‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 233 sur 255 · DES PHOQUES, DES MORSES, ETC. Ü8S · texte numérisé non relu

DES PHOQUES, DES MORSES, ETC. Ü8S

Pérou, dans la mer du Sud, quelques lions marins, et beaucoup plus de veaux marins. »

Ces observations de Woodes Rogers, qui s’accordent assez avec celles de Fauteur du Voyage d’Anson, semblent prouver encore que ces animaux vivent d’herbes lorsqu’ils sont à terre; car il est peu probable qu’ils se passent pendant trois mois de toute nourriture, surtout en allaitant leurs petits. L’on trouve dans le recueil des Navigations aux Terres australes beaucoup de choses relatives à ces animaux : mais ni les descriptions ni les faits ne nous paraissent exacts. Par exemple, il y est dit qu’à la côte du port des Renards, au détroit de Magellan, il y avait des loups marins si gros, que leur cuir étendu se trouvait de trente-six pieds de large : cela est certainement exagéré. Il y est dit que sur les deux îles du port Désiré, aux terres Magellaniques, ces animaux ressemblent à des lions par la partie antérieure de leur corps, ayant la tète, le cou et les épaules garnis d’une très-longue crinière bien fournie. Cela est encore plus qu’exagéré; car ces animaux ont seulement autour du cou un peu plus de poil que sur le reste du corps, mais ce poil n’a pas plus d’un doigt de long. Il y est encore dit qu’il y a de ces animaux qui ont plus de dix-huit pieds de long; que de ceux qui n’ont que quatorze pieds il y en a des milliers, mais que les plus communs n’en ont que cinq. Cela pourrait induire à croire qu’il y en aurait de deux espèces, l'une beaucoup plus grande que l’autre, parce que l’auteur ne dit pas que cette différence vienne de celle de l’àgc, ce qui cependant était nécessaire à dire pour prévenir l'erreur.

« Ces animaux, dit Coréal, ouvrent toujours leur gueule ! deux hommes ont assez de peine à en tuer un avec un épieu, qui est la meilleure arme dont on puisse se servir. Une femelle allaite quatre ou cinq petits, et chasse les autres petits qui s’approchent d’elle, d’où Je juge qu’elles ont quatre ou cinq petits d’une ventrée, a

Cette présomption est assez bien fondée; car le grand phoque décrit par M. Parsons avait quatre mamelles situées de manière qu’elles formaient un carré dont le nombril était le centre. J’ai cru devoir recueillir et présenter ici tous les faits qui ont rapport à ces animaux, qui sont peu connus et dont il serait à désirer que quelque voyageur habile nous donnât la description, surtout celle des parties intérieures, de l’estomac, des intestins, etc. ; car, si l’on s’en rapporte aux témoignages des voyageurs, on pourrait croire que les lions marins sont de la classe des animaux ruminants, qu’ils ont plusieurs estomacs, et que par conséquent ils sont d’une espèce fort éloignée de celle des phoques ou veaux marins, qui certainement n’ont qu’un estomac, et doivent être mis au nombre des animaux carnassiers.

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