DU PIGEON
3° les pigeons paons, qui élèvent et étalent leur large queue comme le dindon ou le paon ; 4" le pigeon-cravate ou à gorge frisée ; 5“ le pigeoncoquille hollandais; 6“ le pigeon-hirotidelle ; 7° le pigeon-carme: 8" le pigeon-heurié; 9“ les pigeons suisses; 10° le pigeon culbutant; 11" le pigeon tournant.
La race du pigeon grosse-gorge est composée des variétés suivantes :
1° Le pigeon grosse-gorge sonpe-en-vin, dont les mâles sont très-beaux, parce qu'ils sont panachés, et dont les femelles ne panachent point.
2" Le pigeon grosse-gorge chamois panaché, la femelle ne panache point. (Test à cette variété qu’on doit rapporter le pigeon de la pl. 146 de Fri.sch, que les Allemands appellent kropjïaube ou kroùper, et que cet auteur a indiqué sous la dénomination de colamba sîrumosa seu columba œsopharjo in/lato.
3" Le pigeon grosse-gorge blanc comme un cygne.
4" Le pigeon grosse-gorge blanc, pattu et à longues ailes qui se croisent sur la queue, dans lequel la boule de la goige paraît fort détachée.
S" l.e pigeon grosse-gorge gris panaché, et le gris doux, dont la couleur est douce et uniforme par tout le corps.
6" Le pigeon grosse-gorge gris de fer, gris harré et à rubans.
7" Le pigeoti grosse-gorge gris piqué, comme argenté.
8" Le pigeon grosse-gorge jacinthe d’une couleur bleue ouvragée en blanc.
9" Le pigeon grosse-gorge couleur de feu : il y a sur toutes scs plumes une barre bleue et une barre rouge, et la plume est terminée jiar une barre noire.
10“ Le pigeon grosse-gorge couleur de bois de noyer.
1 1" Le pigeon grosse-gorge couleur de marron, avec les pennes de l’aile toutes blanches.
12" l.e pigeon grosse-gorge maurin, d un beau noir velouté, avec les dix plumes de l’aile blanches comme dans le grosse-gorge marron : ils ont tons deux la bavette ou le mouchoir blanc sons le cou, et dans ces dernières races à vol blanc et à grosse-gorge, la femelle est semblable au mâle. Au reste, dans toutes les races do grosse-gorge, d’origine pure, c’est-à-dire de couleur uniforme, les dix pennes sont toutes blanches jusqu'à la moitié de l aile, et on peut regarder ce caractère comme général.
13" Le pigeon grosse-gorge ardoisé, avec le vol blanc et la cravate blanche; la fcmelle est semblable an mâle. Voilà les laces principales des pigeons à grosse-gorge; mais il y en a encore plusieurs autres moins belles, comme les rouges, les olives, les couleurs de nuit, etc.
Tous les pigeons, en général, ont plus ou moins la faculté d’enfler leur jabot en aspirant l’air; on peut de même le faire enfler en souillant de l'air dans leur gosier : mais cette race de pigeons grosse-gorge ont celte même faculté d’enfler leur jabot si supérieurement, qu’elle doit dépendre d’une conformation particulière dans les organes; ce jabot, presque aussi gros que tout le reste de leur corps, et qu’ils tiennent continuellement enflé, les oblige à retirer leur tète, et les empêche de voir devant eux : aussi, pendant qu’ils se rengorgent, l’oiseau de proie les saisit sans qu ils 1 aperçoivent. On les élève donc plutôt par curiosité que pour l’utilité.
Une autre race est celle des pigeons mondains; c’est la plus commune, et, en même temps, la plus estimée à cause de sa grande lécoiulité.
