres êtres. Le premier de ces caractères, qui constitue leur nom et qui consiste à avoir quatre pieds, se retrouve dans les lézards, les grenouilles, etc., le.squels néanmoins diffèrent des quadrupèdes à tant d’autres égards, qu’on en a fait avec raison une classe séparée. La seconde propriété générale, qui est de produire des petits vivants, n’appartient pas uniquement aux quadrupèdes, puisqu’elle leur est commune avec les cétacés. Et enfin le troisième attribut qui paraissait le moins équivoque, parce qu’il est le plus apparent, et qui consiste à être couvert de poil, se trouve, pour ainsi dire, en contradiction avec les deux autres dans plusieurs espèces qu’on ne peut

Publié par Adoljilue Deros , Bruxelles.

DES TATOUS. 4ÔI

cependant retranclier de l'ordre des (inadrupcdes, puisqu’à roxeeption de ce seul caractère, elles leur ressemblent par tous les autres. Et comme ces exceptions apparentes de la nature ne sont dans le réel cpie les nuances qu’elle emploie pour approcher les êtres meme les plus éloignés, il ne faut pas perdre de vue ces rapports singuliers, et tâcher de les saisir à mesure qu’ils se présentent. Les tatous, au lieu de poil, sont couverts, comme les tortues, les écrevisses et les autres crustacés, d'une croiitc au d’un têt solide; les pangolins sont armés d'écailles assez semblables à celles des poissons; les porcs-épics portent des espèces de plumes piquantes et sans barbe, mais dont le tuyau est pareil à celui des plumes des oiseaux : ainsi dans la classe seule des quadrupèdes, et par le caractère même le plus constant et le plus apparent des animaux de cette classe, qui est d’être couverts de poil, la nature varie en se rapprochant des trois autres classes très-différentes, et nous rappelle les oiseaux, les poissons à écailles et les crustacés. Aussi faut-il bien se garder de juger la nature des êtres par un seul caractère, il se trouverait toujours incomplet et fautif : souvent même deux et trois caractères, quelque généraux qu’ils puissent être, ne suffisent pas encore; et ce n’est, comme nous l’avons dit et redit, que par la réunion de tous les attributs et par l'énuméralion de tous les caractères qu’on peut juger de la forme essentielle de chacune des productions de la nature. Une bonne description et jamais de définitions, une exposition plus scrupuleuse sur les différences que sur les ressemblances, une attention pariiculièTre aux exceptions et aux nuances même les plus légères, sont les vraies règles, et j’ose dire, les seuls moyens que nous ayons de connaître la nature de chaque chose; et si l’on eût employé à bien décrire tout le temps qu’on a perdu à définir et à faire des méthodes, nous n’eussions pas trouvé l’Histoire naturelle au berceau ; nous aurions moins de peine à lui ôter ses hochets, à la débarrasser de scs langeas : nous aurions peut-être avancé son âge, car, nous eussions plus écrit pour la science et moins contre l’erreur.

Mais revenons à notre objet. 11 existe donc parmi les animaux quadrupèdes et vivipares plusieurs espèces d'animaux qui ne sont pas couverts de poil. Les tatous font eux seuls un genre entier, dans lequel on peut compter plusieurs espèces (jui nous paraissent être réellement distinctes et séparées les unes des autres : dans toutes, l’animal est revêtu d'un têt semblable pour la substance à celle des os; ce tèt couvre la tète, le cou, le dos, les flancs, la croupe et la queue jusqu'à l’extrémité; il est lui-même recouvert au dehors par un cuir mince, lisse et transparent : les seules parties sur lesquelles ce tèt ne s’étend pas, sont la gorge, la poitrine et le ventre qui présentent une peau blanche et grenue, semblable à celle d une poule plumée; et en regardant ces parties avec attention, l’on y voit de place en place des rudiments d'écailles qui sont de la même substance que le tèt du dos. La peau de ces animaux, même dans les endroits où elle est le plus souple, tend donc à devenir osseuse; mais l’ossification ne se réalise en entier qu’où elle est le plus épaisse, c’est-à-dire, sur les parties supérieures et extérieures du

as.

