‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 127 sur 525 · L’HOAZIN · texte numérisé non relu

L’HOAZIN

(le IIOCCO DRüN du MEXIQUE.)

Ordre des gallinacés, genre aleclor. (Cuvier.)

Cei oiseau est représenié dans la planche enluminée, n” 537 de I cdition in-4'’, sous le nom de faisan huppé de Cayenne; du moins il n’en diffère que très-peu, comme on peut en juger en eomparant cette planche à la description de Hernandez.

Selon cet auteur, l’hoazin n'est pas tout à fait aussi gros qu’une poule d’Inde : il a le bec courbé, la poitrine d'un blanc jaunâtre, les ailes et la queue marquées de taches ou raies blanches à un pouce de distance les unes des autres; le dos, le dessus du cou, les côtés de la tète, d’un fauve brun ; les pieds de couleur obscure. Il porte une huppe composée de plumes blanchâtres d’un côté, et noires de l’autre; cette huppe est plus haute et d’une autre forme que celle des hoccos, et il ne parait pas qu'il puisse la baisser et la relever à son gré : il a aussi la tête plus petite et le cou plus grêle.

Sa voix est très-forte, ci c’est moins un cri qu’un hurlement. On dit qu’il prononce son nom, apparemment d'un ton lugubre et effrayant : il n’en fallait pas davantage pour le faire passer, chez des peuples grossiers, pour un oiseau de mauvais augure; et comme partout on suppose beaucoup de puissance à ce que l'on craint, ces mêmes peuples ont cru trouver en lui des remèdes aux maladies les plus graves : mais on ne dit pas qu’ils s’en nourrissent; ils s’en abstiennent en effet, peut-être par une suite de cette même crainte, ou par répugnance, fondée sur ce qu’il fait sa pâture ordinaire de serpents : il se tient communément dans les grandes forêts, perché sur les arbres le long des eaux, pour guetter et surprendre ces reptiles. Il se trouve dans les contrées les plus chaudes du Mexique : Hernandez ajoute qu’il paraît en automne, ce qui ferait soupçonner que c’est un oiseau de passage.

M. Aublet m’assure que cet oiseau, qu’il a reconnu facilement sur notre planche, s’apprivoise; qu’on en voit parfois de domestiques chez les Indiens, et que les Français les appellent des paons. Ils nourrissent leurs petits de fourmis, de vers et d'autres insectes.

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