‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 128 sur 525 · L’YACOU · texte numérisé non relu

L’YACOU

(le dindon du buésil.)

('.et oiseau s’est nommé lui-même; car son cri, selon Maregrave, est yacou, d'où lui est venu le nom d'iacupema : pour moi, j'ai préféré celui d’yacou, comme plus propre à le faire lecoimaîlre toutes les fois qu’on pourra le voir cl renlcndre.

DES flOECOS. 283

Marcgrave csl le premier qui ail parlé de cet oiseau. Quelques naturalistes, d après lui, l'ont mis au nombre des faisans ; et d'autres, tels que ftlM. Brlsson et Edwards, l’ont rangé parmi les dindons; mais il n’est ni l’un ni l’autre. Il n’est point un dindon, quoiqu’d ait une peau rouge sous le cou ; car il en diffère à beaucoup d autres égards, et par sa taille, qui est à peine égale à celle d’une poule ordinaire, et par sa tète, qui esten partie revètuede plumes, et par sa huppe, qui approche beaucoup pins de celle des hoccos que de celle du dindon huppé, et par ses pieds, qui n'ont point d’éperons : d’ailleurs, on ne lui voit pas au bas du cou ce bouquet de crins durs, ni sur le bec celte caroncule musculeuse qu’a le coq d’Inde, et il ne fait point la roue en relevant les plumes de sa queue. D'autre part, il n’est point un faisan ; car il a le bec grêle et allongé, la huppe des hoccos, le cou menu, une membrane charnue sous la gorge, les pennes de la queue toutes égales, et le naturel doux et tranquille, tous attributs par lesquels il diffère des faisans ; et il diffère par son cri du faisan et du dindon. Mais que sera-t-il donc? il sera un yacüu, qui aura quelques rapports avec le dindon (la membrane charnue sous la gorge, et la queue composée de pennes toutes égales); avec les faisans (l'œil entouré d une peau noire, les ailes courtes et la queue longue) ; avec les hoccos (cette longue queue, la huppe et le naturel dou.x), mais qui s’éloignera de tous par des différences assez caractérisées et eu assez grand nombre pour constituer une espèce à part, et empêcher qu’on ne puisse le confondre avec aucun autre oiseau.

On ne peut douter que le guan ou le quan de M. Edwards (planche 13), ainsi apjtelé, selon lui, dans les Indes occidentales, apparemment par quelque autre tribu de Sauvages, ne soit au moins une variété dans l’espèce de notre yacou, dont il no diffère que parce qu il est moins haut monté, et que ses yeux sont d’une autre couleur; niais on sait que ces (lelites différences peuvent avoir lieu dans la même espèce, et surtout parmi les races diverses d’une espèce apprivoisée.

Le noir mêle de brun est la couleur principale du plumage, avec différents reflets et quelques mouchetures blanches sur le cou, la poitrine, le ventre, etc., les pieds sont d'un rouge assez vif.

La chair de l'yacou est bonne à manger; tout ce que l’on sait de scs autres propriétés se trouve indiqué dans l’exposé que j'ai faitaucommencernent de cet article, des différences qui le distinguent des oiseaux auxquels on a voulu le comparer.

M. Ray le regarde comme étant de la môme espèce que le eoxolitli de Fernandez; cependant celui-ci est beaucoup plus gros, et il n’a point sous la gorge celte membrane charnue qui caractérise ryacou, c’est pourquoi je l’ai laissé avec les hoccos proprement dits.

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