452 mSTOlUK INATUIUÎLLE

corps et des membres. Le lét qui recouvre toutes ces pnrties supérieures n'est pas d'une seule pièce comme celui de la tortue ,; il est partagé en plusieurs bandes sur le corps, lesquelles sont attachées les unes aux autres par autant de membranes qui permettent un peu de mouvement et de jeu dans cette armure. Le nombre de ces bandes ne déjiend pas, comme on pourrait rimaginer, de l'âge de l'animal ; les tatous qui viennent de naître et les tatous adultes ont, dans la meme espèce, le même nombre de bandes : nous nous en sommes convaincus en comparant les petits aux grands, et quoique nous ne puissions pas assurer que tous ces'animaux ne se mêlent ni ne peuvent |)roduire ensemble, il est au moins très-probable, puisque celte différence du nombre des bandes mobiles est constante, que ce sont ou des espèces réellement distinctes, ou au moins des variétés durables et produites par riniluence des divers climats. Dans cette incertitude que le temps seul pourra fixer, nous avons pris le parti de présenter tous les tatous ensemble et de faire néanmoins l'énumération de chacun d’eux, comme si c’étaient en effet autant d’espèces particulières.

Le père d’Abbeville nous paraît être le premier qui ail distingué les tatous par des noms ou des épithètes qui ont été pour la plupart adoptés par les auteurs qui ont écrit après lui. Il en indique assez clairement six espèces : 1° le iatououassou, qui probablement est celui que nous appellerons Aaftassou; 2" le tatouète, que Maregrave a aussi appelé taluèle, et auquel nous conserverons ce nom ; 3° le talou-peb qui est le lalupeba ou Vencuberto de Maregrave, auquel nous conserverons ce dernier nom ; 4" le tatou-apar qui est le latu-apara de Maregrave, auquel nous conserverons encore son nom ; 5“ le lalou-nuinchum, qui nous parait être le meme que le cirquincfmm , et que nous appellerons cirquinçon-, 6° le tatou rniri, le plus petit de tous, qui pourrait bien être celui que nous appellerons enc/(icome. Les autres voyageurs ont eonfondu les espèces, ou ne les ont indiquées que par des noms génériques. Maregrave a distingué cl décrit Vapar, Veneoubert et le latuèlc; Wormius et Grew ont décrit le cackicame, et Grew seul a parlé du cirquinçon; mais nous n’avons eu besoin d’emprunter que les descriptions de l’apar et du cirquinçon, car nous avons vu les quatre autres espèces.

Dans toutes, à l’exception de celle du cirquinçon, l’animal a deux boucliers osseux, l'un sur les épaules et l’autre sur la croupe; ces deux boucliers sont chacun d’une seule pièce, tandis que la cuirasse, qui est osseuse aussi et qui couvre le corps, est divisée transversalement et partagée en plus ou moins de bandes mobiles et sé|iarécs les unes des autres par une peau llexible. Mais le cirquinçon n’a qu’un bouclier, et c’est celui des épaules; la croupe, au lieu d’être couverte d'un bouclier, est revêtue jusqu’à la queue par des bandes mobiles pareilles à celles de la cuirasse du corps. Nous allons donner des indications claires et de courtes descriptions de chacune de ces espèces. Dans la première la cuirasse qui est entre les deux boucliers est composée de trois bandes; dans la seconde elle l'est de six; dans la troisième de huit; dans la quatrième de neuf; dans la cinquième de douze, et enfin dans la

sixième il n’y a, comme nous venons de le dire, que le bouclier des épaules qui soit d’une seule pièce; l’armure de la croupe, ainsi que celle du corps, sont partagées en bandes mobiles qui s’ctendcntdepuis le bouclier des épaules jusqu’à la queue, et qui sont au nombre de dix-huit.

L’APAR.

ou LE TATOU A TROIS BANDES.

( 1,E TATOU APAK. )

Ordre des édentés, genre tatou. (Cuvier.)

