‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 158 sur 525 · LE GRAND COLIN · texte numérisé non relu

LE GRAND COLIN

C’est ici la plus grande espèce de tous ces colins. Fernandez ne nous apprend pas son nom : il dit seulement que le fauve est sa couleur dominante, que la tète est variée de blanc et de noir, et qu’il y a aussi du blanc sur le dos et au bout des ailes; ce qui doit contraster agréablement avec la couleur noire des pieds et du bec.

LE CACOLIN.

Cet oiseau, appelé cacacolin par Fernandez, est, selon lui, une espèce de caille, c’est-à-dire de colin, de même grandeur, de même forme, ayant le mèmè chant, se nourissant de même, et ayant le plumage peint presque des mêmes couleurs que ces cailles mexicaines, Nieremberg, Ray, ni M. Brisson, n’en parlent point,

LE COYOLCOS.

(la caille du MEXIQUE.) ,

C’est ainsi que j’adoucis le nom mexicain coÿofcozÿue. Cet oiseau ressemble par son chant, sa grosseur, ses moeurs, sa manière de vivre et de voler.

aux autres colitis ; ntais il en diffère par son plumage : le fauve mêlé de blanc est la couleur dominante du dessus du corps, et le fauve seul celle du dessous et des pieds; le sommet de la tête est noir cl blanc, et deux bandes de la même couleur descendent des yeux sur le cou : il se tient dans les terres cultivées. Voilà ce que dit Fernandez; et c’est faute de l’avoir lu avec assez d’attention, ou plutôt c’est pour avoir suivi M. Ray que M. Brisson dit que le coyolcos ressemble à notre caille par son chant, son vol, etc.; tandis que Fernandez assure positivement qu’il ressemble attx cailles, ainsi appelées par le vulgaire, c’est-à-dire aux colins, et que c’est en effet une espèce de perdrix.

LE COLENICUI.

Frisch donne la figure d'un oiseau qu’il appelle petite poule de bois d'Amérique, et qui ressemble, selon lui, aux gelinottes par le bec et les pieds, et par sa forme totale, quoique cependant elle n’ait ni les pieds garnis de plumes, ni les doigts bordés de dentelures, ni les yeux ornés de sourcils rouges, ainsi qu’il parait par sa figure. M. Brisson, qui regarde cet oiseau comme le même que le coknicuiltic de Fernandez, l’a rangé parmi les cailles, sous le nom de caille de la Louisiane, et en a donné la figure : mais, en comparant les figures ou les descriptions de M. Brisson, de Frisch et de Fernandez, j’y trouve de trop grandes différences pour convenir qu’elles puissent se rap porter toutes au même oiseau ; car, sans m’arrêter aux couleurs du pltiinage, si difficiles à bien peindre dans une description, et encore moins à l’attitude, qui n'est que trop arbitraire, je remarque que le bec et les pieds sont gros’ et jaunâtres selon M. Frisch, rouges et de médiocre grosseur selon M. Brisson, et que les pieds sont bleus selon Fernandez.

Que si je m’arrête à l’idée que l’aspect de cet oiseau a fait naître chez ces trois naturalistes, l’embarras ne fait qu’augmenter ^ car M. Frisch n’y a vu qu’une poule de bois,M. Brisson qu’une caille, et Fernandez qu une perdrix : car, quoique celui-ci dise, au commencement du chapitre 23, que c est une espèce de caille, il est visible qu’il se conforme en cet endroit au langage vulgaire; car il finit ce même chapitre en assurant que le colenicuiltic ressemble par sa grosseur, son chant, ses mœurs, et par tout le reste (cœteris cunetts), à l’oiseau du chapitre 24 : or, cet oiseau du chapile 24 est le coyoleozque, espèce de colin; et Fernandez, comme nous lavons vu, met les colins au nombre des perdrix.

Je n’insiste sur tout ceci que pour faire sentir et éviter, s’il est possible, un grand inconvénient de nomenclature. Un méthodiste ne veut pas qu une seule espèce, quelque anomale quelle soit, échappe à sa méthode; il lui assigne donc parmi ses classes et ses genres la place qu’il croit lui convenir le mieux : un autre, qui a imaginé un autre système, en fait autant avec le même droit; et pour peu que l’on connaisse le procédé des méthodes et la marche de l’a nature, on comprendra facilement ijunn même oiseau pourra irès-bien être placé par trois méthodistes dans trois classes differentes, et

n’être nulle part à sa place. , . .

Lorsque nous aurons vu l’oiseau ou les oiseaux dont il s agit ici, et surtout lorsque nous aurons l’occasion de les voir vivants, nous les rapprocherons des espèces avec lesquelles ils nous paraîtront avoir le plus de rappoit, soit par la forme extérieure, soit par les mœurs et les habitudes naturelles.

• Au reste, le colenicui est de la grosseur de notre caille, selon M. Brisson; mais il parait avoir les ailes un peu plus longues : il est biun sur le corps, gris sale et noir par-dessous. Il a la gorge blanche et des espèces de sourcils blancs.

SK) IIISTOIHK iNATUUliLl.li

LOCÜCOLIN, OU PEllDKIX DE MOMTAGNE DU MEXIQUE.

Cette espèce^ que M. Seba a prise pour le rollicr liuppé du Mexique, s’éloigne encore plus de la caille et même de la perdrix que les précédents : elle est beaucoup plus grosse, et sa cbair n’est pas moins bonne que celle de la caille, quoique fort au-dessous de celle de la perdrix. U’ococolin se rapproi lie un peu de la perdrix rouge par la couleur de son plumage, de son bec et de scs pieds : celle du corps est un mélange de brun, de gris clair et de fauve; celle de la partie inférieure des ailes est cendrée; leur partie supérieure est semée de tacbes obseures, blanches et fauves, de même que la tète et le cou. Il se plaît dans les climats tempérés et même un peu froids, (‘t ne saurait \ivre ni se perpétuer dans les climats brûlants. Fernandez parle encore d’un autre ococolin, mais qui est un oiseau tout différent.

Page 1