‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 23 sur 255 · L’HERMINE · texte numérisé non relu

L’HERMINE

ou LU KOSELIiT.

Ordre des carnassiers, famille des carnivurcs, tribu des digitigrades, genre marte. (Cuvier.)

La belette à queue noire s'appelle hermine et roseletj hermine lorsqu’elle est blanche, roselet lorsqu’elle est rousse ou jaunâtre. Quoique moins commune que la belette ordinaire, on ne laisse pas d'en trouver beaucoup, surtout dans les anciennes forêts, et quelquefois pendant l’hiver dans les champs voisins des bois. 11 est aisé de la distinguer en tout temps de la belette commune^ parce quelle a toujours le bout do la queue d’un noir foncé, le bord des oreilles et l’extrémité des pieds blancs.

Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons déjà dit de cet animal; nous observerons seulement que, comme d’ordinaire l'hermine change de couleur en hiver, il y a toute apparence que celle dont il parle, et que nous avions encore au mois d’avril 1758, serait devenue blanche, et telle qu'elle était l’année passée lorsqu’on la prit au 1" mars 1757, si elle fût demeurée libre; mais comme elle a été enfermée depuis ee temps dans une cage de fer, qu’elle sc frotte continuellement contre les barreaux, et que d’ailleurs elle n’a pas essuyé toute la rigueur du froid, ayant toujours été à l’abri sous une arcade contre un mur, il n’est pas surprenant qu’elle ait gardé son poil d eté. Elle est toujours extrêmement sauvage; elle n’a rien perdu de sa mauvaise odeur : à cela prés, c’est un joli petit animal, les yeux vifs, la physionomie fine, et les mouvements si prompts, qu il n’est pas possible de les suivre île l’œil. On l’a toujours nourrie avec des œufs et de la viande, mais elle la laisse corrompre avant que d'y toucher; elle na jamais voulu manger du miel, qu’après avoir été privée pendant trois jours de toute autre nourriture, et elle est morte après en avoir mangé. La peau de cet animal est précieuse; tout le monde connaît les fourrures d'hermine; elles sont bien plus belles et d’un blanc plus mat que celles du lapin blanc; mais elles jaunissent avec le temps, et même les hermines de ce climat ont toujours une légère teinte de jaune.

Les hermines sont très-communes dans tout le Nord, surtout en Russie, en Norwége, en Laponie; elles y sont, comme ailleurs, rousses en été, et blanche en hiver; elles sc nourrissent de petits-gris, et d’une espèce de rats dont nous parlerons dans la suite de cet ouvrage, et qui est très-abondante en Norwége et on Laponie. Les hermines sont rares dans les pays tempérés.

et ne se trouvent point dans les pays chauds. L’animal du Cap de Bonne- Espérance, que Kolbe appelle hermine, et duquel il dit que la chair est saine et agréable au palais, n’est point une hermine, ni même rien d’approchant. Les belettes de Cayenne, dont parle M. Barrère, et les hermines grises de la Tartarie orientale et du nord de la Chine, dont il est fait mention par quelques voyageurs, sont aussi des animaux différents de nos belettes et de nos hermines.

LE PÉROUASCA.

Ordre des carnassiers, famille des carnivores, tribu des digitigrades, genre marte. (Cüvier.)

Il y a encore en Russie et en Pologne, surtout en Volhynie, un animal appelé par les Russes pereteiaska, et par les Polonais, perzewiaska, nom qu’on peut rendre par la dénomination de belette à ceintures [mustela prœ~ cincta), comme le dit Rzaczynski : cet animal est plus petit que le putoisj il est couvert d’un poil blanchâtre, rayé transversalement de plusieurs lignes d’un jaune roux, qui semblent lui faire autant de ceintures ; il demeure dans les bois et se creuse un terrier. Sa peau est recherchée et fait une jolie fourrure.

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