Le premier auteur qui ait indiqué cet animal par une description, est Charles de l’Ecluse ( Clusius ) : il ne l’a décrit que d’après une figure; mais on reconnaît aisément aux caractères qu’elle représente, et qui sont trois bandes mobiles sur le dos, et la queue très-courte, que c’est le même animal que celui dont Maregrave nous a donné une bonne description sous le nom de tatu-apara. Il a la tète oblongue et presque pyramidale, le museau pointu, les yeux petits, les oreilles courtes et arrondies, le dessus de la tête couvert d’un casque d’une seule pièce. Il a cinq doigts à tous les pieds : dans ceux du devant les deux ongles du milieu sont très-grands, les deux latéraux sont plus petits, et le cinquième, qui est l’extérieur et qui est fait en forme d’ergot, est encore plus petit que tous les autres; dans les pieds de derrière les cinq ongles sont plus courts et plus égaux. La queue est très-courte; elle n’a que deux pouces de longueur, et elle est revêtue d’un tèt tout autour. Le corps a un pied de longueur sur huit pouces dans sa plus grande largeur. La cuirasse qui le couvre est partagée par quatre commissures ou divisions, et composée de trois bandes mobiles et transversales qui permettent à l’animal de se courber et de se contracter en rond ; la peau qui forme les comnaissures est très-souple. Les boucliers qui couvrent les épaules et la croupe sont composés de pièces à cinq angles très-élégamment rangées : les trois bandes mobiles entre ces deux boucliers sont composées de pièces carrées ou barlongues, et chaque pièce est chargée de petites écailles lenticulaires d’un blanc jaunâtre. Maregrave ajoute que quand l’apar se couche pour dormir, ou que quelqu’un le touche et veut le prendre avec la main, il lapproche et réunit, pour ainsi dire, en un point ses quatre pieds, ramène sa

454 HISTOIRE NATERELLE

icte sous son ventre, et se eourbc si parfaitement en rond, qu’alors on te prendrait plutôt pour une coquille de mer que pour un animal terrestre. Cette contraction si serrée se fait au moyen de deux grands muscles qu’il a sur les côtés du corps, et l’homme le plus fort a bien de la peine à le desserrer et à le faire étendre avec les mains. Pisôn et Ray n’ont rien ajouté à la description de Marcgrave qu’ils ont entièrement adoptée; mais il est singulier que Seba, qui nous a donné une figure et une description qui se rapportent évidemment à celle de Marcgrave, non-seulement paraisse l’ignorer puisqu’il ne le cite pas, mais nous dise avec ostentation (\vC aucun naturaliste na connu cet animal, qu'il est extrêmement rare, qu’il ne se trouve que dans les contrées les plus reculées des Indes orientales, etc., tandis que c’est en effet l’apar du Brésil très-bien décrit par Marcgrave, et dont l’espèce est aussi connue qu’aucune autre, non pas aux Indes orientales, mais en Amérique, où on le trouve assez communément. La seule différence réelle qui soit entre la description de Seba et celle de Marcgrave, est que celui-ci donne à l’apar cinq doigts à tous les pieds, au lieu ((ue Seba ne lui en donne que quatre. L’un des deux s’est ti'ompé, car c’est évidemment le même animal dont tous deux ont entendu parler.

Fabius Columna a donné la description et les figures d’un tèt de tatou desséché et contracté en boule, qui parait avoir quatre bandes mobiles. Mais comme cet auteur ne connaissait on aucune manière l’animal dont il décrit la dépouille; qu’il ignorait jusqu’au noinda tatou, duquel cependant Belon avait parlé plus de cinquante ans auparavant; que dans celle ignorance Columna lui compose un nom tiré du grec {cheloniscus ); que d’ailleurs il avoue que la dépouille qu’il décrit a été recollée et qu’il y manquait des pièces, nous ne croyons pas qu’on doive, comme l’ont fait nos nomenclateurs modernes, prononcer qu’il existe réellement dans la nature une espèce de tatou à quatre bandes mobiles ; d’autant plus que depuis ces indications imparfaites données en 1606 par Fabius Columna, on ne trouve aucune notice dans les ouvrages des naturalistes de ce tatou à quatre bandes, qui, s’il existait en effet, se serait certainement retrouvé dans quelques cabinets, ou bien aurait été remarqué par les voyageurs.

i;encoübert

ou LE TATOU A SIX BANDES.

(le tatou E.XCOUBERT.)

Ordre des édentés, genre tatou. (Cuvier.)