Le mondain est à peuj près d’une moitié plus fort que le biset; la femelle ressemble assez au mâle. Us produisent presque tous les mois de l année, pourvu qu’ils soient en petit nombre dans la même volière; et il leur faut
au moins à cliaciin trois ou quatre paniers, ou plutôt des trous un peu prolonds, ormes comme des cases, avec <les planches, afin qu’ils ne se voient pas lorsqu ils couvent; car chacun de ces pigeons défend, non-seulement son panier, et se bat contre les autres qui veulent en approcher, mais meme il se bat aussi pour tous les paniers qui sont de son côté.
Par exemple, il ne faut que huit paires de ces pigeons mondains dans un espace carre de huit pieds de côte; et les personnes qui en ont élevé assurent qu avec six paires on pourrait avoir tout autant de produit. Plus on au<fmente leur nombre dans un espace donné, plus il y a de combats, de tapage et d œufs cassés. Il y a dans cette race assez souvent des mâles stériles et aussi des femelles infécondes et qui ne pondent pas.
Ils sonten étal de produire à huit ou neuf mois d’âge; mais ils ne sont en pleine ponte quà la troisième année : cette pleine ponte dure jusqu’à six ou sept ans, après quoi le nombre des pontes diminue, quoiqu’il y en ait qui pondent encore à l oge de douze ans. La ponte des deux œufs se fait quelquefois en vingt-quatre heures, et dans l’hiver en deux jours; en sorte qu II y a un intei yalle de temps diliérent, suivant la saison, entre la ponte de chaque œuf. La femelle tient chaud son premier œuf, sans néanmoins le couver assidûment ; elle ne commence à couver constamment qu’après la ponte du second œuf : l’incubation dure ordinairement dix-huit jours, quelquefois dix-sepl, surtout en été, cl jusqu’à dix-neuf ou vingt jours en hiver. L attachement de la femelle à ses œufs est si grand, si constant, qu’on en a vu souffrir les incommodités les plus grandes et les douleurs les plus cruelles plutôt que de les quitter : une femelle, entre autres, dont les pattes gelerent et tombèrent, et qui, malgré cette souffrance et celte perle de membres, continua sa couvée jusqu’à ce que ses petits fussent éclos; ses paites avaient gelé parce que son panier était tout près de la fenêtre de sa vohere.
Le mâle, pendant que sa femelle couve, se tient sur le panier le plus voisin ; et au moment que, pressée par le besoin de manger, elle (luilte ses œufs pour aller à la tremie, le mâle, qu’elle a appelé auparavant par un petit roucoulement, prend sa place, couve ses œufs; et celle incubation du male dure deux ou trois heures chaque fois, et se renouvelle ordinairement deux fois en vingt-quatre heures.
On peut réduire les variétés de la race des pigeons mondains à trois pour la grandeur, qui toutes ont pour caractère commun un filet rouge autour des yeux.
h Les premiers mondains sont des oiseaux lourds, et à peu près gros comme de petites poules : on ne les recherche qu'à cause de leur grandeur car ils ne sont pas bons pour la multiplication. ’
2° Les bagadais sont de gros mondains avec un tubercule au-dessus du bec en forme d une petite morille, et un ruban rouge beaucoup plus large autour des yeux, eesl-à-dire une seconde paupière charnue rougeâtre, qui leur tombe même sur les yeux lorsqu’ils sont vieux, et les empêche alors de voir. Ces pigeons ne produisent que difficilement et en petit nombre.
Les bagadais ont le bec courbé et crochu, et ils présentent plusieurs variétés : il y en a de blancs, de noirs, de rouges, de minimes, etc.
3» Le pigeon espagnol, qui est encore un pigeon mondain, aussi gros qu une poule, et qui est très-beau ; il diffère du bagadais en ce qu’il n’a point de morille au-dessus du bec , que la seconde paupière charnue est moins saillante, et que le bec est droit au lieu d’élre courbé : on le mêle avec le bagadais et le produit est un très-gros et très-grand pigeon.
