‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 240 sur 255 · DES PHOQUES, UES MORSES, ETC · texte numérisé non relu

DES PHOQUES, UES MORSES, ETC

AUDITION A i/auTICLE UES PHOQUES, PUBLIÉE EN 1784,

Lorsque j’ai écrit sur les phoques, il y a plus de vingt ans, l’on n’en connaissait alors que deux ou trois espèces : mais les voyageurs récents en ont reconnu plusieurs autres, et nous sommes maintenant en état de les distinguer et de leur appliquer les dénominations et les caractères qui leur sont propres. Je rectilierai donc en quelques points ce que J’ai dit au sujet de ces animaux, en ajoutant ici les nouveaux faits que j’ai pu recueillir.

J’établirai d’abord une distinction fondée sur la nature et sur un caractère très-évident, en divisant en deux le genre entier des phoques, savoir : les phoques qui ont des oreilles externes, et les phoques qui n’ont que de petits trous auditils sans conque extérieure. Cette différence est non-seulement très-apparente, mais semble meme faire un attribut essentiel, le manque d’oreilles extérieures étant un des traits par lesquels ces amphibies se rapprochent des cétacés, sur le corps desquels la nature semble avoir effacé toute espèce de tubérosités et de proéminences qui eussent rendu la peau moins lisse et moins propre à glisser dans les eaux ; tandis que la conque externe et relevée de l’oreille parait faire tenir de plus près aux quadrupèdes ceux des phoques qui sont pourvus de cette partie extérieure, qui ne manque à aucun animal terrestre.

Nous ne connaissons que deux espèces bien distinctes de phoques à oreilles : la première est celle du lion marin *, qui est très-remarquable par la crinière jaune qu’il porte autour du cou, et la seconde **, celle que les voyageurs ont indiquée sous le nom d’ours marin, et qui est composée de deux variétés très-différentes entre elles par la grandeur : nous joindrons donc à cette espèce \e pelit phoque à poil noir, qui, étant pourvu d’oreilles externes, ne fait qu’une variété dans l’espèce de l’ours marin. Des inductions assez plausibles m’avaient fait regarder alors ce petit ours marin comme lephoca des anciens : mais comme Aristote, en parlant du phoca, dit expressément quü n’a pas d’oreilles externes et seulement des trous auditifs, je vois qu’on doit chercher ce phoca des anciens dans quelqu’une des espèces de phoque sans oreilles, dont nous allons faire l’énumération.

’ L'OtaMis a CHiaiÈiiE.

*' L’Otaeieouhsmakin.

BtuuN, loir.f v.i.

IIISTOJRE NATIÎRELLE

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