L’encoubert est plus grand que l’apar; il a le dessus de la tète, du cou et du corps entier, les jambes et la queue tout autour, revêtus d’un têt

osseux très-dur et composé de plusieurs pièces assez grandes et très-élégamment disposées. Il a deux boucliers, ruii sur les épaules et l’autre sur la croupe, tous deux d’une seule pièce ; il y a seulement au delà du bouclier des épaules et près de la tète une bande mobile entre deux jointures, qui permet à l’animal de courber le cou. Le bouclier des épaules est formé par cinq rangs parallèles, qui sont composés de pièces dont les figures sont à cinq ou six angles avec une espèce d’ovale dans chacune. La cuirasse du dos, c’est-à-dire la partie du têt qui est entre les deux boucliers, est partagée en six bandes qui anticipent peu les unes sur les autres et qui tiennent entre elles et aux boucliers par sept jointures d’une peau souple et épaisse ; ces bandes sont composées d’assez grandes pièces carrées et barlongues : de cette peau des jointures il sort quelques poils blanchâtres et semblables à ceux qui se voient aussi en très-petit nombre sous la gorge, la poitrine et le ventre ; toutes ces parties inférieures ne sont revêtues que d’une peau grenue et non pas d’un tèt osseux comme les parties supérieures du corps. Le bouclier de la croupe a un bord dont la mosaïque est semblable à celle des bandes mobiles, et pour le reste il est composé de pièces à peu près pareilles à celles du bouclier des épaules. Le têt de la tète est long, large et d’une seule pièce jusqu’à la bande mobile du cou. L’encoubert a le museau aigu, les yeux petits et enfoncés, la langue étroite et pointue, les oreilles sans poil et sans tèt, nues, courtes et brunes comme la peau des jointures du dos; dix-huit dents de grandeur médiocre à chaque mâchoire; cinq doigts à tous les pieds avec des ongles assez longs, arrondis et plutôt étroits que larges; la tête et le groin à peu près semblables à ceux du cochon de lait; la queue grosse à son origine, et diminuant toujours jusqu’à l’extrémité où elle est fort menue et arrondie par le bout. La couleur du corps est d’un jaune roussâlrc, l’animal est ordinairement épais et gras, et lemâle a le membre génital fortapparent. Il fouille la terre avecune extrême facilité, tant à l’aide de son groin que de ses ongles; il se fait un terrier où il se tient pendant le jour, et n’en sort que le soir pour chercher sa subsistance : il boit souvent; il vit de fruits, de racines, d’insectes et d’oiseaux, lorsqu’il en peut saisir.

LE TATÜÈTE ou LE TATOU A HUIT BANDES.

(le tatou peba.)

Ordre des édentés, genre tatou. (Cuvier.)

Le tatuète n’est pas si grand à beaucoup près que l’encoubert ; il a la tète petite, le museau pointu, les oreilles droites, un peu allongées, la queue

encore plus longue et les jambes moins basses à proportion que l’encoubert; il a les yeux petits et noirs, quatre doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière; la tête est couverte d’un casque, les épaules d’un bouclier, la croupe d un autre bouclier, et le corps d’une cuirasse composée de huit bandes mobiles qui tiennent entre elles et aux boucliers par neuf jointures de peau flexible. La queue est revêtue de même d’un têt composé de huit anneaux mobiles et séparés par neuf jointures de peau flexible. La couleur de la cuirasse sur le dos est d’un gris de fer; sur les flancs et sur la queue elle est d’un gris blanc avec des taches gris de fer. Le ventre est couvert d’une peau blancliàtre, grenue et semée de quelques poils. L’individu de cette espèce qui a été décrit par Maregrave avait la tête de trois pouces de longueur, les oreilles de près de deux, les jambes d’environ trois pouces de hauteur, les deux doigts du milieu des pieds de devant d’un pouce, les ongles d’un demi-pouce; le corps, depuis le cou jusqu'à l’origine de la queue avait sept pouces, et la queue neuf pouces de longueur. Le tét des boucliers parait semé de petites taches blanches proéminentes et larges comme des lentilles; les bandes mobiles qui forment la cuirasse du corps sont marquées par des figures triangulaires : ce tét n’est pas dur; le plus petit plomb suffît pour le percer et pour tuer l’animal, dont la chair est fort blanche et très-bonne à manger.

LE CACHICAME

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