4 Le pigeon turc qui a, comme le bagadais, une grosse excroissance au-
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dessus du bec, avec un ruban rouge ijui s’étend depuis le bec autour des yeux. Ce pigeon turc est très-gros, liuppé, bas de cuisses, large de corps et de vol : il y en a de minimes ou bruns presfjue noirs, tel que celui (|ui est représenté dans la pl. 149 de Friscli; d autres, dont la couleur est gris de fer, gris de lin, chamois et soupe-en-vin. Ces pigeons sont très-lourds et ne s’écartent pas de leur volière.
5° Les pigeons romains, qui ne sont pas tout à fait si grands que les turcs, mais qui ont le vol aussi étendu, n’ont point de huppe : il y en a de noirs, de minimes et de tachetés.
Ce sont là les plus gros pigeons domestiques; il y en a d autres de moyenne grandeur, et d’autres plus petits. Dans les pigeons pattus, qui ont les pieds couverts de plumes jusque sur les ongles, on distingue le pattu sans huppe, dont Frisch a donné la figure, pl. 145, sous la dénomination de trummel taube en allemand, et de columba tympanisans en latin, pigeon- tambour en français, et le pattu huppé, dont le même auteur a donné la figure, pl. 144, sous le nom de nionlaube en allemand , et sous la dénomination latine de columba menstrua seu cristala pedibus plumosis. Ce pigeon pattu , que 1 on appelle /jif/eon-tam6oMr, se nomme aussi pigeon glou glou, parce qu i! répète continuellement ce son, et que sa voix imite le bruit du tambour entendu de loin. Le pigeon pattu huppé est aussi appelé /n’i/eow de mois, parce qu’il produit tous les mois et qu’il n'attend pas que ses petits soient en état de manger seuls pour couver de nouveau. C’est une race recommandable par son utilité, c’est à -dire par sa grande fécondité, qui cependant ne doit pas se compter de douze fois par an, mais communément de huit ou neuf pontes; ce qui est encore un très-grand produit.
Pour les races moyennes et petites de pigeons domestiques, on distingue le pigeon nonnain , dont il y a plusieurs variétés, savoir : le soupe-en-vin, le rouge panaché, le chamois panaché, mais dont les femelles de tous trois ne sont jamais panachées. Il y a aussi, dans la race des nonnains, une variété qu’on apjiel le pigeon maurin, qui est tout noir avec la tète blanche et le bout des ailes aussi blanc; et e’csl à cette variété qu'on doit rapporter le pigeon de la pL 150 de Frisch, auquel il donne en allemand le nom de schleyer ou parruquem taube, et en latin , columba galerita, et qu’il traduit en français par pigeon coiffé : mais en général, tous les nonnains, soit maurins ou autres, sont coiffés, ou plutôt ils ont comme un demi-capuchon sur la tète, qui descend le long du cou et s'étend sur la poitrine, en forme de cravate composée de plumes redressées. Cette variété est voisine de la race du pigeon grosse-gorge; car ce pigeon coilîé est de la meme grandeur, et sait aussi enfler un peu son jabot. Il ne produit pas autant que les autres nonnains, dont les plus parfaits sont tout blancs, et sont ceux qu’on regarde comme les meilleurs de la race : tous ont le bec très-court ; ceux-ci produisent beaucoup, mais les pigeonneaux sont très-petits.
Le pigeon-paon est un peu plus gros que le pigeon nonnain ; on l’appelle pigeon-paon, parce qu’il peut redresser sa queue et l’étaler comme le paon. lS plus beaux de cette race ont jusqu’à trente-deux plumes à la queue, tandis que les pigeons d’autres races n en n’ont que douze : lorsqu’ils redressent leur queue, ils la poussent en avant; et comme ils retirent en même temps la tète en arrière, elle touche à la queue. Ils tremblent aussi pendant tout le temps de ccite opération , soit par la forte contraction des muscles, soit p.ar quelque autre cause; car il y a plus d’une race de pigeons trembleurs C’est ordinairement quand ils sont en amour qu’ils étalent ainsi leur queue ; mais ils le font aussi dans d’autres temps. La femelle relève et étale sa queue comme le mâle, et l’a tout aussi belle. Il y en a de tout blancs.