L’ELE PUANT
J'ai reçu en effet ce morceau, et je ne puis qu'en témoigner ma respectueuse reconnaissance à ce prince, ami des lettres et de ceux qui les cullivent. C’est réellement une très-grosse dent molaire d’éléphant, bcaucotq» plus grande qu’aucune de celles des éléphants vivant aujourd’hui. Si l’on rapproche de cette découverte toutes celles que nous avons rapportées de squelettes d'éléphants trouvés en terre en différentes parties de l’Europe, et dont la note ci-jointe que nous communique M. l’ahbé Rexon, indique encore un plus grand nombre, on demeurera bien convaincu qu’il fut un temps où notre Europe fut la patrie des éléphants, ainsi (pic l’Asie septentrionale, où leurs dépouilles se trouvent en si grande quantité. Il dut en être de même des rhinocéros, des hippopotames et des chameaux. On peut remarquer entre les argalis ou petites figures de fonte, tirées des anciens tombeaux trouvés en Sibérie, celles de l'hippopotame et du chameau; ce qui prouve que ces animaux, qui sont actuellement inconnus dans celte contrée, y subsistaient autrelois : riiippopotame surtout a dù s’en retirer le premier, et presque en même temps que l’éléphant; et le chameau, quoique moins étranger aux pays tempérés ou froids, n’est cependant plus connu dans ce pays de Sibérie que par les monuments dont on vient de parler : on peut le prouver par le témoignage des voyageurs récents :
« Les Russes, <tisent-ils, pensèrent que les chameaux seraient plus propres que d’autres animaux au transport des vivres de leurs caravanes dans les déserts de la Sibérie méridionale : ils firent en conséquence venir à Jakutzk un chameau pour essayer son service ; les habitants du pays le regardèrent comme un monstre qui leselTraya beaucoup. La petite vérole commençait à faire des ravages dans leurs bourgades ; les Jakutes s'imaginèrent que le chameau en était la cause... et on fut obligé de le renvoyer; il mourut même dans son retour, et l'on jugea avec fouderaent que ce pays était trop froid pour qu’il pùt y subsister et encore moins y multiplier. »
11 faut donc que ces figures du chameau et de l'hippopotame aient été faites en ce pays dans un temps où on y avait encore quelque connaissance et quelque souvenir de ces animaux. Cependant nous remarquerons, à l’égard des chameaux, qu’ils pouvaient être connus des anciens Jakutes; car RI. Guldenstaedt assure qu’ils sont actuellement en nombre dans les gouvernements d’Astracon et d’ürcmbourg, aussi bien que dans quelques parties de la Sibérie méridionale, et que les Calmoukes et les Cosaques ont même l’art d’en travailler le |ioil. Il se pourrait donc, absolument parlant, que les Jakutes eussent pris connaissance du cliameau dans leurs voyages au midi de la Sibtù ie : mais, pour l’hippopotame, nulle supposition ne peut en rendre la connaissance possible à ce peuple : et dès lors on ne peut rapporter qu’au refroidissement successif de la terre, l’ancienne (existence de ces animaux, ainsi que des éléphants, dans cette contrée du Nord, et leur migration forcée dans celles du Midi.
Après avoir livré à l’impression les feuilles précédentes, j’ai reçu un dessin fait aux Indes, d’un jeune éléphant tétant sa mère. C’est à la prévenante
iirtk'ON, Ionie vu. , 34
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lioimclcté (le M. Geiilil, clicv!ili('r de l'ordre royal e( iiiililaire de Saiiil- Louis, qui a demeuré vingl-liuil ans au Fieiigalc, que je dois la eonnaissanee d’un fait dont je doidais. Le petit clépliani ne telle pas par la trompe, mais par la gueule, comme les autres animaux. M. Gentil en a été souvent témoin, et le dessin a été fait sous ses yeux.