‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 30 sur 255 · DU KAT · texte numérisé non relu

DU KAT

l’Areliipel Indien : il s’en trouve aussi beaucoup en Afrique. Dans le Nord, au contraire, ils ne se sont guère multipliés au-delà de la Suède; et ce qu’on appelle des rats en Norwége, en Laponie, etc-, sont des animaux différents de nos rats.

PREMIÈRE ADDITION A l’aRTICLE DU RAT.

Dans les observations que M. le vicomte de Querboënt a eu la bonté de me communiquer, il dit : que les rats, transportés d’Europe à l lle de France par les vaisseaux, s’y étaient multipliés au point qu’on prétend qu’ils firent quitter l ile aux Hollandais; les Français en ont diminué le nombre, quoiqu’il y en ait encore en très-grande quantité. Depuis quelque temps, ajoute M. de Querboënt, un rat de l’Inde commence à s’y établir; il y a une odeur de musc des plus fortes, qui se répand aux environs des lieux qu’il liabite, et l’on croit que, lorsqu’il passe dans un endroit où il y a du vin, il le fait aigrir. Il me parait que ce rat de l'Inde, qui répand une odeur de musc, pourrait être le même rat que les Portugais ont appelé cheroso, ou rat odoriférant. La Bouilaye-le-Gouz en a parlé.

« Il est dit-il, extrêmement petit; il est à peu près de la figure d’un furet; sa morsure est venimeuse t quand il entre dans une chambre, on le sent incontinent et on l’entend crier kric, kric, kric. »

Ce même rat se trouve aussi à Maduré, où on le nomme rat de senteur. Les voyageurs hollandais en ont fait mention; ils disent qu’il a le poil au.ssi fin que la taupe, mais seulement un peu moins noir.

DEUXIÈME ADDITION A u’ARTICtR DU RAT.

L espèce du rat paraît exister dans toutes les contrées habitées ou frequenlées par les hommes; car, suivant le récit des voyageurs, elle a été trouvée et reconnue partout, et même dans les pays nouvellement découverts. M. de Forster dit que le rat « se trouve dans les îles de la mer du Sud, et dans les terres de la Nouvelle-Zélande; qu’il y en a une prodigieuse quantité aux îles de la Société, et surtout à Taïti, où ils vivent des restes d’aliments que les naturels laissent dans leurs huttes, des’ fleurs et des casses de l’eri/thrina corallodendrum, de bananes et d’autres fruits, et, à ce défaut, d’excréments de toute sorte : leur hardiesse va jusqu’à mordre quelquefois les pieds des naturels endormis. Ils sont beaucoup plus rares aux Marquises

BiFFo.N, tome vu. g

78 IIISTOIHE NATURELLE

et aux îles des Amis, et on les voit rarement aux Nouvelles-irébrides, »

Il est assez singulier qu'on ait trouvé les espèces de nos rats dans ces îles et terres de la mer du Sud, tandis que dans toute l’étendue du continent del’Araérique ces mêmes espèces ne se sont pas trouvées, et que tous les rats qui existent actuellement dans ce nouveau continent y sont arrivés avec nos vaisseaux.

Suivant M. de Pagès, il y a, dans les déserts d’Arabie, une espèce de rat très-différente de toutes celles que nous connaissons.

« Leurs yeux, dit-il, sont vifs et grands, leurs moustaches, leur museau et le haut du front sont blancs, ainsi que le ventre, les pattes et le bout de la queue ; le reste du corps est jaune et d’un poil assez long et très-propre : la queue est médiocrement longue ; mais elle est grosse, de couleur jaune comme le corps, et terminée de blanc. Mes compagnons arabes mangeaient ces rats après les avoir tués à coups de bâton, qu’ils lancent avec beaucoup d’adresse sur le chemin du quadrupède ou de l’oiseau qu'ils veulent attraper. »

Page 1